Rand Paul/Fin de l’aide militaire à Israël : on ne peut pas aider indéfiniment
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Rand Paul/Fin de l’aide militaire à Israël : on ne peut pas aider indéfiniment

Le républicain du Kentucky, qui bloque un enveloppe d'aide à la défense de 38 milliards de dollars, a affirmé qu’il introduirait rapidement un amendement

Le sénateur républicain du Kentucky Rand Paul, s'adresse à la Commission des Affaires étrangères au Capitole le 23 avril 2018. (Crédit : Alex Wong/Getty Images, via JTA)
Le sénateur républicain du Kentucky Rand Paul, s'adresse à la Commission des Affaires étrangères au Capitole le 23 avril 2018. (Crédit : Alex Wong/Getty Images, via JTA)

WASHINGTON (JTA) — Le sénateur Rand Paul a reconnu qu’il avait bloqué une loi de financement majeur pour Israël, affirmant qu’il voulait limiter dans le temps l’aide pour l’état juif.

Le républicain du Kentucky a également dit qu’il voulait limiter les aides aux pays hostiles aux Etats-Unis.

« Je ne suis pas en faveur d’une aide vers l’étranger en général, mais si nous envoyons cette aide vers Israël, son temps et sa portée doivent être limités dans le temps et l’ampleur afin de ne pas aider pour toujours. Cette aide devrait être compensée par des coupes dans l’aide aux pays qui détestent Israël et l’Amérique », a déclaré le bureau de Paul dans un communiqué.

Paul a dit qu’il a prévu d’introduire un amendement à l’Acte d’Autorisation d’Assistance sécuritaire Etats-Unis-Israël de 2018, dans les prochains jours. La loi prévoit une enveloppe d’aide en défense de 38 milliards de dollars pour Israël sur les 10 prochaines années. Il avait été négocié dans les derniers jours de l’administration Obama.

Le journal Washington Fre Beacon a été le premier à annoncer a la décision de blocage de Paul. Le blocage – hold – une procédure parlementaire qui permet aux sénateurs d’empêcher une motion d’arriver à l’étape du vote, et cette procédure est généralement anonyme. Le blocage a rencontré l’opposition vigoureuse des groupes pro-Israël, y compris du Comité des Affaires publiques américano-israélien et les Chrétiens unis pour Israël (CUPI), à travers des publicités en ligne et des demandes d’action au membre. Le CUPI a spécialement visé Paul au Kentucky, avec des messages publiés dans les journaux.

Dans son communiqué, Paul a critiqué l’AIPAC et d’autres groupes pro-Israël pour ne pas avoir répondu à ses demandes.

« Chaque fois que j’ai essayé d’arrêter de donner de l’aide aux ennemis des Etats-Unis et d’Israël, j’en ai été empêché, souvent par des groupes affirmant être pro-Israël, a-t-il déclaré. Pourquoi des groupes qui se déclarent comme étant pro-Israël s’opposeraient-ils à ma loi pour mettre un terme à l’aide allouée à l’Organisation de Libération de Palestine ? Peut-être parce qu’ils ont peur de tout débat sur l’aide à l’étranger en général ne menace d’un débat plus large pour savoir si nous devrions emprunter de l’argent à d’autres pays simplement pour envoyer de l’argent vers d’autres pays ».

L’AIPAC s’est déjà opposé aux coupes budgétaires radicales aux Palestiniens, relayant les points de vue de responsables israéliens de la sécurité qui affirment que l’aide financière contribue à la stabilité dans la région. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a récemment soutenu les coupes budgétaires décidées par le Président Donald Trump dans ses aide aux Palestiniens. On ne sait pas précisément si l’AIPAC est d’accord avec ces restrictions ou non.

L’AIPAC soutient fermement l’aide à l’étranger en général, ce que Paul critique. Le lobby considère que l’assistance à l’étranger est fondamentale parce qu’elle renforce l’influence américaine globalement et favorise le soutien d’Israël à l’étranger. Faire d’Israël un cas spécial alors que d’autres pays sont négligés n’aiderait pas Israël.

Interrogé sur les demandes de Paul, le porte-parole de l’AIPAC, Marshall Wittman, a seulement répondu : « Nous pensons qu’il est fondamental que le Congrès adopte cette loi avant d’être ajourné, étant donné les menaces croissantes à la sécurité d’Israël de la part de l’Iran, le Hezbollah et le Hamas ».

Le CUPI a noté dans son communiqué qu’il avait soutenu les coupes dans les aides aux Palestiniens, et a déclaré que les discussions sur ces coupes n’étaient pas pertinentes dans la question de l’aide à Israël.

« La décision du sénateur Paul de bloquer la loi ne rend pas l’Amérique plus sure et ne permet pas d’assurer que les dollars du contribuable soient utilisés de la manière la plus efficace, bien au contraire », a déclaré Sandra Parker, la Président du fond d’action CUPI. L’aide pour Israël fournit aux Etats-Unis un extraordinaire retour sur investissement ».

Le sénat a adopté la loi début août et la Chambre des Représentants a poursuivi le processus le mois suivant. Maintenant, le sénat doit adopter une version finale qui soit en accord avec la loi votée dans la Chambre.

L’accord de 38 milliards de dollars négocié en 2016 est le plus généreux jamais offert à Israël. La loi permet aussi d’augmenter le stock d’armes que les Etats-Unis gardent en Israël, afin d’y avoir accès en temps de guerre. La loi permet aussi d’améliorer l’avantage militaire qualitatif d’Israël et favorise la coopération en terme de recherche spatiale entre Israël et les Etats-Unis.

Paul, un candidat à la présidentielle en 2016, s’est mis à dos les Républicains pro-Israël presque dès qu’il est devenu sénateur en 2011, quand il a repris l’appel de longue date de son père, déjà élu, à couper l’assistance de défense à Israël. Rand Paul avait ensuite fait machine arrière, déclarant qu’il considérait Israël comme un allié proche, et qu’il ne réduirait le montant de l’aide qu’une fois qu’il était clair que le pays était auto-suffisant dans ses besoins de défense.

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