Propos controversés sur la Shoah : l’AfD veut exclure un élu
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Propos controversés sur la Shoah : l’AfD veut exclure un élu

Björn Höcke avait déclaré que le Mémorial de l'Holocauste, immense champ de stèles au cœur de Berlin, était "un monument de la honte"

Björn Höcke (Crédit : CC BY-SA 3.0 de)
Björn Höcke (Crédit : CC BY-SA 3.0 de)

Le parti de droite populiste Alternative pour l’Allemagne (AfD) a lancé lundi une procédure d’exclusion contre l’un de ses responsables qui avait regretté l’existence à Berlin d’un mémorial sur l’Holocauste et critiqué la repentance allemande.

Elu du parti en Thuringe (est), Björn Höcke avait suscité un profond malaise en Allemagne en déclarant lors d’un discours le 17 janvier à Dresde (est) que le Mémorial de l’Holocauste, immense champ de stèles au cœur de Berlin, était « un monument de la honte ». Il avait appelé aussi à revoir l’enseignement de l’histoire aux jeunes en donnant plus de place à la célébration des grandes figures du pays.

« Pour la direction, le discours de Dresde a dépassé maintenant la limite du supportable pour un parti (comme) l’AfD », a déclaré lundi sa coprésidente, Frauke Petry, après la décision prise dans la matinée par une majorité de membres de la direction.

Le cas de Björn Höcke a suscité des remous ces deux dernières semaines au sein de ce jeune parti nationaliste en proie à des querelles internes depuis sa création en 2013, entre partisans d’une ligne idéologique dure et ceux qui tentent de lisser l’image du parti en s’affranchissant des membres d’extrême droite les plus en vue.

Fin janvier, le parti avait d’abord renoncé à entamer une procédure d’exclusion, s’en tenant à « des mesures disciplinaires » contre cet élu de 44 ans déjà connu pour plusieurs dérapages verbaux, avant de revoir sa décision.

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« Je prends acte de la décision (…) avec regret et une grande inquiétude quant à l’unité du parti », a réagi lundi M. Höcke.

Vue aérienne du Mémorial de l'Holocauste de Berlin (Crédit : de:Benutzer:Schreibkraft/Creative Commons/ Wikimedia)
Vue aérienne du Mémorial de l’Holocauste de Berlin (Crédit : de:Benutzer:Schreibkraft/Creative Commons/ Wikimedia)

L’élu, qui s’était vu interdire fin janvier, après son discours, l’accès aux cérémonies pour la libération du camp nazi de Buchenwald, s’est dit « convaincu » de n’avoir enfreint ni les statuts ni les fondements de l’AfD.

La controverse au sein de l’AfD est loin d’être éteinte. Deux de ses responsables, Jörg Meuthen et Alexander Gauland, se sont désolidarisés de le procédure d’exclusion.

La branche locale du parti en Thuringe, fief de M. Höcke, a elle aussi dénoncé une procédure qui vise « à limiter fortement au sein de l’AfD la pluralité d’opinion ».

Mouvement anti-immigration, très eurosceptique et anti-élites, l’AfD a le vent en poupe, capitalisant notamment sur les craintes suscitées par l’arrivée de plus d’un million de demandeurs d’asile depuis 2015 en Allemagne.

Les sondages le créditent d’un peu plus de 10% des intentions de vote en vue des élections législatives de septembre, ce qui le place en bonne position pour espérer entrer à la chambre des députés. Ceci constituerait une première pour un parti de ce type depuis 1945.

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