Protestation contre les expulsions et les violences policières à Jérusalem-Est
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Protestation contre les expulsions et les violences policières à Jérusalem-Est

Le député Ofer Cassif, qui a été frappé par la police lors d'une manifestation la semaine dernière, se montre peu optimiste quant à la mise en cause des policiers

Des manifestants palestiniens agitent leur drapeau national lors d'une manifestation contre l'expulsion de certains Palestiniens de Sheikh Jarrah à Jérusalem-Est, le vendredi 16 avril 2021. (Aaron Boxerman/The Times of Israel)
Des manifestants palestiniens agitent leur drapeau national lors d'une manifestation contre l'expulsion de certains Palestiniens de Sheikh Jarrah à Jérusalem-Est, le vendredi 16 avril 2021. (Aaron Boxerman/The Times of Israel)

Des centaines de militants de gauche ont manifesté aux côtés de Palestiniens locaux contre les brutalités policières et les expulsions prévues dans le quartier de Sheikh Jarrah, à Jérusalem-Est, vendredi après-midi.

Des manifestations hebdomadaires ont lieu depuis des années à Sheikh Jarrah. Des militants et des résidents palestiniens protestent contre l’expulsion de certaines familles palestiniennes au profit de juifs religieux de droite.

Cette semaine, le taux de participation à l’événement hebdomadaire a été plus élevé que d’habitude, apparemment en raison du passage à tabac d’Ofer Cassif, député de la Liste arabe unie, par des officiers de police la semaine dernière. Cette violence a suscité des condamnations de la part des législateurs de tout l’éventail politique.

« La semaine dernière, la police s’est déchaînée, m’attaquant ainsi que d’autres personnes sans aucune provocation préalable, et elle doit en payer le prix », a déclaré M. Cassif au Times of Israel vendredi.

La police a accusé Cassif d’avoir frappé le policier en premier, provoquant l’agression, bien qu’elle n’ait pas publié de preuve vidéo à l’appui de cette affirmation.

Le département des enquêtes internes de la police du ministère de la Justice, l’institution chargée de superviser la conduite de la police, a annoncé la semaine dernière avoir ouvert une enquête sur cet incident.

Mais M. Cassif a déclaré au Times of Israel qu’il doutait que l’enquête aboutisse à quoi que ce soit, affirmant que les enquêtes internes étaient « biaisées en faveur des ‘colons-terroristes’ [sic] ».

« Nous espérons que le bruit fait autour de la violence incitera les autorités compétentes à agir, mais je ne peux pas dire que je suis sûr de la chose », a déclaré M. Cassif.

Un officier de police se bat avec Ofer Cassif, un membre juif du parti à prédominance arabe Liste arabe unie, lors d’une manifestation à Jérusalem-Est le 9 avril 2021. (AHMAD GHARABLI / AFP)

La manifestation de ce vendredi a brièvement pris un tour agressif, avec des confrontations entre les manifestants et les nouveaux résidents juifs dans les maisons anciennement habitées par des résidents palestiniens. Les manifestants ont frappé à la porte de certaines maisons, en proférant des insultes.

Un résident juif local a tenté de se battre avec les manifestants avant d’être attrapé par la police, qui l’a éloigné de la scène.

Les expulsions à Sheikh Jarrah et les protestations qui les accompagnent durent depuis des années. Selon l’organisation à but non lucratif de gauche Ir Amim, quelque 600 dossiers d’expulsion – dont les maisons de 75 familles palestiniennes à Sheikh Jarrah – sont actuellement examinés par le ministère de la Justice.

Les Palestiniens de Jérusalem-Est et leurs alliés affirment que la loi est discriminatoire à leur égard, car elle permet effectivement aux Juifs de réclamer des biens à Jérusalem-Est, alors que les Palestiniens n’ont pas la possibilité de faire des réclamations dans la partie occidentale de la ville, à majorité juive.

« Ces manifestations sont l’expression de notre rejet des décisions des tribunaux israéliens qui ont expulsé les résidents de Sheikh Jarrah. Il s’agit d’un nettoyage ethnique et d’une expulsion au canon du fusil », a déclaré Hatem Abd al-Qadir, ancien ministre de l’Autorité palestinienne chargé des affaires de Jérusalem et résident de Jérusalem-Est, au Times of Israel lors de la manifestation de vendredi.

Des centaines de Palestiniens et de militants juifs de gauche manifestent contre l’expulsion des résidents palestiniens de Sheikh Jarrah à Jérusalem-Est, le vendredi 16 avril 2021. (Aaron Boxerman/The Times of Israel)

Les expulsions, lorsqu’elles ont lieu, sont souvent le résultat de batailles judiciaires qui s’étendent sur des années, voire des décennies. Les litiges s’appuient sur une loi de 1950 qui permet au gouvernement israélien de récupérer les biens des Palestiniens considérés comme légalement absents, ainsi que sur une loi de 1970 qui offre aux Juifs une voie légale pour récupérer les biens appartenant à des Juifs à Jérusalem-Est avant 1948.

Les aspirants résidents juifs et leurs alliés, tels que le groupe de droite dure Ateret Cohanim, affirment qu’ils étendent la présence juive dans la capitale d’Israël par des moyens légaux.

Le député du Parti sioniste religieux Bezalel Smorich a décrit comme une « nouvelle lumière dans Sion » le fait que plusieurs familles juives aient emménagé dans le quartier de Silwan à Jérusalem-Est la semaine dernière.

« Dieu construit Jérusalem à travers ses fidèles émissaires, pionniers de l’association Ateret Cohanim », a écrit Smotrich dans un tweet. « Plus d’enfants pour jouer dans les rues de la ville sainte et plus de voix de la rédemption et de la construction de la terre ».

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