Procès Merah : un policier suscite l’émoi avec la thèse du « loup solitaire »
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Procès Merah : un policier suscite l’émoi avec la thèse du « loup solitaire »

"Merah a choisi seul ses cibles, a fait seul ses repérages et commis seul ses crimes", a estimé le commissaire Eric Voulleminot

Abdelkader Merah à l'ouverture de son procès à Paris, le 2 octobre 2017. (Crédit : Benoit Peyrucq/AFP)
Abdelkader Merah à l'ouverture de son procès à Paris, le 2 octobre 2017. (Crédit : Benoit Peyrucq/AFP)

Un commissaire de police a suscité l’émoi au procès du frère de Mohammed Merah en affirmant que le tueur avait « commis seul ses crimes » en mars 2012 dans le sud de la France.

Le frère de Merah, Abdelkader, actuellement jugé pour « complicité » par la cour d’assises de Paris, est accusé d’avoir « sciemment » facilité la préparation des assassinats de trois militaires, trois enfants et un enseignant juifs à Toulouse et Montauban, en l’aidant notamment à dérober le scooter utilisé lors des tueries.

Il comparaît aux côtés de Fettah Malki, 34 ans, un ami délinquant de Mohamed Merah accusé de lui avoir fourni un gilet pare-balles et un pistolet-mitrailleur.

Invités mercredi à s’exprimer sur les faits qui leur sont reprochés, les accusés les ont contestés, Abdelkader Merah, 35 ans, affirmant que s’il était bien « présent » lors du vol du scooter par son frère, il n’y avait « pas participé ».

Le premier policier appelé à la barre mardi soir pour raconter la traque du tueur, abattu le 22 mars dans son appartement par des policiers d’élite, a créé la surprise en soutenant la thèse de l’action d’un « loup solitaire », remise en cause notamment par les magistrats instructeurs.

« Merah a choisi seul ses cibles, a fait seul ses repérages et commis seul ses crimes », a estimé le commissaire Eric Voulleminot, suscitant la colère des parties civiles.

« Vous vous rendez compte que votre témoignage peut conduire à un probable acquittement des accusés ? » lui a lancé Me Jean Tamalet, représentant une partie civile.

« Je suis choquée », a renchéri l’avocate générale, Naïma Rudloff. « Vous nous faites un long résumé détaillé de votre enquête et vous oubliez un fait majeur : la revendication laissée par Merah où il fait allégeance à Al-Qaïda ».

Les attaques ont été revendiquées par le groupe jihadiste Jund al Khalifat, affilié à Al-Qaïda, que Mohamed Merah avait rencontré lors d’un voyage dans les zones tribales du Pakistan.

Mercredi après-midi, un autre enquêteur a exprimé un autre avis : « Oui, Merah était seul quand il a appuyé sur la détente, mais l’enquête a déterminé qu’il y avait des complicités ».

Surnommé « Ben Laden » dans son quartier, Abdelkader Merah était fiché pour sa proximité avec d’autres membres de la mouvance islamiste radicale.

Après les meurtres, l’accusé s’était dit « fier » de son frère, ajoutant que « tout musulman aimerait se faire tuer par son ennemi ».

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