Procès Abdelkader Merah : Fettah Malki dit être un « délinquant normal »
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Procès Abdelkader Merah : Fettah Malki dit être un « délinquant normal »

Condamné pour avoir fourni une arme et un gilet pare-balles au jihadiste toulousain, il revendique son ancrage dans la délinquance "normale", sans "aucun rapport avec la religion"

Me Christian Etelin, l'avocat de Fettah Malki, complice présumé de Mohamed Merah, à l'ouverture de son procès, le 2 octobre 2017. (Crédit : Eric Feferberg/AFP)
Me Christian Etelin, l'avocat de Fettah Malki, complice présumé de Mohamed Merah, à l'ouverture de son procès, le 2 octobre 2017. (Crédit : Eric Feferberg/AFP)

Au premier jour du procès en appel de l’affaire Merah, Fettah Malki, condamné en 2017 à 14 ans de réclusion criminelle pour avoir fourni une arme et un gilet pare-balles au jihadiste toulousain, a revendiqué son ancrage dans la délinquance « normale », sans « aucun rapport avec la religion ».

Chemise bleue et cheveux courts, il endosse le costume du second couteau, l’air de se demander ce qu’il fait là, à côté d’Abdelkader Merah, principal accusé et frère du « tueur au scooter » qui a assassiné en mars 2012 au nom du jihad trois militaires, un enseignant et trois enfants juifs.

Imad Ibn Ziaten, Abel Chennouf, Mohamed Legouad, Gabriel Sandler, Aryeh Sandler, Myriam Monsonégo et Jonathan Sandler ont été tués entre le 11 et le 19 mars par Mohamed Merah.

Il a été « copain » avec Abdelkader Merah, condamné en première instance à 20 ans de réclusion pour association de malfaiteurs terroriste, mais « c’était il y a longtemps » : « On jouait au foot, on allait au ciné, c’était avant son mariage » en 2006.

« Abdelkader lui, il voulait une vie saine. Moi je ne voulais pas travailler, je voulais rester un délinquant », affirme Fettah Malki, 36 ans. Quant à Mohamed, il l’a croisé dans la cité, mais n’avait « pas de relations » avec lui.

Son parcours le mène d’Algérie où il est né à la cité des Izards à Toulouse, où il arrive à 10 ans chez sa mère qui a trouvé un emploi de femme de ménage.

Il décroche très vite, ne passe pas son bac – « je me suis pas réveillé » – et commence à dealer du haschich. Après avoir été recalé à la Légion étrangère en 2003 alors que son « rêve, c’était d’être militaire », il s’enfonce dans la délinquance. Son casier porte la mention de petits délits, comme l’outrage, jusqu’au recel de bijoux issus d’un braquage.

« Dès qu’on peut se faire de l’argent, je n’hésite pas », dit-il, regrettant la naïveté de sa mère, qui dépose de grosses sommes en liquide sur son compte, entraînant un signalement de Tracfin, la cellule antiblanchiment de Bercy, et son incarcération pour l’affaire du vol de bijoux.

« Alors c’est votre mère qui a fait une erreur ? », interroge l’avocat général Rémi Crosson du Cormier.

« Ben oui », répond-il. Il reconnaît des activités illégales mais veut circonscrire son champ d’action. « Je vais dire un mot : J’ai trafiqué… mais j’ai jamais vendu d’armes. La fin justifie les moyens et pour autant, je n’ai fait du mal à personne ».

Sur les bancs des parties civiles, Latifa Ibn Ziaten, mère de la première victime de Mohamed Merah, serre la mâchoire. Derrière elle, Samuel Sandler fixe résolument la cour. Son fils Jonathan et deux petits-fils Aryeh et Gabriel ont été tués à l’aide du pistolet mitrailleur Uzi fourni par Malki.

Jonathan Sandler, shot to death Monday in Toulouse, France, pictured with his two slain sons and with his wife (who was not hurt in the attack). (photo credit: via Facebook)
Jonathan Sandler, avec ses deux fils assassinés par Mohammed Merah à Toulouse en mars 2012, et son épouse, qui n’a pas été blessée physiquement dans l’attaque. (Crédit : Facebook)

Lors du premier procès, il avait affirmé avoir donné l’arme, rouillée, à Merah pour qu’il la nettoie. Une fable pour l’accusation.

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