Un Israélien explique en arabe le judaïsme aux musulmans
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Un Israélien explique en arabe le judaïsme aux musulmans

L'ancien journaliste du Times of Israel, Elhanan Miller, souhaite que les musulmans "entendent ce que le judaïsme est du point de vue d'un vrai croyant"

Elhanan Miller, étudiant rabbinique et ancien correspondant pour le Times of Israel. (Crédit : Bruria Hammer)
Elhanan Miller, étudiant rabbinique et ancien correspondant pour le Times of Israel. (Crédit : Bruria Hammer)

JTA – Est-il vrai que le judaïsme n’accepte pas les convertis ? Est-il vrai que les Juifs doivent se laver les mains avant de prier ? Est-il vrai que les Juifs ont historiquement tué leurs prophètes ?

Ce ne sont là que quelques-unes des questions qu’Elhanan Miller a entendu au fil des ans. Parlant couramment l’arabe et ancien correspondant des Affaires arabes pour le Times of Israel, Miller a réalisé que beaucoup de musulmans qu’il connaissait n’avaient pas une compréhension claire des pratiques et des croyances juives. Il a donc décidé de commencer à enseigner le judaïsme aux musulmans, dans une langue et un contexte auxquels ils peuvent s’identifier.

« L’islam prétend raconter aux musulmans ce qu’est le judaïsme », a déclaré Miller au JTA. « Mais je pense qu’il est important pour les musulmans d’entendre ce que le judaïsme est du point de vue d’un vrai croyant. »

C’est l’idée du nouveau projet de Miller, « People of the Book », une série de courtes vidéos animées qui expliquent la foi et le rituel juif en arabe et les comparent à des pratiques musulmanes similaires. Il semble que ce soit la première série vidéos de ce genre : une explication du judaïsme pour les musulmans dans ce qui, pour beaucoup, est leur langue maternelle. Les deux premières vidéos ont accumulé des centaines de milliers de vues sur Facebook et YouTube.

La première vidéo, publiée en juillet, compare « manger casher » avec « manger halal ». Il explique que la casheroute, comme le halal, interdit le porc et possède des lois sur l’abattage des animaux. Mais la casheroute prohibe la consommation de crustacés, par exemple, tandis que le halal permet de manger n’importe quelle créature de la mer.

Une deuxième vidéo, publiée plus tôt ce mois-ci, concerne la prière juive (trois fois par jour contre cinq pour les musulmans, sans avoir besoin de s’agenouiller). Miller prévoit plus de vidéos sur les vêtements et les règles de modestie, les conceptions juives de Dieu et le jeûne dans le judaïsme.

« Il y a un grand recoupement entre le judaïsme et l’islam dans ces domaines spécifiques », a-t-il dit. « L’islam a des lois alimentaires comme le judaïsme, et les structures des prières quotidiennes à des heures fixes sont similaires dans le judaïsme et l’islam. J’ai pensé qu’il serait bon de commencer par les points communs avant d’entrer dans les différences. »

Miller est un juif pratiquant né à Jérusalem de parents canadiens. Il est tombé amoureux de l’arabe quand il a commencé à l’étudier en septième année, et a continué à l’utiliser pendant son service militaire et au collège.

Il a obtenu une maîtrise en études islamiques de l’Université hébraïque et a été journaliste pendant huit ans, consacrant une grande partie de ses reportages sur le monde arabe. Miller étudie également à Beit Midrash Har’el, une école rabbinique traditionnelle égalitaire à Jérusalem. L’école a partagé des liens de ses vidéos, et il voit un pont entre les deux religions dans le cadre de sa vocation rabbinique.

« Je veux être un rabbin qui apporte la paix dans le monde », a-t-il dit.

Miller a commencé à produire des vidéos après avoir enseigné le judaïsme aux musulmans dans le cadre du projet Shorashim, qui réunit des Juifs du Gush Etzion en Cisjordanie avec leurs voisins palestiniens. Ensemble, ils mènent des activités en commun, comme des repas partagés et des travaux agricoles. Il pensait que les mêmes leçons intéresseraient un public plus large, ce qui s’est avéré exact.

Les vidéos sont tournées durant plusieurs semaines avec l’aide de deux partenaires: un animateur en Israël et un natif arabophone qui co-raconte le scénario.

Il y a un sujet, cependant, que Miller ne prévoit pas d’aborder dans l’immédiat : Israël. Il pourrait parler de Jérusalem, qui est sacrée pour les Juifs et les Musulmans, dans une vidéo à venir, mais il dit que le fait d’aborder des sujets sensibles pourrait faire échouer le projet plus vaste de diffusion et compréhension du judaïsme.

« Mon but n’est pas de faire la hasbara israélienne », a-t-il dit, en utilisant un terme hébreu pour les relations publiques. « Je parle dans ces vidéos en tant que Juif plutôt qu’Israélien, parce qu’Israël est une question litigieuse et j’essaie de gagner en crédibilité et même en sympathie avec mes partisans. » Pour maintenir cette relation entre les vidéos, Miller a tenu une session Facebook jeudi, en arabe, sur le judaïsme de type : « Demandez-moi quoi que ce soit ». Les questions concernaient tout, depuis le statut de Moïse dans les deux religions jusqu’à la façon dont les Juifs perçoivent les autres religions.

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Posted by ‎People of the Book أهل الكتاب‎ on Thursday, 28 December 2017

Bien sûr, les juifs ont aussi beaucoup d’idées fausses sur l’islam, a dit Miller – comme ceux qui pensent à tort que les Juifs ont souffert plus, historiquement, sous la domination musulmane que sous la domination chrétienne.

Même s’il aimerait collaborer à une série de vidéos similaires qui explique l’islam aux Juifs, il a dit qu’en tant que non-musulman – il n’est pas la bonne personne pour diriger ce projet.

« Mon travail ne consiste pas à expliquer l’islam aux Juifs », a-t-il dit. « Ce doit être quelqu’un de cette foi. »

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