Quand les Israéliens rêvent d’une île paradisiaque à 49 dollars
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Quand les Israéliens rêvent d’une île paradisiaque à 49 dollars

Avant de prendre leur retraite, les propriétaires de la station de vacances Nautilus vendent leurs biens d'une façon plutôt inhabituelle

Yaakov Schwartz est le rédacteur adjoint de la section Le monde juif du Times of Israël

Vue aérienne de l'île de Kosrae. (Crédit : autorisation)
Vue aérienne de l'île de Kosrae. (Crédit : autorisation)

Au milieu de l’Océan Pacifique, à mi-chemin entre l’Australie et Hawaii, se trouve un marché à conclure presque trop beau pour être vrai : jusqu’au 26 juillet, un billet de tombola d’une valeur de 49 dollars peut vous permettre de gagner l’Hôtel-club Nautilus situé dans la minuscule île micronésienne de Kosrae. Et bien que c’est presque à un peu moins de 13 000 km d’Israël, 12 % de l’ensemble des billets vendus proviennent de la Terre Sainte.

Vous pensez que cette approche atypique est inhabituelle pour la station balnéaire ? Eh bien réfléchissez-y à deux fois. En réalité, même son histoire a été stimulée en méprisant la convention.

« Nous avons vu un documentaire à la TV en 1991 sur la Micronésie et nous étions totalement stupéfait par cet endroit » a déclaré le propriétaire Doug Beitz.

Après avoir trouvé par hasard un article sur des opportunités d’affaires dans l’État insulaire, Doug et sa femme Sally ont décidé de quitter leurs emplois et de partir avec leurs trois enfants loin de leur Australie natale pour prendre un pari sur le rêve.

« J’étais trop jeune et naïf pour me rendre compte qu’il serait trop dur de le faire, donc j’ai juste avancé et j’ai, par ignorance, construit cet endroit, » dit Beitz. « Le rêve de le faire était beaucoup trop fort et on a relevé le défi tous ensemble. »

L’affaire a prospéré pendant 22 ans, permettant à la famille de vivre « comme en perpétuelles vacances » tandis que les enfants ont grandi. Mais avec l’arrivée d’un nouveau petit-enfant Beitz, Doug et Sally sont prêts à se diriger de nouveau vers le continent australien « pour être au plus près de notre petit ange et des autres petits-enfants qui se profilent à l’horizon. »

La famille Beitz qui a possédé le Nautilus Resort pendant 22 ans. (Crédit : autorisation)
La famille Beitz qui a possédé le Nautilus Resort pendant 22 ans. (Crédit : autorisation)

« Nous pensons qu’un nouveau chapitre dans nos vies commence et nous sommes prêts à passer le relais à quelqu’un d’autre, » affirme Doug.

L’accord a attiré l’attention de l’Israélien Giyora Nicklas et de sa famille d’aventurier, un clan de globe-trotters doté d’ « une certaine expérience professionnelle dans l’industrie culinaire et de l’hôtellerie. »

Nicklas, le propriétaire d’Esprit Sauvage (Wild Spirit), une entreprise de voyage et d’événementiel, a d’abord entendu parler de la tombola par un article paru dans Ynet. En quelques minutes il avait fait passer le mot à ses amis sur WhatsApp. En envisageant l’histoire comme un signe, le résident de 55 ans de Poriya Illit a acheté d’abord un billet de tombola pour son fils avant d’en acheter quatre autres.

Quoique parmi les premiers Israéliens à acheter un ticket de tombola, Nicklas est loin d’être le seul.

Plus de 1 200 billets ont été achetés depuis Israël jusqu’à présent. Selon la Station de vacances Nautilus, la population de l’État hébreu, qui s’élève à un peu plus de 8 millions d’habitants, est de loin l’acheteur le plus important de billets par personne dans le monde entier.

Qu’est-ce qui explique cela ? Peut-être est-ce la tendance de la Micronésie à systématiquement voter comme les États-Unis aux Nations unies, faisant d’elle un des plus grands partisans d’Israël au monde. Ainsi des expatriés israéliens potentiels peuvent faire leur devoir patriotique en se détendant dans un paradis tropical situé de l’autre côté du globe.

Beitz affirme que Kosrae a été presque complètement convertie au christianisme dans les années 1800 lorsque des missionnaires américains se sont rendus sur l’île. Il note que les natifs sont « une population très pieuse. »

Savoir si oui ou non les choix de vote de la Micronésie ont un rapport avec cela on ne le saura peut-être jamais, mais le concours est vite devenu très populaire ici.

Illustration d'un homme faisant de la plongée sous-marine (Crédit : autorisation)
Illustration d’un homme faisant de la plongée sous-marine (Crédit : autorisation)

Quand la tombola « Gagner une propriété sur une île » a été diffusée sur la Dixième chaîne dans l’émission « Layla Calcali, » [« la Nuit Économique, »] cela a provoqué une pointe de trafic tellement importante que pendant quelques minutes, des acheteurs israéliens ont même fait s’effondré le site Web.

Qu’obtient le gagnant pour ses 49 dollars ?

L’hôtel de 16 pièces vient avec un bassin, une plage privée, un centre de plongée et un restaurant rempli avec de 5 000 dollars de nourriture. Le paquet inclut aussi une maison séparée et deux appartements de deux pièces et le gagnant chanceux remportera également cinq voitures de location, un pick-up et deux ou trois camions.

On connaît bien le bon sens du scepticisme des Israéliens. Donc les participants seront heureux de savoir que selon le site Web, ils obtiendraient « une activité rentable et sans dettes » avec une superbe évaluation sur TripAdvisor.

La station de vacances Nautilus est aussi « pourvue avec 16 salariés » et le gagnant pourra « s’allonger et jouir de la vie insulaire » tandis qu’un directeur dirigera l’activité de la station.

Selon Beitz, les nouveaux propriétaires n’auraient pas trop le mal du pays – une famille israélienne possède et exploite une grande activité de plongée sous-marine sur Palau.

En plus, « Tova est un merveilleux cuisinier et a même publié un livre de cuisine, » dit Beitz.

Les propriétaires sortants ont supprimé le seuil de billet minimal, ce qui signifie que quelqu’un va obligatoirement gagner.

« La chance est quelque chose que nous créons dans notre vie, une combinaison d’actions et de prise de responsabilité, » dit Nicklas. « Mais de temps en temps la véritable chance peut frapper à la porte. Ne serait-ce pas agréable si cela arrivait cette fois-ci ? »

L'hôtel a attiré une part importante d'Israéliens à la recherche d'un marché pas cher pour s'offrir une île (Crédit : autorisation)
L’hôtel a attiré une part importante d’Israéliens à la recherche d’un marché pas cher pour s’offrir une île (Crédit : autorisation)
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