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Procès ou non de l’attentat de la rue des Rosiers: décision lundi

Le 9 août 1982, six personnes ont été tuées et 22 blessées dans le quartier juif du Marais à Paris, dans l'explosion d'une grenade dans un restaurant puis dans une fusillade perpétrée par un commando de trois à cinq hommes

(Archives) Dans cette photo d'archive prise le 9 août 1982, des pompiers et sauveteurs évacuent un corps après que le restaurant de charcuterie juif Jo Goldenberg a été attaqué, rue des Rosiers à Paris, par des hommes armés qui ont lancé une grenade dans l’établissement et tiré sur des clients avec des mitrailleuses, tuant six personnes et en blessant 22 autres.
(Archives) Dans cette photo d'archive prise le 9 août 1982, des pompiers et sauveteurs évacuent un corps après que le restaurant de charcuterie juif Jo Goldenberg a été attaqué, rue des Rosiers à Paris, par des hommes armés qui ont lancé une grenade dans l’établissement et tiré sur des clients avec des mitrailleuses, tuant six personnes et en blessant 22 autres.

Nouvelle étape dans le long parcours judiciaire de l’attentat antisémite de la rue des Rosiers à Paris, 43 ans après les faits: la cour d’appel de Paris statue lundi sur la tenue d’un procès contesté par deux accusés.

Lors de l’audience sur ce recours qui s’est tenue à huis clos fin octobre, le parquet général a requis la confirmation d’un renvoi devant les assises spéciales de Paris.

Fin juillet, des juges d’instruction antiterroristes ont ordonné un procès devant la cour d’assises spéciale contre six hommes suspectés d’être impliqués dans cet attentat – qui avait fait six morts rue des Rosiers à Paris en 1982 – dont Abou Zayed, principal suspect entre les mains de la justice, 67 ans aujourd’hui.

Outre ce Norvégien d’origine palestinienne, considéré comme l’un des tireurs et détenu en France depuis 2020, un autre mis en examen, Hazza Taha, né en Cisjordanie, 65 ans aujourd’hui, est soupçonné d’avoir caché des armes à l’époque. Tous deux sont à l’origine de l’appel.

« Nous avons demandé à la cour un dernier acte d’enquête: aller en Syrie pour y trouver la preuve de l’innocence d’Abou Zayed et clore ainsi 43 ans d’enquête en France », a résumé à l’AFP son avocat Me Romain Ruiz, saisi du dossier avec Mes Bruno Gendrin et Raphaël Kempf.

Commando, grenade, fusillade

« Le refuser reviendrait à vendre à nos concitoyens une enquête qui n’aura jamais mis les pieds au Proche-Orient et prouverait que la vérité n’intéresse pas la justice antiterroriste », prévient encore la défense d’Abou Zayed.

L’attentat a été attribué au Fatah-Conseil révolutionnaire (Fatah-CR) d’Abou Nidal, groupe palestinien dissident de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP). Or le groupe Abou Nidal a un temps trouvé refuge en Syrie et la défense d’Abou Zayed avance que des documents dans ce pays permettraient de disculper leur client, qui admet son appartenance passée à ce groupe mais dément en avoir été cadre et réfute les faits dont on l’accuse.

Le 9 août 1982, six personnes ont été tuées et 22 blessées dans le quartier juif du Marais à Paris, dans l’explosion d’une grenade dans le restaurant Jo Goldenberg puis dans une fusillade perpétrée par un commando de trois à cinq hommes.

« Un faisceau d’indices multiples et concordants » démontre la « participation » d’Abou Zayed à l’attentat rue des Rosiers, appuie le magistrat instructeur dans l’ordonnance de mise en accusation de juillet, dont l’AFP a eu connaissance.

Me Yassine Bouzrou, avocat de Hazza Taha, a lui notamment dénoncé fin octobre devant la cour d’appel des « déclarations évolutives, fluctuantes et contradictoires » de témoins, comme il l’avait présenté à l’AFP.

Des infirmières et des secouristes transportant un blessé à l’arrière d’une ambulance après l’attentat terroriste du 9 août 1982 contre le restaurant juif Jo Goldenberg, situé rue des Rosiers à Paris. (Crédit : Aulnay/AP)

Rebondissements

Les déclarations de Hazza Taha n’ont pas permis de « contredire (les) accusations », relève pour sa part le juge d’instruction dans son ordonnance.

Fin octobre, Me Francis Szpiner, avocat de parties civiles, avait battu en brèche auprès de l’AFP les plaidoiries de la défense des accusés. « Quand les gens viennent discuter des charges, c’est qu’il existe des charges », avait-il pointé. Et d’ajouter: « C’est à la cour d’assises qu’il reviendra d’examiner ces charges. Demander aujourd’hui un non-lieu n’a pas de sens ».

Ce dossier a été marqué par de nombreux rebondissements. Le Palestinien Hicham Harb, superviseur allégué de l’attentat, a été arrêté par les autorités palestiniennes en septembre. Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a promis récemment dans Le Figaro une extradition rapide, « la reconnaissance de l’État de Palestine par la France ayant créé un cadre approprié pour cette demande française ».

Hicham Harb, qui a par ailleurs été visé par un mandat d’arrêt allemand de 1988 dans le cadre d’un attentat commis à l’aéroport de Francfort en 1985, est également, entre autres, dans le radar d’enquêteurs, notamment en Italie, pour l’attaque d’une synagogue à Rome en 1982.

L’arrestation d’Hicham Harb interroge depuis les acteurs du dossier de l’attentat de la rue des Rosiers, qui se demandent si cette nouveauté majeure pourrait repousser la tenue d’un procès.

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