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Prières de rue comparées à l’Occupation : Marine Le Pen relaxée

La présidente du FN n'avait jamais, jusqu'à ce procès, été poursuivie pour provocation à la haine, mais pour diffamation

La présidente du parti français d'extrême-droite le Front National, Marine Le Pen, à Nanterre, le 30 mars 2014 (Crédit : Kenzo Tribouillard/AFP)
La présidente du parti français d'extrême-droite le Front National, Marine Le Pen, à Nanterre, le 30 mars 2014 (Crédit : Kenzo Tribouillard/AFP)

Le tribunal correctionnel de Lyon (centre-est) a relaxé mardi la présidente du parti d’extrême droite Front National, Marine Le Pen, poursuivie pour incitation à la haine après avoir comparé, fin 2010, les prières de rue de musulmans à l’Occupation nazie.

Marine Le Pen était jugée pour la première fois pour « provocation à la discrimination, à la violence ou à la haine envers un groupe de personnes à raison de leur appartenance à une religion ».

Mme Le Pen avait évoqué les prières de rues de musulmans dans certains quartiers faute de mosquées suffisamment grandes pour les accueillir, en lançant : « je suis désolée mais pour ceux qui aiment beaucoup parler de la Seconde Guerre mondiale, s’il s’agit de parler d’Occupation, on pourrait en parler, pour le coup, parce que ça c’est une occupation du territoire ».

« C’est une occupation de pans du territoire, des quartiers, dans lesquels la loi religieuse s’applique, c’est une occupation. Certes, il n’y a pas de blindés, pas de soldats, mais c’est une occupation tout de même et elle pèse sur les habitants », avait ajouté la présidente du parti d’extrême droite, qui s’exprimait lors d’une réunion publique.

Quatre associations anti-racistes avaient porté plainte.

Marine Le Pen encourait un an de prison et 45 000 euros d’amende. Mais lors du procès le procureur avait requis la relaxe, estimant que « Mme Le Pen, en dénonçant ces prières dans l’espace public, imputables non à l’ensemble de la communauté musulmane mais à une minorité, n’a fait qu’exercer sa liberté d’expression ».

Ce procès, très médiatisé, s’était tenu six semaines avant les élections régionales, la prévenue accusant alors le gouvernement d’être responsable des poursuites.

Déjà poursuivie en diffamation, Marine Le Pen n’avait encore jamais comparu pour provocation à la haine, contrairement à son père Jean-Marie, fondateur du parti, condamné plusieurs fois en particulier pour avoir dit que les chambres à gaz nazies étaient un « détail » de l’Histoire.

Jean-Marie Le Pen a été exclu du FN par sa fille pour ses dérapages à répétition.

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