Procès Netanyahu : La procureure placée sous protection 24 heures sur 24
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Procès Netanyahu : La procureure placée sous protection 24 heures sur 24

Quelques jours après l'inculpation d'un homme ayant menacé la vice-procureure Liat Ben-Ari, à la tête des dossiers contre le Premier ministre, les menaces auraient augmenté

La vice-procureur d'Etat Liat Ben-Ari arrive à la cour de district de Jérusalem avant le procès du Premier ministre Benjamin Netanyahu, le 24 mai 2020. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
La vice-procureur d'Etat Liat Ben-Ari arrive à la cour de district de Jérusalem avant le procès du Premier ministre Benjamin Netanyahu, le 24 mai 2020. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

La sécurité a été significativement renforcée autour de la vice-procureure d’Etat Liat Ben-Ari, à la tête des dossiers pour corruption impliquant le Premier ministre Benjamin Netanyahu, après une escalade des menaces lancées à son encontre, a indiqué dimanche une chaîne de télévision.

Ce renforcement de protection a été décidé quelques jours après la mise en examen d’un homme qui a été accusé d’avoir menacé le fils de Ben-Ari, qui est encore mineur, et après plusieurs semaines de manifestations aux abords de son domicile.

La Treizième chaîne a noté que la police israélienne avait appris que les dangers menaçant la procureure s’étaient aggravés, entraînant la décision de faire assurer sa sécurité par la présence de gardes du corps 24 heures sur 24.

Des outils technologiques dont la nature n’a pas été précisée seront également installés à son domicile, a ajouté le reportage.

Yair Lapid, leader de l’opposition, a pointé du doigt Netanyahu, qui a attaqué avec virulence les tribunaux, les procureurs et les médias qui, selon lui, ont lancé une « chasse aux sorcières » à son encontre.

« Une autre ligne rouge dangereuse a été franchie par le Premier ministre », a dit Lapid. « La seule pensée qu’une éminente procureure ait besoin de gardes du corps en raison d’un Premier ministre est intolérable dans un pays démocratique. »

Des activistes de droite manifestent en soutien au Premier ministre Benjamin Netanyahu, aux abords de la cour suprême de Jérusalem, le 20 avril 2020. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le procès de Netanyahu, qui est traduit devant les magistrats pour pots-de-vin, fraude et abus de confiance, a démarré au mois de mai à la Cour de district de Jérusalem. Il n’a cessé de clamer son innocence.

Les défenseurs du Premier ministre ont âprement critiqué Ben-Ari et les autres membres du système judiciaire qu’ils accusent sans preuve de tenter d’écarter Netanyahu du pouvoir pour des raisons politiques.

Shahar Ben Yehuda, 30 ans, originaire de la ville de Karmiel, dans le nord du pays, a été placé en détention la semaine dernière après avoir refusé de venir volontairement à un interrogatoire pour des messages injurieux qu’il aurait envoyé au fils mineur de Ben-Ari via les réseaux sociaux.

Selon le quotidien Globes, Ben Yehuda a admis avoir envoyé les messages en réponse à une vidéo vue sur internet qui, a-t-il affirmé, montrait le fils de Ben-Ari en train d’agresser physiquement un policier au cours d’une manifestation – ce que le ministère de la Justice a qualifié « d’infox ».

Ben Yehuda a également déclaré qu’il avait envoyé les messages pour effrayer Ben-Ari parce qu’il pensait qu’elle avait lancé une cabale contre la droite dans le pays.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (au centre) s’entretient avec les avocats Micha Fettman (à gauche) et Amit Hadad (à droite) dans la salle d’audience lors de l’ouverture de son procès pour corruption au tribunal de district de Jérusalem, le 24 mai 2020. (Ronen Zvulun/ Pool Photo via AP)

« Est-ce que tu es le fils de Ben-Ari la ****** », aurait-il écrit dans un message via Facebook, a noté Globes.

Alors que Ben Yehuda a été libéré, il lui est dorénavant interdit de se rendre dans le centre de l’Etat juif, d’entrer en contact avec toute personne impliquée dans le dossier ou d’utiliser les réseaux sociaux jusqu’à la fin des poursuites.

Au mois de mai, le procureur-général Avichai Mandelblit, qui avait mis en examen Netanyahu, avait porté plainte après avoir reçu des menaces de mort et autres messages de harcèlement.

Parmi ces derniers : « Vous et votre famille allez mourir », « Vous devriez vous suicider » et « On t’aura, toi et tes enfants », ainsi qu’une photo de lui en uniforme nazi, avaient fait savoir la Douzième et la Treizième chaîne. Il avait aussi reçu une vidéo montrant un cercueil.

Le procureur général Avichai Mandelblit s’exprime lors d’une manifestation à l’université de Bar-Ilan, le 4 mars 2020. (FLASH90)

La semaine dernière, le fils cadet de Netanyahu, Yair, avait présenté ses excuses aux Hindous après avoir publié sur Twitter une photo de la déesse Durga, avec en surimpression le visage de Ben-Ari. Ses multiples bras étaient levés, le majeur dressé.

Le visage de Mandelbit avait été posé sur celui d’un tigre accompagnant la déesse avec une légende disant : « Soyez conscient de votre place, vous qui êtes si méprisables. »

Au mois de juillet, le ministre de la Sécurité intérieure Amir Ohana avait réclamé la démission de Ben-Ari, affirmant qu’elle avait violé la loi en divisant son habitation en deux appartements sans avoir demandé de permis préalable.

Le ministre de la Sécurité publique Amir Ohana lors d’une conférence de presse à Jérusalem, le 15 juillet 2020. (FLASH90)

Les conseillers du Premier ministre avaient critiqué avec force Ben-Ari après le départ en vacances de cette dernière au beau milieu des procédures judiciaires qui avaient précédé l’inculpation de Netanyahu. Une source proche du gouvernement avait estimé qu’elle avait donné l’impression qu’elle avait d’ores et déjà décidé de l’issue des audiences et qu’elle ne s’était guère préoccupée, en conséquence, d’y assister. Le ministère de la Justice avait pris sa défense mais une source ministérielle avait reconnu qu’elle avait montré un manque de sensibilité publique.

Sam Sokol a contribué à cet article.

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