Quatorze partis politiques français lancent un appel contre l’antisémitisme
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Quatorze partis politiques français lancent un appel contre l’antisémitisme

"L'appel à l'union contre l'antisémitisme" invite les Français à se réunir partout en France, et notamment place de la République à Paris mardi à 19H00

Des pierres tombales juives profanées dans le cimetière juif de Herrlisheim, en Alsaec, le 13 décembre 2018. (Crédit : AP/Jean-Francois Badias)
Des pierres tombales juives profanées dans le cimetière juif de Herrlisheim, en Alsaec, le 13 décembre 2018. (Crédit : AP/Jean-Francois Badias)

Quatorze partis politiques, dont La République en marche, Les Républicains, le PS, le MoDem, EELV et le PCF ont lancé jeudi un appel contre l’antisémitisme, selon un communiqué transmis par le PS.

« L’appel à l’union contre l’antisémitisme » invite les Français à se réunir partout en France, et notamment place de la République à Paris mardi à 19H00.

« Nous portons dans le débat public des orientations différentes, mais nous avons en commun la République. Et jamais nous n’accepterons la banalisation de la haine. C’est pourquoi nous appelons l’ensemble des Français à se réunir dans toutes les villes de France pour dire ensemble: Non, l’antisémitisme, ce n’est pas la France ! », dit le texte.

« Les actes antisémites se sont dramatiquement multipliés au cours de l’année 2018. Ca suffit ! », clament aussi les signataires, alors que les menaces et violences visant les Juifs ont augmenté de 74 % en 2018, selon un bilan du ministère de l’Intérieur publié mardi.

La dirigeante du Front national (aujourd’hui Rassemblement National) Marine Le Pen assiste au congrès annuel du parti d’extrême droite dans la ville française de Lille le 10 mars 2018. (AFP Photo/Philippe Huguen)

Le RN de Marine Le Pen n’a pas été invité à signer l’appel par le PS qui en est à l’initiative, selon l’entourage du premier secrétaire Olivier Faure. Même chose pour Debout la France, dont le président Nicolas Dupont-Aignan a dénoncé une « manipulation des partis du système ».

Le Rassemblement national a apporté dans un communiqué « son soutien à toutes initiatives visant à condamner cet antisémitisme et à assurer la solidarité de la République » avec les victimes. Cette lutte « passera par des actes forts », a-t-il aussi souligné, en « alert(ant) » par ailleurs de nouveau sur « le développement toxique du radicalisme islamiste ».

Sollicité mardi via la messagerie Telegram, le chef de file des Insoumis Jean-Luc Mélenchon « n’a pas répondu », selon M. Faure.

Jean-Luc Mélenchon a condamné « la violence et la cruauté sans borne du gouvernement d’Israël ». Ici à Paris le 23 septembre 2017 (Crédit : AFP/CHRISTOPHE ARCHAMBAULT)

Contacté par l’AFP, M. Mélenchon a répondu ne pas avoir reçu de « courrier ». « Grossière provocation du PS qui nous écarte de la marche contre l’antisémitisme. La Ligue de défense juive avait fait pareil à la marche Knoll (du nom de l’octogénaire juive tuée en mars à Paris, ndlr). La lutte contre l’antisémitisme mérite mieux que des manœuvres politiciennes », a-t-il dénoncé sur Twitter.

Le représentant légal de LFI, Manuel Bompard, a de son côté expliqué sur Twitter que la France insoumise n’avait « pas été sollicitée pour signer », mais que « bien sûr, elle sout(enait) cet appel ».

Vendredi matin, Manon Aubry, tête de liste LFI pour les européennes. a fait savoir que le parti signera l’appel contre l’antisémitisme et que Jean-Luc Mélenchon sera présent mardi soir au rassemblement organisé à Paris.

Sur Radio Classique vendredi, Manon Aubry a accusé le PS d' »instrumentalisation », tout en reconnaissant qu’il « a envoyé un message Telegram ». Mais « je n’appelle pas ça une invitation officielle (…) Nous n’avons pas été invités en bonne et due forme dans les temps nécessaires pour répondre, mais il est évident que nous répondons à cet appel », a-t-elle souligné.

Interrogée pour savoir si elle-même et M. Mélenchon participeraient au rassemblement mardi soir, elle a répondu « oui, Jean-Luc Mélenchon et l’ensemble des membres de La France Insoumise qui seront disponibles à cette heure-là », et « nous signerons cet appel ».

« Il n’y a aucune ambiguïté: jamais nous n’avons fait défaut, jamais nous ne ferons défaut dans la lutte contre l’antisémitisme », a-t-elle insisté en souhaitant que désormais « on parle du sujet de fond ».

Pour le RN, « l’exclusion assumée » par les 14 partis politiques « démontre hélas que ceux-là ne souhaitent pas tant lutter contre l’antisémitisme que l’instrumentaliser ». « Cette cause mérite mieux que ces petites bassesses politiciennes et électoralistes », a-t-il conclu.

La Gauche républicaine et socialiste, le parti de l’ancien socialiste Emmanuel Maurel et de l’ancien MRC Bastien Faudot, a publié un communiqué pour se joindre à l’appel et appeler au rassemblement de mardi.

La classe politique a unanimement condamné en début de semaine la hausse des actes antisémites en 2018 et ceux commis ces derniers jours -image de Simone Veil barrée d’une croix gammée, tag « Juden » sur la vitrine d’un restaurant parisien, arbre en mémoire d’Ilan Halimi scié.

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