Israël en guerre - Jour 252

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Prudence dans une ville mixte d’Israël après le pogrom mené par le Hamas

L'une des questions que les massacres du Hamas ont soulevées est de savoir si le scénario des émeutes meurtrières de 2021 va se répéter

Vue de la Vieille Ville d'Akko, dans le nord d'Israël, le 23 mars 2019 (Crédit :  Yaakov Lederman/Flash90)
Vue de la Vieille Ville d'Akko, dans le nord d'Israël, le 23 mars 2019 (Crédit : Yaakov Lederman/Flash90)

Restaurants, écoles, hôtels fermés, rues anormalement calmes et vie au ralenti : dans la ville israélienne d’Akko (nord), où résident juifs et arabes, des habitants espèrent que leur cohabitation résistera à la guerre entre Israël et le groupe terroriste palestinien du Hamas.

Lors des onze jours de l’opération Gardiens des murs menée en 2021 contre le Hamas, les violences avaient fait tâche d’huile dans les villes mixtes judéo-arabes d’Israël, avec des émeutes parfois très meurtrières.

A Akko, ville de 50 000 habitants bordant la Méditerranée, un théâtre faisant jouer comédiens de chaque communauté avait été incendié, tout comme un restaurant qui se présente comme un symbole de coexistence, sans faire de victime.

Deux semaines après le début du nouveau conflit, déclenché par l’attaque sanglante du Hamas sur le sol israélien le 7 octobre, le restaurant Uri Buri, à deux pas des murailles de la Vieille Ville face à la mer, est ouvert mais désert.

« Il est important de garder l’équipe soudée, nous sommes ouverts depuis 35 ans, comme une famille », dit à l’AFP son patron, Uri Jeremias, connu de longue date pour embaucher sans distinction Arabes et Juifs israéliens.

Il y a deux ans, l’incendie n’était pas « dirigé contre moi mais contre mes idées et ma manière de rassembler juifs et arabes », estime-t-il, disant sa « fierté » d’avoir « réduit les écarts dans la société ».

Le chef israélien Uri Jeremias répond à une interview dans son restaurant de fruits de mer et de poissons « Uri Buri » dans la ville côtière d’Acre, au nord d’Israël, le 2 mai 2022 (Crédit : Jack Guez/AFP)

Les Arabes israéliens, dont une majorité se définit comme Palestiniens, représentent environ 20 % de la population du pays.

Uri Jeremias, 79 ans, estime que le scénario de 2021 ne se répétera pas car les terroristes n’ont pas réussi à « faire se soulever les Arabes » pour mener une « révolution ». Mais « personne ne sait vraiment comment les choses vont évoluer », admet-il.

Assis devant son restaurant vide, Hamoudi Barghouti, 35 ans, attend impatiemment que les affaires reprennent et reste coi face à la torpeur qui s’est emparée de sa ville.

« C’était un vendredi très agréable, avec plein de gens dans la rue, on travaillait avec des gens du monde entier, de Cisjordanie occupée, des juifs… », se rappelle-t-il. « Et on s’est réveillés le samedi (7 octobre) et c’était comme la guerre ».

Ce jour-là, en plein Shabbat, des milliers de terroristes du Hamas ont infiltré Israël, semant la terreur et tuant plus de 1 200 personnes, en majorité des civils, selon Israël qui a recensé environ 240 otages israéliens, étrangers ou binationaux enlevés.

L’armée israélienne a riposté, pilonnant sans relâche la bande de Gaza et déployant des dizaines de milliers de soldats autour du territoire ainsi qu’à sa frontière nord avec le Liban où règne le groupe terroriste chiite du Hezbollah, allié du Hamas.

A 20 kilomètres au nord d’Akko, dans la zone frontalière avec le Liban, les échanges de tirs entre Hezbollah et l’armée israélienne sont depuis quotidiens. Israël a évacué certaines localités dans la région.

Le chef de la police israélienne Kobi Shabtaï s’adressant à la commission de Contrôle de l’État, à la Knesset, le 6 juin 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Dimanche, le chef de la police israélienne Kobi Shabtaï a loué devant les députés « le comportement exemplaire » des membres de la minorité arabe. « Nous n’avons quasiment eu aucune friction », a-t-il dit.

Sur l’une des places du vieux Akko, entièrement bordée de cafés, un seul établissement à ouvert ses portes. Le patron ne souhaite pas s’exprimer, comme de nombreux habitants rencontrés par l’AFP.

Ali Awabtawi est l’un des rares assis en terrasse, malgré la « peur des bombes » du Hezbollah pro-Iran.

L’homme d’affaires de 46 ans estime que la menace vient de là plutôt que de violences intercommunautaires. « C’est arrivé une fois. Tout le monde est prudent car nous connaissons les conséquences et savons le temps qu’il faut pour reconstruire », dit-il.

« Nous espérons tous vivre en paix car personne ne veut vivre ainsi, c’est lourd, on ne sait pas ce qui va se passer, pas demain ni dans l’heure qui vient », regrette-t-il. « Quand vous vivez tragédie sur tragédie, vous êtes toujours plus loin les uns des autres », dit-il.

Dans les ruelles de la Vieille Ville, les affiches électorales avaient fleuri en vue des municipales du 31 octobre, reportées pour cause de guerre.

L’une d’elle, en hébreu et en arabe, appelle à l' »unité ». Car « Akko est au-dessus de tout ».

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