« Racisme » : Otzma Yehudit va déposer un recours contre Lapid
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« Racisme » : Otzma Yehudit va déposer un recours contre Lapid

Le numéro 2 de Kakhol lavan a déclaré que c'était un "honneur" pour lui que des soutiens du terroriste juif Baruch Goldstein cherchent à le disqualifier

Yair Lapid, le chef du parti Yesh Atid, lors d'une réunion du parti à la Knesset, le 11 décembre 2017. (Yonatan Sindel/Flash90)
Yair Lapid, le chef du parti Yesh Atid, lors d'une réunion du parti à la Knesset, le 11 décembre 2017. (Yonatan Sindel/Flash90)

Mercredi, le parti d’extrême droite Otzma Yehudit a annoncé qu’il allait déposer un recours devant la commission centrale électorale pour disqualifier Yair Lapid, numéro 2 du parti Kakhol lavan, des élections de septembre à cause de ses commentaires sur la communauté ultra-orthodoxe.

Selon la demande de disqualification, les commentaires et les actions de Lapid vis-à-vis de la communauté ultra-orthodoxe enfreindraient la définition du code pénal du racisme.

Lundi, la communauté haredi et le Premier ministre Benjamin Netanyahu ont exprimé leur indignation après que Lapid a tweeté une vidéo satirique de campagne présentant des politiciens ultra-orthodoxes comme étant cupides et corrompus, exigeant d’importantes sommes d’argent en échange de leur loyauté envers Netanyahu. Le Premier ministre a accusé Lapid d’ »antisémitisme » à cause de la vidéo.

La vidéo, qui se moque du parti du Likud pour avoir forcé ses candidats aux prochaines élections à signer une promesse de loyauté, présente un groupe fictif de chat sur le service de messagerie WhatsApp dans lequel on demande à des dirigeants de plusieurs petits partis de promettre de soutenir la candidature de « Benjamin Netanyahu, le premier de son nom, messager de Dieu, chef de la droite et père des dragons ».

Lapid a répondu à l’annonce d’Otzmah Yehudit en déclarant que des « partisans du tueur Baruch Goldstein veulent m’empêcher de me présenter aux élections ‘à cause de racisme’. C’est un honneur pour moi. Je n’ai pas reçu un tel soutien depuis longtemps ».

Itamar Ben Gvir, le chef du parti Otzma Yehudit, a été sous le feu des critiques parce qu’il a une photo de Baruch Goldstein dans son bureau. Goldstein est un terroriste juif qui a massacré 29 Palestiniens et en a blessés 125 autres à Hébron en 1994.

Itamar Ben Gvir d’Otzma Yehudit parle aux journalistes avant le dépôt de sa liste pour les élections à la Knesset auprès de la commission centrale électorale, le 1er août 2019 (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)

Le parti du Likud cherche à négocier un accord entre tous les partis politiques pour ne pas déposer de recours contre des candidats individuels aux prochaines élections de la Knesset, une initiative critiquée par le parti Kakhol lavan comme une tentative de protéger le parti d’extrême droite Otzmah Yehudit.

Plus tôt cette année, la Cour suprême a empêché l’ancien chef du parti Otzma Yehudit, Michael Ben Ari, de se présenter aux élections d’avril, statuant que l’autoriser à faire campagne pour obtenir un siège à la Knesset reviendrait à légitimer l’idéologie anti-arabe et constituerait de l’incitation au racisme. Cette décision est intervenue après que la commission centrale électorale, qui est composée des partis de la Knesset sortante et d’un juge de la Cour suprême, avait approuvé de justesse la candidature de Ben Ari. Il s’agissait de la première fois dans l’histoire d’Israël qu’un individu, et non pas un parti, avait été empêché de se présenter à la Knesset.

Concernant Ben Gvir, qui a remplacé Ben Ari comme chef du parti, les juges n’avaient alors pas assez d’éléments tangibles pour l’empêcher de se présenter.

La commission centrale électorale a disqualifié, à plusieurs reprises, le parti nationaliste arabe Balad – appartenant désormais dans la Liste arabe unie – mais aussi des membres d’autres partis arabes, accusés d’incitation à la haine, même si la Cour suprême a ensuite approuvé leur candidature.

Les membres du parti Otzma Yehudit Michael Ben Ari, à gauche, et Itamar Ben Gvir, à droite, pendant une conférence de presse en réponse à la décision de la haute cour de rejeter la candidature de Ben Ari lors des prochaines élections à la Knesset à Jérusalem, le 17 mars 2019 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Lundi, David Bitan, député du Likud et allié fidèle de Netanyahu, a déclaré à la chaîne publique Kan qu’il essayait d’obtenir un large consensus sur le fait que les partis s’abstiendraient de déposer de tels recours avant les élections de septembre.

Selon lui, puisque les dernières élections d’avril étaient très récentes et que la Cour suprême avait déjà statué ces questions, il n’y avait pas besoin de repasser par une telle procédure.

Bitan a dit qu’alors que plusieurs partis étaient d’accord, si l’un d’eux refusait et essayait de disqualifier un candidat, le Likud déposerait aussi des recours.

Le co-président de Kakhol lavan, Yair Lapid, à la session d’ouverture de la nouvelle Knesset, le 30 avril 2019. (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)

L’initiative semble pourtant vouée à l’échec dès le départ, puisque Lapid a immédiatement déclaré à Kan qu’il allait la torpiller, affirmant qu’il s’agissait surtout de protéger Otzma Yehudit. Netanyahu a personnellement fait pression sur le parti pour associer ses forces avec d’autres partis religieux de droite.

Si cela a fonctionné pour les élections d’avril, quand Otzma Yehudit a fait partie de l’Union des partis de droite, cette fois-ci, les négociations ont échoué malgré les efforts du Premier ministre. Otzma va se présenter seul, avec peu de chance de dépasser le seuil électoral de 3,25 % et d’entrer au Parlement.

« C’est tout simplement une tentative pour légitimer le gang de partisans de Baruch Goldstein qu’ils essaient de faire entrer à la Knesset et au gouvernement, a déclaré Lapid. Ce groupe et le groupe de Balad ne devraient pas entrer à la Knesset ».

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