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Rabbins, commandants défendent un officier condamné pour le viol d’une septuagénaire

Les dossiers du tribunal révèlent le soutien à l'officier Priel Klimi ; un rabbin émet des doutes sur sa culpabilité, affirmant qu'il a résisté à de "plus grandes tentations"

Priel Klimi devant le tribunal militaire, le 13 avril 2022 (Crédit : Capture d'écran/Walla)
Priel Klimi devant le tribunal militaire, le 13 avril 2022 (Crédit : Capture d'écran/Walla)

Des officiers supérieurs de l’armée et d’éminents rabbins se sont mobilisés pour défendre un officier de la marine israélienne qui a été condamné à sept ans de prison pour avoir violé une femme de ménage de 70 ans sur la base où il servait, a rapporté mercredi le site d’information Ynet.

Priel Klimi, 33 ans, père de cinq enfants et titulaire du grade de major, a été arrêté en janvier 2020 et condamné au début de l’année pour avoir violé l’employée à quatre reprises. Ses avocats avaient initialement demandé au tribunal d’empêcher la publication de son nom parce qu’il venait d’une « communauté haredi fermée » et que cela pourrait avoir un impact négatif sur sa famille. Le tribunal a rejeté cette demande.

Bien qu’il ait dans un premier temps nié les allégations, Klimi a par la suite affirmé que la relation sexuelle avec sa victime était consensuelle, mais seulement après la confirmation que les échantillons d’ADN correspondaient bien aux preuves trouvées sur les lieux.

Klimi a été condamné la semaine dernière à sept ans de prison par un tribunal militaire. L’accusation demandait une peine de dix ans.

Le coupable a été renvoyé de Tsahal et rétrogradé au rang de simple soldat.

La sentence a été prononcée après des mois d’audiences, au cours desquelles un certain nombre de témoins ayant connu Klimi ont été invités à témoigner de son caractère, y compris plusieurs rabbins et officiers de Tsahal, selon Ynet, qui a publié les témoignages du procès.

Priel Klimi arrive au tribunal militaire en juillet 2022 (Crédit : Capture d’écran/Ynet)

Le rabbin Chaim Shlomo Diskin, grand rabbin de Kiryat Ata, a déclaré à la cour qu’il connaissait Klimi depuis plusieurs années et a fait l’éloge de l’ancien officier pendant son procès et après sa condamnation.

« Il a un cœur en or », a déclaré Diskin. « J’ai toujours été impressionné par lui. » « Je ne sais pas ce qui s’est passé, mais je dirai que même s’il a dérapé, il reste une bonne personne », a déclaré Diskin. « Sa famille est misérable. Il avait beaucoup de succès dans l’armée et se retrouve maintenant sans rien… Nous pensons que chaque personne possède des pulsions mauvaises et qu’il ne s’agit pas [nécessairement] d’un [délit] en série. »

Le procureur militaire a contesté le rabbin, selon Ynet, notant que quatre viols distincts ne constituaient pas une erreur de jugement unique.

« Vous avez raison », a répondu Diskin. « Mais je crois que chaque personne est née avec des pulsions. Nous sommes tous humains… Nous ne savons pas ce qui se passe dans l’âme. Les choses peuvent s’accumuler. Je ne suis pas sûr de ce qui s’est passé là-bas. »

Le rabbin Chaim Shlomo Diskin (L) rencontre Aryeh Deri lors de sa visite à Kiryat Ata le 7 février 2017 (Crédit : Yaacov Cohen/Flash90).

Un lieutenant-colonel à la retraite anonyme qui a été le commandant de Klimi pendant plus de dix ans a déclaré que le violeur condamné était quelqu’un de « professionnel et réfléchi. » « Il s’est distingué de manière positive, c’est pourquoi il a été envoyé au cours pour officiers de Tsahal », a déclaré l’officier.

Interrogé par l’accusation sur ce qu’il pensait de la condamnation de Klimi, l’officier a répondu qu’il était « triste de l’apprendre », ajoutant « qu’aujourd’hui, en tant que civil, je regarde les choses avec indulgence. Tout le monde peut faire une erreur ».

Un autre ancien officier de la marine a déclaré qu’elle connaissait Klimi comme « une personne tranquille avec une forte éthique de travail. Il était toujours le premier à arriver au bureau et le dernier à partir, une personne polie et de bon cœur. »

Le rabbin David Vaknin, un grand rabbin Habad du nord d’Israël, a suggéré qu’il était peu probable que Klimi ait perpétré une agression sexuelle contre la victime en raison de l’âge de celle-ci, qu’il a accusée d’avoir des arrière-pensées. « Nous parlons d’une femme de 70 ans. [Klimi] a été sujet à des tentations plus grandes et n’a pas cédé, mais lui a cédé à elle ? » a dit Vaknin. Il a accusé la victime d’avoir un plan ou un agenda bien précis que vous [les juges] aidez involontairement à réaliser », et a suggéré qu’elle voulait « une grosse pension ».

Tami Ulman, l’avocate qui représentait Klimi, a déclaré pendant les délibérations du tribunal que son client « respecte la condamnation mais clame son innocence et n’exprime donc pas de remords et n’avoue pas les allégations ».

Elle a accusé l’accusation « d’intimider » les commandants de Klimi qui sont venus témoigner au procès.

Tsahal a déclaré la semaine dernière, après la condamnation de Klimi, que le parquet militaire étudierait l’affaire et envisagerait de faire appel au verdict.

L’armée a été critiquée pour sa gestion d’allégations d’agression sexuelle. Dans une affaire en cours devant un tribunal militaire, le lieutenant-colonel Dan Sharoni a pu obtenir une négociation de peine le mois dernier après avoir été inculpé de 79 chefs d’accusation de crimes sexuels pour avoir filmé des dizaines de ses subordonnées féminines alors qu’elles étaient nues, à leur insu. Cet accord, qui prévoyait initialement qu’il conserve sa pension militaire, a déclenché une polémique sur cette affaire et sur la manière dont Tsahal traite les abus sexuels.

La semaine dernière, une ancienne soldate de Tsahal a déclaré avoir été violée et abusée sexuellement à plusieurs reprises, avec la pleine coopération de son commandant, par un prisonnier sécuritaire palestinien alors qu’elle servait dans la prison de Gilboa.

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