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Prison Gilboa : Bennett salue la capture des 2 derniers terroristes palestiniens

Le ministre de la Sécurité intérieure a fait savoir que le travail de la commission d'enquête gouvernementale sur l'incident commencera rapidement pour "régler les failles"

Le Premier ministre Naftali Bennett, à gauche, et le ministre de la Sécurité intérieure Omer Barlev avec les commandants de la police pendant la traque des six prisonniers palestiniens évadés de la prison de Gilboa, le 11 septembre 2021. (Crédit : Police israélienne)
Le Premier ministre Naftali Bennett, à gauche, et le ministre de la Sécurité intérieure Omer Barlev avec les commandants de la police pendant la traque des six prisonniers palestiniens évadés de la prison de Gilboa, le 11 septembre 2021. (Crédit : Police israélienne)

Le Premier ministre Naftali Bennett a salué, dimanche matin, la capture des deux derniers évadés d’une prison de haute-sécurité qui étaient encore en cavale. Il a répété qu’il était nécessaire de mettre fin aux failles qui ont permis à six terroristes palestiniens de prendre la fuite, il y a deux semaines.

Quatre de ces détenus avaient été retrouvés la semaine dernière.

« C’est fait », s’est félicité Bennett. « Les six terroristes ont été capturés – et ils retourneront en prison – grâce aux opérations impressionnantes, sophistiquées et rapides du Shin Bet, de la police israélienne et de l’armée. »

Le Premier ministre a fait part de sa gratitude « aux forces de sécurité qui ont travaillé jour et nuit, y compris pendant Shabbat et les fêtes, pour mener cette opération à son terme. Il est toujours possible de réparer ce qui a été cassé », a-t-il continué.

L’arrestation des fuyards – qui survient une semaine après la capture des quatre autres détenus qui s’étaient échappés à leurs côtés de cette prison de haute-sécurité – marque la fin de la chasse à l’homme de 13 jours – la pire évasion de toute l’Histoire d’Israël.

Iham Kamamji et Munadil Nafiyat, membres du groupe terroriste du Jihad islamique, ont été appréhendés dans la ville de Jénine, en Cisjordanie, ont fait savoir les militaires israéliens, dimanche en début de matinée.

Munadil Nafiyat, à gauche, et Iham Kamamji, à droite, les deux derniers fugitifs de la prison de Gilboa, qui ont été arrêtés le 19 septembre 2021. (Autorisation)

« Les deux terroristes ont été retrouvés en vie et ils vont être interrogés », a noté l’armée. Ils ont été capturés lors d’une opération menée conjointement par l’armée israélienne, les services de sécurité du Shin Bet et l’unité anti-terroriste de la police Yamam.

Omer Barlev, ministre de la Sécurité intérieure, avait émis un communiqué saluant la capture des deux individus.

« Félicitations aux forces de la police israélienne, de l’armée israélienne et du Shin Bet qui ont démontré, une fois encore, qu’ils étaient dignes de notre confiance », avait-il commenté. « Grâce à leur professionnalisme, à leurs efforts minutieux et précis, les six terroristes qui avaient pis la fuite ont été rapidement localisés et retrouvés ».

Barlev a noté que le travail du ministère de la Sécurité intérieure « n’est pas terminé » et que, dans les prochains jours, la commission d’enquête gouvernementale, qui se consacrera à l’évasion, commencera son travail afin de mettre un terme aux failles qui ont permis cette évasion.

Dans des propos tenus lors d’une réunion de cabinet, la semaine dernière, le Premier ministre avait indiqué que l’incident devait servir « de signal d’alarme » et qu’il nécessitait « une enquête » dont « des leçons seront tirées ».

« La quantité d’énergie et d’efforts nécessaires pour venir à bout de cette série d’erreurs et de défaillances qui ne devaient tout simplement pas se produire est énorme », avait estimé Bennett au début de la réunion hebdomadaire du cabinet à Jérusalem. « Il faut mettre en place une enquête et les leçons doivent en être tirées. »

Les forces de sécurité israéliennes arrêtent les deux fugitifs palestiniens encore en cavale à Jénine, en Cisjordanie, le 19 septembre 2021. (Capture d’écran : Twitter)

Le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid a expliqué, dimanche, que la capture des deux derniers prisonniers « a été rendue possible par le dévouement des commandants et des combattants de Yamam, de la police, du Shin Bet et de l’armée israélienne ».

Le ministre des Finances Avigdor Liberman s’est aussi réjoui de cette arrestation. « Alors que nous tous avons continué à vivre notre quotidien, les forces de sécurité n’ont pas cessé de mener leur mission », a commenté Liberman. « Elles ont continué à œuvrer à localiser et à capturer les terroristes, et à restaurer la sécurité pour les citoyens ».

Pendant la capture de Kamamji et de Nafiyat, samedi, les forces israéliennes ont tout d’abord détourné l’attention de l’habitation dans laquelle se trouvaient les deux hommes en déployant un nombre important de troupes dans différentes parties de la ville. Ils ont ensuite envoyé une équipe de taille plus modeste là où s’étaient réfugiés les deux individus.

« Les deux terroristes se sont rendus et ils sont sortis sans ouvrir le feu. L’arrestation s’est déroulée sans heurts », a précisé Alon Hanoni, vice-commandant du Commandement régional Menashe de l’armée israélienne qui est en charge du secteur de Jénine.

Originaire de Kafr Dan, aux abords de Jénine, Kamamji avait été arrêté en 2006 et condamné à la prison à vie pour l’enlèvement et le meurtre d’un jeune Israélien, Eliahu Asheri. Selon des informations, il se serait vanté de son acte. Nafayat, membre du Jihad islamique, se trouvait derrière les barreaux dans le cadre d’une détention administrative, qui permet d’incarcérer un suspect sans mise en examen.

Les responsables de la sécurité craignaient que les deux individus ne commettent un attentat terroriste pendant leur cavale.

Mahmoud al-Arida est vu lors d’une audience au tribunal de district de Nazareth, le 11 septembre 2021. (David Cohen/Flash90)

« Le temps passant, nous savions qu’ils se trouvaient à Jénine », a commenté le commissaire de police Kobi Shabtai dimanche dans la matinée. « Nous nous sommes préparés pendant plusieurs jours pour une mission complexe et ce soir, après avoir reçu les informations que nous attendions, nous avons donné le signal du lancement de l’opération avec les forces de Yamam au premier rang ».

L’arrestation a été rendue possible par « des renseignements précis qui ont été reçus par le Shin Bet, qui est parvenu à identifier le bâtiment dans lequel les deux hommes se cachaient à Jénine », a fait savoir le service de sécurité intérieur.

Les six détenus palestiniens s’étaient échappés de la prison de Gilboa aux premières heures de la matinée, le 6 septembre, en passant par le système de drainage de leur cellule et un espace vide sous la prison. Les travaux entrepris pour se frayer un passage auraient commencé au mois de novembre et les hommes auraient utilisé pour ce faire des poignées de casserole et de la tôle.

Cette fuite a mis en exergue une série de failles dans cet établissement pénitentiaire. Parmi ces dernières, l’incapacité à tirer les leçons de précédentes tentatives d’évasion et plusieurs erreurs opérationnelles avec des tours de garde laissées sans surveillance et une gardienne qui s’était endormie au moment de la fuite.

Quatre des six fuyards, notamment l’ancien chef de la Brigade des martyrs d’Al-Aqsa Zakaria Zubeidi, avaient été capturés le week-end dernier. Yaqoub Qadiri et Mahmoud al-Arida – ce dernier aurait été l’architecte de l’évasion – avaient été appréhendés à Nazareth, dans le nord du pays.

Al-Arida, considéré comme un haut-membre du Jihad islamique, avait écopé d’une peine de prison à vie pour terrorisme, avec notamment des attentats qui avaient entraîné la mort de soldats israéliens. Qadiri, un autre membre du Jihad islamique, servait la même peine pour activités terroristes – il a notamment à son actif le meurtre d’un Israélien en 2004.

Les deux individus avaient été impliqués dans une tentative d’évasion similaire de la prison de Gilboa qui avait eu lieu en 2014.

Zubeidi, commandant du groupe terroriste de la Brigade des martyrs Al-Aqsa, l’aile armée du Fatah, se trouvait derrière les barreaux dans le cadre de son procès où il est accusé d’une vingtaine de crimes et, entre autres, pour tentative de meurtre. Al-Arida, cadet de l’autre fuyard, appartient au Jihad islamique. Il avait été arrêté en 2002 pour terrorisme et condamné à la prison à vie.

Parmi les Palestiniens, les fugitifs ont été largement considérés comme des « héros » qui étaient parvenus à recouvrer la liberté alors qu’ils purgeaient de multiples peines de prison à vie. Ces évasions ont entraîné » des tensions accrues en Cisjordanie, une attaque au couteau à Jérusalem, plusieurs tentatives d’attentat et des tirs de roquette sporadiques depuis la bande de Gaza vers le sud d’Israël.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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