Israël en guerre - Jour 237

Rechercher

Qui sont les militants identitaires des groupes d’ultradroite en France ?

Malgré les dissolutions décidées par le gouvernement, ces groupuscules renaissent rapidement de leurs cendres, de manière fragmentée, dans toute la France

Génération Identitaire lors d'une opération dans les Alpes pour marquer  leur hostilité à l'entrée de migrants clandestins par la frontière italienne en août 2018. (Capture d'écran : YouTube)
Génération Identitaire lors d'une opération dans les Alpes pour marquer leur hostilité à l'entrée de migrants clandestins par la frontière italienne en août 2018. (Capture d'écran : YouTube)

Quelque 1 500 personnes appartiendraient aux groupuscules d’ultradroite en France, selon les autorités. Malgré les dissolutions décidées par le gouvernement, ces mouvements renaissent rapidement de leurs cendres, de manière fragmentée, dans toute la France.

Tour d’horizon des principaux groupes qui composent le paysage de l’ultradroite.

Le Groupe Union Défense (Gud)

« G.U.D is back ! » : c’est avec ce message posté sur les réseaux sociaux que le Groupe Union Défense, « marque » historique de l’extrême-droite française, a annoncé son retour le 6 novembre.

Jamais dissoute, l’organisation, principalement étudiante et connue pour ses actions violentes, est née en 1968 à l’université parisienne d’Assas.

Elle revient de temps à autres sous les feux de l’actualité. Loïk Le Priol, ancien gudard et ex-militaire, est le principal suspect dans le meurtre en mars dernier de l’ex-international de rugby argentin Federico Martin Aramburu.

Avant d’entrer en sommeil, des militants avaient quitté le navire pour fonder le Bastion social (2017-2019) ou les Zouaves Paris (2018-2022), dissous depuis par les autorités.

Le retour de Gud serait à l’initiative de ces anciens militants, à l’instar de Marc de Caqueray-Valmenier, chef présumé des Zouaves, déjà condamné et incarcéré ces dernières années.

Luminis, Division Martel

Plusieurs mouvements identitaires sont présents dans les rassemblements parisiens, comme lors d’une marche aux flambeaux début janvier en hommage à Sainte-Geneviève, patronne de la capitale. C’est le cas de Luminis ou la Division Martel, composés d’anciens membres des Zouaves Paris, du Bastion social ou du Gud.

Sur la boucle Telegram « Ouest Casual », prisée de la mouvance identitaire, une photo montre une vingtaine de personnes, vêtues de noirs et visages floutés, affirmant avoir « ratissé » lors de cette marche des rues du quartier latin jusqu’au XVe arrondissement. Les membres de Luminis ont fait savoir sur Telegram qu’ils étaient aussi présents.

Au fil des messages de la boucle Telegram, ces groupes égrènent des photos de leurs maraudes, des vidéos pour se préparer en cas de garde à vue ou leur soutien aux militants d’ultra-droite interpellés à Paris le soir du match France-Maroc en décembre.

Ils font aussi des collages dans les rues de la capitale : sur l’un d’eux, l’édile Anne Hidalgo grimée en rongeur avec l’inscription « Les surmulots ont envahi Paris », un rappel au rat, emblème du Gud.

Argos France, héritier de Génération Identitaire

Autre cas de renaissance, sous un nouveau nom : Argos France. Ils se veulent les héritiers de Génération identitaire, avec les mêmes méthodes d’agit-prop (agitation et propagande).

Des membres et partisans du groupe d’extrême droite Génération identitaire et un drapeau du mouvement lors d’une manifestation contre sa possible dissolution, à Paris, le 20 février 2021. (Crédit : Bertrand GUAY / AFP)

Sur leur page Instagram (5 000 abonnés) leur première vidéo datée d’octobre prône un changement radical pour défendre « la civilisation européenne ».

« Il y a quelque chose d’assez nouveau : leur première action en décembre était de bloquer une salle de shoot à Paris, c’est une nouvelle manière de réorienter le débat », estime la chercheuse Marion Jacquet-Vailland, alors qu’ils se focalisaient auparavant sur les thématiques identitaires.

A Lyon, les Remparts

La capitale des Gaules est l’une des places fortes de l’ultra-droite en France : la population des groupuscules est estimée entre 300 et 400 personnes, selon les autorités locales. Et leur tête de pont s’appelle les Remparts, groupuscule bâti sur les cendres de Génération identitaire.

Fin octobre, le parquet a ouvert une enquête pour « provocation à la haine » après une manifestation « de l’ultra-droite en hommage à la jeune Lola, tuée à Paris, et marquée par des slogans xénophobes ».

Le maire de Lyon, Grégory Doucet, avait assuré que ce rassemblement avait été revendiqué par un militant s’identifiant sur les réseaux sociaux comme cadre de « Remparts Lyon ».

Des vidéos sur le compte Twitter des « Remparts », montraient des personnes cagoulées crier « immigrés assassins », avec une banderole « Justice pour Lola, l’immigration tue ». L’édile avait en conséquence écrit au président Emmanuel Macron pour demander leur « dissolution immédiate ».

Ailleurs, des groupuscules fragmentés

Selon le chercheur Jean-Yves Camus, la dissolution des groupuscules d’ultradroite a entraîné une fragmentation de groupes à travers tout le pays.

« Le Bastion social a été dissout en 2019 et avec lui les 18 associations locales qui lui servaient de relai dans les principales villes de France. Malgré cela, on constate qu’aujourd’hui on a une floraison de groupes dans beaucoup de grandes villes et moyennes », souligne M. Camus.

On trouve, par exemple, les militants identitaires d’Auctorum à Versailles, ceux de la Jeunesse Angevine à Angers, qui ont publié début janvier une photo de leurs deux groupes avec une croix celtique (symbole prisé de l’ultradroite) lors d’un séjour à Rome sur la boucle Telegram « Ouest Casual ».

A Nice, le groupuscule d’ultradroite des « Zoulous » est impliqué dans des agressions en 2020 et 2021, rapporte Conspiracy Watch, selon qui leurs membres prônent une « idéologie nationaliste-révolutionnaire teintée d’antisémitisme, d’antimaçonnisme et de complotisme ».

En savoir plus sur :
S'inscrire ou se connecter
Veuillez utiliser le format suivant : example@domain.com
Se connecter avec
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions d'utilisation
S'inscrire pour continuer
Se connecter avec
Se connecter pour continuer
S'inscrire ou se connecter
Se connecter avec
check your email
Consultez vos mails
Nous vous avons envoyé un email à gal@rgbmedia.org.
Il contient un lien qui vous permettra de vous connecter.
image
Inscrivez-vous gratuitement
et continuez votre lecture
L'inscription vous permet également de commenter les articles et nous aide à améliorer votre expérience. Cela ne prend que quelques secondes.
Déjà inscrit ? Entrez votre email pour vous connecter.
Veuillez utiliser le format suivant : example@domain.com
SE CONNECTER AVEC
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions d'utilisation. Une fois inscrit, vous recevrez gratuitement notre Une du Jour.
Register to continue
SE CONNECTER AVEC
Log in to continue
Connectez-vous ou inscrivez-vous
SE CONNECTER AVEC
check your email
Consultez vos mails
Nous vous avons envoyé un e-mail à .
Il contient un lien qui vous permettra de vous connecter.