Pression sur les Travaillistes pour rejoindre le clan Meretz-Shaffir-Barak
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Pression sur les Travaillistes pour rejoindre le clan Meretz-Shaffir-Barak

Certains affirment que l'alliance du parti de gauche avec l'ex-Premier ministre et d'anciens travaillistes va le discréditer en tant que parti de gauche

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Des gens marchent devant des affiches de la campagne électorale montrant les chef du parti Travailliste Amir Peretz, à gauche, et Ehud Barack, à droite, à l'entrée de Jérusalem, le 17 juillet 2019. (Noam Revkin Fenton/Flash90)
Des gens marchent devant des affiches de la campagne électorale montrant les chef du parti Travailliste Amir Peretz, à gauche, et Ehud Barack, à droite, à l'entrée de Jérusalem, le 17 juillet 2019. (Noam Revkin Fenton/Flash90)

La deuxième personnalité la plus importante du parti Travailliste a déclaré qu’il pourrait bien suivre l’exemple de sa collègue Shaffir et partir pour le nouveau Camp démocratique, alors que la création de la nouvelle liste de gauche a envoyé des ondes de choc à travers l’espace politique israélien.

Le chef du Meretz Nitzan Horowitz, l’ancienne élue du parti Travailliste Shaffir et l’ancien Premier ministre Ehud Barak ont annoncé jeudi matin qu’ils étaient tombés d’accord pour former une liste commune dirigée par Horowitz, après des semaines de spéculations et de négociations.

L’alliance a été bien accueillie par beaucoup de sympathisants de la gauche comme un moyen d’éviter que des voix ne soit gâchées pour des partis qui risquent de ne pas franchir le seuil électoral. Certaines voix critiques ont dit que la décision allait faire disparaître la dimension d’extrême gauche du Meretz.

Soutenant l’alliance, le numéro 2 du parti Travailliste Itzik Shmuli a invité le chef du parti Amir Peretz à revoir sa décision de refuser une alliance avec Meretz ou Barak, affirmant que le parti devrait rejoindre le Camp démocratique.

« J’espère vraiment qu’avec le temps qu’il nous reste, nous pourrons faire entrer le parti Travailliste dans cette alliance », a déclaré Shmuli à la Radio de l’Armée.

Laissant entendre qu’il pourrait suivre Shaffir, Shmuli a dit : je « déciderai de mon avenir en politique dans la semaine à venir ».

Ehud Barak (à gauche), président du Parti démocrate israélien, Stav Shaffir, députée travailliste (au centre), et Nitzan Horowitz, président du Meretz, le 25 juillet 2019. (Autorisation)

S’il quittait le parti Travailliste, il a dit que « cela le conduirait à un effondrement électoral et il pourrait ne pas passer le seuil électoral [à la Knesset] ».

Shmuli a déjà rompu les rangs avec Peretz mercredi après un désaccord sur la décision de Peretz de fusionner le parti Travailliste avec le parti Gesher d’Orly Levy-Abekasis, qui est plus à droite sur l’échiquier politique. Peretz a ensuite dit qu’il ne conduirait pas son parti à une alliance avec le Parti démocrate israélien de Barack ou Meretz.

Les députés travaillistes Itzik Shmuli (à gauche) et Stav Shaffir (à droite) rencontrent le président israélien Reuven Rivlin à Jérusalem, le 16 avril 2019. (Noam Revkin Fenton/Flash90)

« Un camp qui a éclaté en petits partis prend un pari dangereux et inutile sur ses chances de se développer et de remporter la victoire, et aussi pour l’avenir du parti, a-t-il déclaré mercredi. Il est irresponsable d’accepter la situation, qui devrait être rapidement modifiée ».

Oshi Elmaliah, un proche de Barak, a déclaré à la Radio de l’Armée que le nouveau parti « serait très heureux de voir Itzik Shmuli et d’autres personnes nous rejoindre ».

Le parti Travailliste lui-même a salué l’alliance du Camp démocratique, dont il a dit qu’il « évitera que des voix ne soient perdues sur une liste qui ne passera pas le seuil électoral et qui menaçait de faire perdre des voix pour le centre gauche ».

Benny Gantz, le chef du parti Kakhol lavan qui doit arriver en tête du bloc de centre gauche aux élections de septembre, s’est félicité de la décision comme étant « importante » pour empêcher de perdre des voix, mais il a insisté pour dire que son parti continuerait à être l’alternative principale au gouvernement dirigé par le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Le chef du parti Kakhol lavan, le député Benny Gantz, prend la parole lors d’une conférence de presse à Tel Aviv, le 26 juin 2019. (Flash90)

Des analystes ont prédit qu’un bloc de gauche divisé en trois partis – Meretz, Labor-Gesher et le Parti démocrate israélien – aurait assez de voix pour que deux d’entre eux franchissent le seuil électoral fixé à 3,25 %, ce qui rendra plus difficile la tâche du centre-gauche de former une coalition de gouvernement.

La députée Tamar Zandberg, une ancienne dirigeante du Meretz qui est en quatrième position sur la liste du Camp démocratique, a déclaré lors d’un entretien avec la Radio de l’armée que le parti espérait encore faire venir l’ancienne ministre de la Justice Tzipi Livni, et qu’elle pourrait peut-être devenir la chef du parti.

Livni s’est retirée de la politique avant les dernières élections d’avril, qui n’ont pas permis de créer une majorité de coalition ce qui a conduit à de nouvelles élections prévues pour septembre.

Les listes de partis doivent être terminées à la fin de la semaine prochaine pour les élections de septembre.

Le député Ahmad Tibi s’exprime lors d’une session plénière de la Knesset sur le projet de loi de l’Etat nation, le 8 août 2018. (Yonatan Sindel/Flash90)

Le député Meretz Issawi Frej, placé en sixième position sur la liste commune, a déclaré à la Radio de l’Armée que l’alliance « n’est pas ce que je souhaitais » mais qu’il soutiendrait toutefois la mesure.

Le député arabe israélien Ahmad Bibi, chef du parti Taal, a exprimé ses regrets au sujet de l’alliance avec Barak, un ancien général de Tsahal vu par certains comme un politicien dur sur les questions de sécurité, car cela allait diminuer la crédibilité de Meretz comme parti de gauche.

« Ce qui a maintenant été créé n’est plus le parti Meretz, qui était un parti gauchiste », a-t-il dit.

A droite, le président de la Knesset Yuli Edelstein du parti au pouvoir du Likud a déclaré à la radio publique Kan qu’en rejoignant Barak, Meretz avait abaissé son standard.

« C’est un peu dommage que dans la campagne pour sa survie, un parti comme Meretz, avec lequel je ne suis peut-être pas d’accord sur la majorité des sujets mais qui est très certainement un parti idéologique, soit impliqué dans cette alliance ».

Le chef du parti Yisrael Beytenu Avidgor Liberman s’exprime lors d’une réunion du parti à la Knesset, à Jérusalem, le 24 juin 2019. (Noam Revkin Fenton/Flash90)

Avigdor Liberman, le chef d’Yisrael Beytenu, a déclaré à la Radio de l’Armée que le Camp démocratique est « une liste radicale sans aucune cohérence, je ne vois aucun parti sérieux pour les rejoindre dans une coalition ».

« Nous, à Yisrael Beytenu, ne voyons aucune chance de les rejoindre dans une coalition, a-t-il dit, et il a aussi promis de ne pas siéger dans un gouvernement avec des partis « messianiques » tels que ceux inclus dans l’Union des partis de droite.

Liberman, qui est vu comme un possible faiseur de roi pour les prochaines élections, a insisté pour dire qu’il s’efforcera d’influencer pour obtenir un large gouvernement d’unité.

Le député du Likud David Bitan a prédit à la Radio de l’Armée que le Camp démocratique pourrait bien remporter quelques sièges de plus, mais que ce ne sera pas assez pour voir Barak, dixième position sur la liste, revenir à la Knesset.

« L’unité rend Meretz un tout petit peu plus fort et aide à faire sortir Ehud Barak de la politique, a-t-il dit. Nous le verrons retourner aux Etats-unis dans un an », une pique sur le lien de Barack avec le financier de New York tombé en disgrâce Jeffrey Epstein, qui est visé par des accusations de crimes sexuels impliquant des mineurs.

Bezalel Smotrich, le ministre des Transports de l’Union des partis de droite a envoyé une pique à Shaffir, déclarant que l’alliance était une aubaine pour les Travaillistes parce qu’elle quittait le parti.

« Le départ de Stav Shaffir du parti Travailliste est une bonne nouvelle qui permettra peut-être au parti de revenir à ce qu’il était autrefois – un grand parti sioniste et idéologique de gauche qui soutenait l’implantation [en Cisjordanie] et le sionisme – et non pas une branche du Meretz », a-t-il tweeté.

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