Quand la fiction permet de transmettre la mémoire de la Shoah
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Quand la fiction permet de transmettre la mémoire de la Shoah

Claude Lanzmann a félicité le réalisateur hongrois Laszlo Nemes pour son film « Son of Saul »

Claude Lanzmann. (Crédit : Flash90)
Claude Lanzmann. (Crédit : Flash90)

« Son of Saul » a reçu dimanche le Grand prix du 68e Festival de Cannes. Le réalisateur hongrois Laszlo Nemes a avoué s’être fortement inspiré de « Shoah » (1985), le documentaire de Claude Lanzmann, pour réaliser son propre film.

Alors que Claude Lanzmann avait fait le choix du documentaire pour donner vie à un témoignage sur l’enfer des camps de concentration, Steven Spielberg avait, quant à lui, fait le choix de la fiction dans « La Liste de Schindler » (1993), ce qui avait suscité une polémique. Selon Claude Lanzmann, la représentation de la Shoah à travers une fiction était impossible.

Après la projection du film de « Son of Saul » à Cannes, Claude Lanzmann revient sur ses paroles à l’occasion d’une interview accordée au magazine Télérama.

Selon ce dernier, si la représentation de la mort dans les chambres à gaz est impossible, Laszlo Nemes, parvient, par un tour de force, à inventer une nouvelle forme de reconstitution de la Shoah. A travers les yeux d’un Sonderkommando d’Auschwitz forcé de conduire les Juifs dans les chambres à gaz, le spectateur est précipité dans les rouages du camp d’Auschwitz.

L’intelligence du cinéaste hongrois est de ne pas traiter directement de l’Holocauste mais de la vie des Sonderkommandos, la prise de distance permet de rester fidèle à l’horreur des camps. Ainsi, Laszlo Nemes réussit là ou Steven Spielberg avait échoué. Et Claude Lanzmann de conclure : « Le fils de Shaul est l’anti-Liste de Schindler. » Il a déclaré que ce film pourra contribuer au devoir de mémoire de l’Holocauste et qu’il méritait largement sa place au palmarès. C’est maintenant chose faite.

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