Raam n’hésitera pas à mettre la coalition sous pression pour atteindre ses buts
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Raam n’hésitera pas à mettre la coalition sous pression pour atteindre ses buts

Cette annonce des députés islamistes intervient un jour après avoir brièvement menacé de suspendre leurs travaux avec la coalition

Le député Mazen Ghanaim vu à la Knesset , avant la session d'ouverture du nouveau gouvernement, le 5 avril 2021. (Olivier Fitousi/Flash90)
Le député Mazen Ghanaim vu à la Knesset , avant la session d'ouverture du nouveau gouvernement, le 5 avril 2021. (Olivier Fitousi/Flash90)

Dimanche, les ministres ont voté pour transférer, avec effet immédiat, l’Autorité pour le développement et l’établissement des Bédouins dans le Néguev du ministère de l’Économie au ministère des Affaires sociales. Cette décision devait intervenir la semaine prochaine, mais Raam a exigé qu’elle intervienne plus tôt, avertissant qu’il pourrait cesser de coopérer avec la coalition si ce n’était pas le cas.

Selon certains médias, des sources affirment que Raam exprimait ainsi sa frustration quant au traitement réservé par le gouvernement au parti, affirmant qu’il avait été celui qui avait fait le plus de concessions et récolté les plus petits gains de toutes les factions de la coalition, en particulier en ce qui concerne ses demandes de permis de construction en faveur des Bédouins dans la région du Néguev.

Le député du Raam, Mazen Ganaim, a nié, ce lundi, que son parti « extorquait » le gouvernement et a insisté qu’il voulait que le Premier ministre Naftali Bennett réussisse. « Ce que nous faisons n’est pas de l’extorsion », a-t-il déclaré à la Douzième chaîne, affirmant que le parti agissait simplement au nom de la communauté arabe du pays. Et d’ajouter : « C’est une population de près de 18 % qui a été négligée. Ce que nous faisons, c’est corriger cela. »

Mazen Ganaim a déclaré que son parti avait clairement indiqué lors de la formation de la coalition qu’il agirait pour servir la société arabe. Il a déclaré que le parti islamiste veut être « un acteur légitime » et qu’il espère que le gouvernement « nous comprend ».

Selon certaines informations, Raam est préoccupé par les pourparlers d’autres partis de la coalition avec le parti de la Liste arabe unie sur une éventuelle coopération législative, afin d’élargir la majorité très mince dont ils disposent à la Knesset. Une telle décision affaiblit significativement le pouvoir de négociation de Raam. Le parti islamiste aurait menacé de ne pas voter avec la coalition si celle-ci continue de courtiser la Liste arabe unie.

Interrogé à ce sujet, Mazen Ganaim a déclaré qu’il appartenait à la Liste arabe unie de décider elle-même de la manière d’agir.

Walid Taha, député de Raam, à une réunion de la commission des arrangements de la Knesset, le 21 juin 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Waleed Taha, député du parti Raam, a pour sa part avancé, sur les ondes de NasRadio, que les développements de dimanche « ne seront pas la dernière crise de la coalition », a indiqué un sujet réalisé par la Douzième chaîne. S’adressant à la radio de l’armée, Taha a pris un ton moins combatif, affirmant qu’il ne savait pas s’il y aurait des crises similaires à l’avenir. « Cela dépend des autres », a-t-il déclaré avant d’ajouter : « J’espère que non, mais si nécessaire, cela arrivera. » Les accords conclus avec Raam lors des négociations de coalition doivent être respectés, a déclaré Taha : « Si quelqu’un a oublié cela au cours des trois dernières semaines, nous le lui rappelons. »

Le ministre de l’Agriculture Oded Forer a pour sa part rejeté l’idée que Raam faisait pression sur le gouvernement. Il a déclaré au site Internet Ynet que les dernières demandes du parti faisaient toutes partie des accords de coalition et que les accords devaient être honorés. « Je suis content que ces problèmes et ces petits grincements au sein de la coalition aient été résolus », a-t-il déclaré.

Oded Forer s’est dit convaincu que Raam continuerait finalement à coopérer avec le gouvernement. Il a déclaré que d’autres défis sont attendus en raison de la diversité des partis composant la coalition, mais que tous ses membres sont déterminés à atteindre un objectif essentiel, à savoir adopter le budget de l’État. « Je pense que sur ce dossier particulier, il y a un large consensus », a-t-il déclaré.

Le député Bezalel Smotrich, chef du Parti sioniste religieux, a tweeté lundi : « Dans les prochains jours, nous découvrirons quels biens de l’État ont été vendus afin de préserver le siège de Naftali Bennett. »

En rejoignant la coalition, Raam est devenu le premier parti arabe israélien à faire partie d’un gouvernement depuis des décennies et le premier à être un élément crucial pour maintenir la majorité du gouvernement.

Des membres de droite de l’opposition ont affirmé que cela permettrait au parti islamiste non sioniste de faire pression sur le gouvernement et de conduire à des décisions et à des politiques qui nuiront à la sécurité nationale.

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