Ramat Gan approuve la circulation des transports publics à Shabbat
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Ramat Gan approuve la circulation des transports publics à Shabbat

Furieux, le parti YaHadout HaTorah a déclaré qu'il allait passer à l'action contre la "décision scandaleuse" de faire circuler des lignes de bus lors de la journée de repos juive

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Le centre de Ramat Gan (Crédit : Maya Levin/Flash90)
Le centre de Ramat Gan (Crédit : Maya Levin/Flash90)

La municipalité de Ramat Gan, dans le centre d’Israël, a approuvé mardi le fonctionnement des transports publics le samedi, s’attirant les condamnations des responsables politiques ultra-orthodoxes qui ont fustigé ce qu’ils considèrent comme une profanation du Shabbat, la journée de repos juive.

Cette décision a été prise alors que la question de la liberté religieuse est devenue un point central du discours public en amont des élections législatives prévues le 17 septembre prochain.

Le conseil municipal a approuvé la mesure à 15 voix contre six après un débat animé.

« L’administration de la ville va immédiatement entrer en liaison avec un opérateur et diffusera rapidement les parcours et horaires de fonctionnement des bus », a commenté le maire Carmel Shama-Hacohen à l’issue du vote.

« Nous nous sommes querellés, mais nous sommes tous des frères qui nous aimons et nous respectons les uns les autres. Les Juifs dépendent, avant tout, de leur unité », a-t-il ajouté.

Carmel Shama-Hacohen, maire de Ramat Gan, lors d’une convention des maires et des chefs de conseils locaux nouvellement élus à Ashkelon, le 27 novembre 2018 (Crédit : Flash90)

Le plan prévoit des navettes pour se rendre aux plages de Tel Aviv, ville située à proximité, ainsi que vers d’autres zones de loisirs. Les deux parcours prévus utiliseront des arrêts de bus préexistants et ne traverseront pas les quartiers dotés d’une importante population religieuse.

Le maire a averti que si les lignes étaient peu fréquentées, elles seraient fermées.

Le parti ultra-orthodoxe YaHadout HaTorah, dirigé par le ministre de la Santé, Yaakov Litzman, a rapidement condamné la décision, disant qu’elle franchissait « une ligne rouge », et a juré de passer à l’action pour la faire annuler.

Carmel Shama-Hacohen « sert des intérêts égoïstes, il veut rafler les gros titres des journaux et ce faisant, il souille la ville de Ramat Gan par la destruction des valeurs religieuses et du caractère sacré de la journée du Shabbat », a fait savoir YaHadout HaTorah dans un communiqué. « Ce type d’initiative cousue de fil blanc coûtera cher politiquement à Carmel Shama-Hacohen. »

« YaHadout HaTorah proteste contre cette décision scandaleuse », a continué le communiqué. « Le parti ne détournera pas le regard et agira aux côtés d’avocats et de juristes pour empêcher la mise en œuvre de cette décision, qui porte préjudice au Shabbat et au statu-quo ».

Le vice-ministre de la Santé Yaakov Litzman arrive à la réunion hebdomadaire du cabinet au bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 3 juin 2018. (Marc Israel Sellem/POOL)

Le numéro deux de Kakhol lavan, Yair Lapid, a salué la décision prise par la municipalité, écrivant sur Twitter « qu’Israël doit être libre et respecter tous les individus, quels que soient leurs modes de vie ou leurs coutumes ».

Le député Avigdor Liberman, à la tête du parti Yisrael Beytenu, qui s’est positionné comme défenseur de la laïcité, s’est également félicité, écrivant sur Twitter que la décision avait été prise « de manière proportionnée et avec réflexion ».

« J’espère que d’autres municipalités iront elles aussi dans cette direction », a-t-il ajouté.

La question du fonctionnement des services lors du Shabbat – comme les transports publics et les petits commerces – est depuis longtemps une source de division en Israël entre les communautés laïque et religieuse. Les transports publics ne circulent pas et les entreprises sont fermées le samedi dans la plupart des municipalités.

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