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Raam vante ses gains sur les constructions dans le Neguev

Selon le parti, un accord a été conclu pour les maisons existantes et les nouvelles maisons d'une taille maximale de 70 m² ; l'opposition accuse la coalition de se vendre pour survivre

Une vue des maisons de Sawaneen, un village bédouin non-reconnu dans le sud du désert du Neguev en Israël, le 8 juin 2021. (Crédit :  HAZEM BADER / AFP)
Une vue des maisons de Sawaneen, un village bédouin non-reconnu dans le sud du désert du Neguev en Israël, le 8 juin 2021. (Crédit : HAZEM BADER / AFP)

Le parti Raam a déclaré dimanche qu’il était parvenu à un nouvel accord avec le reste de la coalition concernant les communautés non reconnues dans la région du Neguev, dans le sud du pays, qui permettrait à certaines constructions illégales de ne pas être détruites ni pénalisées.

Cette annonce intervient après la levée, la semaine dernière, d’un gel de trois semaines de sa participation au Parlement et à la coalition, qui avait compromis la stabilité fragile du gouvernement du Premier ministre Naftali Bennett. Même avec la coopération de Raam, le gouvernement ne détient que 60 sièges à la Knesset, soit autant que l’opposition.

Dans un communiqué publié dimanche, le parti islamiste a déclaré que le gouvernement avait décidé de ne pas démolir les bâtiments de moins de 70 mètres carrés dans les villages non reconnus et de ne pas pénaliser les propriétaires. Les règles s’appliqueront aux nouvelles constructions et aux extensions de bâtiments existants allant jusqu’à cette taille, ainsi qu’au remplacement des toits, a précisé le parti.

Raam a déclaré que ce développement n’était qu’une parmi d’autres mesures obtenues dans le cadre d’un nouvel accord avec le gouvernement.

Le parti a déclaré que ce nouvel accord était « comme de l’oxygène pour les familles arabes de ces villages du Neguev », selon les informations de la Treizième chaîne.

Le parti a également publié une interview archivée de feu le deputé Said al-Harumi, décédé en août dernier, dans laquelle il mentionne qu’un tel accord avait déjà été conclu sous le précédent gouvernement dirigé par le Likud, mais qu’il n’avait pas été formellement rédigé avant les dernières élections, selon des informations de la chaîne publique Kan.

En février, le ministre des Affaires sociales, Meir Cohen, avait demandé au procureur général d’autoriser une augmentation de la taille des bâtiments illégaux dans les villages non reconnus qui seraient exclus de l’application de la loi, de 50 m² à 70 m², selon la chaîne publique.

Le ministre des Affaires religieuses Matan Kahana (Crédit : Yitzhak Kelman)

Des sources de la coalition ont déclaré que ce changement n’était qu’un petit supplément à la taille des bâtiments déjà approuvés par le précédent gouvernement dirigé par le Likud.

Matan Kahana, député de Yamina, a déclaré à Kan lundi matin « qu’après de nombreuses années de négligence ainsi que de la disparition de toute forme de gouvernance dans le Neguev », le gouvernement abordait la question de manière approfondie.

« Je n’en ferais pas tout un plat », a déclaré M. Kahana, qui a démissionné vendredi de son poste de ministre des Affaires religieuses et est retourné à la Knesset en tant que simple député dans le but, selon ses dires, de consolider la coalition chancelante.

Mais le leader de l’opposition, le député Benjamin Netanyahu, a publié une déclaration vidéo accusant le gouvernement d’être « pris en otage par le Conseil de la Choura ».

Prédisant que « le gouvernement actuel ne tardera pas » à s’effondrer, Netanyahu a appelé les membres de la coalition de droite à rejoindre le Likud pour former un nouveau gouvernement nationaliste.

Le parti Likud de Netanyahu a réagi à la déclaration de Raam en expliquant que « pour ne pas perdre son poste, Bennett continuait de vendre le pays au Conseil de la Choura », une référence au Conseil de la Choura du Mouvement islamique, qui guide Raam et a été considéré comme un élément critique dans sa décision de suspendre puis de rétablir sa participation à la coalition.

Autoriser les constructions illégales est « la restitution finale du Neguev », a déclaré le Likud.

Le leader de l’opposition, chef du parti Likud, Benjamin Netanyahu, lors de l’ouverture de la session d’été de la Knesset à Jérusalem, le 9 mai 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le parti Sionisme religieux, parti d’extrême droite, a déclaré dans un communiqué que les dirigeants du parti Yamina de Bennett nétaient « qu’un groupe d’opportunistes imprudents qui avaient mis en vente l’état d’Israël au profit du parti islamiste au nom de leur propre survie politique. »

Le député du parti Sionisme religieux Itamar Ben Gvir a déclaré que Bennett « humilie l’État, ses citoyens et ses symboles, et vend le sud, suite aux extorsions et aux menaces des Frères musulmans auxquels il s’est soumis ».

L’année dernière, le leader du Raam, le député Mansour Abbas, avait fait le choix sans précédent pour un parti arabe islamiste et indépendant de joindre une coalition israélienne, acceptant de mettre de côté la cause nationale palestinienne pour se concentrer sur les acquis civils de la société arabe israélienne.

En rejoignant la coalition, le Raam avait fait de l’amélioration de la situation des villages du Neguev, principalement bédouins et non reconnus, un élément central de ses revendications.

Conformément à une décision de son conseil de la Choura, le Raam avait annoncé le « gel » de son adhésion à la coalition il y a quatre semaines, en raison du mécontentement suscité par la gestion israélienne des affrontements entre la police et les manifestants palestiniens sur le mont du Temple. Après avoir mis fin à ce gel la semaine dernière, les partis d’opposition ont retiré leur vote pour dissoudre la Knesset.

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