Rechercher

Proches et habitants de Nazareth accusent la police du double homicide de mardi

L’ex-chef de la police du nord estime que l’incident aurait pu être évité si les autorités avaient mobilisé plus d’effectifs dans la ville arabe

Firas Heib et son fils Fares, tués lors d'une fusillade vraisemblablement liée la pègre, à Nazareth, le 20 décembre 2022. (Autorisation)
Firas Heib et son fils Fares, tués lors d'une fusillade vraisemblablement liée la pègre, à Nazareth, le 20 décembre 2022. (Autorisation)

Suite à la mort, mardi à Nazareth, de Firas Heib et de son fils Fares, âgé de 2 ans, le père de Firas, Khaled Heib, a accusé mercredi la police israélienne de ne pas avoir pris toutes les mesures de prévention.

Au site d’information Ynet, Heib a déclaré que la police portait la responsabilité de ces deux morts, car elle était pleinement consciente de l’instabilité de la situation à Nazareth mais n’avait rien fait pour y mettre un terme.

« Ils savent tout. Ils savaient qu’une personne avait été assassinée [à Nazareth] il y a une semaine », assure-t-il.

Heib s’oppose à l’analyse du chef de la police, Kobi Shabtai, qui attribue les deux victimes de mardi à un règlement de compte de la pègre. Il assure que son fils n’était pas une cible et qu’il n’était aucunement impliqué dans des activités criminelles.

« Ce n’est pas vrai. Tout le monde à Nazareth nous connaît », dit-il.

C’est Heib qui a trouvé son fils et son petit-fils, abattus alors qu’ils se garaient devant son domicile.

Khaled Heib, qui a perdu un fils et un petit-fils dans un double homicide dans la ville de Nazareth, dans le nord du pays, s’entretient avec le site d’information Ynet. (Crédit : Ynet)

« Je me trouvais chez moi, avec ma femme. Nous avons entendu des coups de feu à l’extérieur. Je suis sorti : je n’ai vu personne. J’ai avancé et c’est alors que j’ai vu Firas et mon petit-fils, allongé sur lui. Ils étaient tous les deux couverts de sang. Ils ont été transportés d’urgence à l’hôpital. Une demi-heure plus tard, on nous annonçait leur décès », a-t-il déclaré dans une interview accordée à la Treizième chaine.

« Mon petit-fils n’avait encore rien vu [de la vie]. Comment peut-on tuer un enfant de 2 ans ? Il était extrêmement intelligent. À la maternelle, ils nous envoyaient des photos de lui tous les jours et nous disaient à quel point il était doué. »

L’ex-commandant du district de police du Nord, Yaakov Borovsky, estime que le double meurtre de Nazareth est le résultat d’un problème plus important encore, réglable à condition d’y mettre les moyens.

« Il n’y a aucun doute, l’État a sa part de responsabilité », a-t-il déclaré à Ynet.

« Il ne s’agit pas d’une querelle entre criminels, mais bien de luttes de pouvoir. Si on avait affecté à Nazareth une vingtaine d’équipes de police bien équipées et connectées aux sources de renseignements, le bilan humain aurait pu être réduit de l’ordre de 80 %, alors qu’il a déjà coûté la vie à plusieurs personnes », a-t-il assuré.

« On ne peut pas ignorer la réalité et dire : « C’est un problème culturel », a déclaré Borovsky. La police doit protéger les citoyens, point final. Si l’identité d’un tueur potentiel leur est connue, il ne suffit pas d’avertir la personne menacée. Il faut une loi pour limiter les déplacements du suspect. L’État n’en fait pas assez pour régler le problème. »

La scène d’un double meurtre présumé à Tira, le 25 novembre 2022. (Autorisation)

Évoquant l’atmosphère à Nazareth après le dernier meurtre, un guide touristique a déclaré au site d’information Walla que « tout le monde se sentait mal », alors même que la ville arabe se prépare pour Noël.

« Il est impossible de dire toute la douleur et la détresse face à une telle tragédie juste avant Noël », a-t-il ajouté. « Elle est perceptible partout, même chez les touristes. »

Le guide, qui a demandé à rester anonyme, a déclaré à Walla qu’il existait « un fort sentiment de colère » chez les habitants.

« Ils sont en colère suite au meurtre et du fait de la situation au sein de la communauté arabe. Ils sont en colère parce qu’ils se sentent impuissants. Certains ont quitté la ville à cause de cela. »

La police a fait savoir qu’elle estimait la fusillade liée aux activités de la pègre.

Sur les lieux du crime, Shabtai a déclaré que c’était lié à « des conflits et à la pression exercée sur certaines familles, dont nous avons relevé des preuves sur le terrain ».

Mardi, le Premier ministre sortant, Yair Lapid, a présenté ses condoléances à la famille Heib et promis que les autorités « feraient tout ce qui est en leur pouvoir pour traduire les meurtriers en justice ».

Le ministre sortant de la Sécurité intérieure, Omer Barlev, a qualifié la mort du petit garçon d' »atroce » et déclaré que les auteurs de la tuerie étaient « des criminels brutaux que rien n’arrête ».

Il s’est engagé à ce que les autorités poursuivent leur action contre la criminalité au sein des communautés arabes, ajoutant que « la tâche était complexe et qu’il n’y avait pas de solutions miracles ».

Le ministre de la Sécurité intérieure Omer Barlev pendant un débat à la Knesset, le 14 décembre 2022. (Capture d’écran : Knesset Channel)

La tuerie de Nazareth porte à 110 le nombre de membres de la communauté arabe tués lors d’incidents violents depuis le début de l’année, selon l’organisme de surveillance Abraham Initiatives, qui documente les cas de violences. Parmi ces victimes, 93 ont été abattues.

En savoir plus sur :
S'inscrire ou se connecter
Veuillez utiliser le format suivant : example@domain.com
Se connecter avec
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions d'utilisation
S'inscrire pour continuer
Se connecter avec
Se connecter pour continuer
S'inscrire ou se connecter
Se connecter avec
check your email
Consultez vos mails
Nous vous avons envoyé un email à gal@rgbmedia.org.
Il contient un lien qui vous permettra de vous connecter.