Réactions après le meurtre de Mireille Knoll
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"L'antisémitisme tue"

Réactions après le meurtre de Mireille Knoll

De la famille, du voisin, au grand rabbin de France, en passant par les politiques de tout bord - tour d'horizon après la mort d'une rescapée de la Shoah retrouvée brûlée chez elle

Le parquet de Paris a retenu lundi le caractère antisémite dans l’enquête sur le meurtre d’une octogénaire à Paris, qui suscite de nouveau une forte émotion de la communauté juive un an après celui de Sarah Halimi. Et sans doute au-delà de la communauté juive de France.

« Il y a vingt ans, j’ai quitté Paris en sachant que ni mon avenir ni celui du peuple juif ne s’y trouvent », a écrit en hébreu Noa Goldfarb, la petite-fille de Mireille Knoll. Elle vit à Herzliya, à 10 km de Tel Aviv, sur Facebook, dans un post qui a été partagé à près de 1 200 reprises.

« Mais qui aurait cru que je laissais mes proches là où le terrorisme et la cruauté mèneraient à une telle tragédie ? Grand-mère a été poignardée à mort 11 fois par un voisin musulman qu’elle connaissait bien, qui a veillé à mettre le feu à sa maison et ne nous a laissé aucun objet, une lettre, une photo, pour se souvenir d’elle. Tout ce que nous avons, ce sont nos larmes et les uns les autres. »

« Ma mère acceptait tout le monde. Même le voisin qui l’a assassinée qu’elle connaît depuis qu’il avait sept ans. Quand il était enfant, il l’a aidée », a déclaré Daniel, le fils de Mireille Knoll, à la radio de l’armée.

« Au début, nous n’étions pas sûrs que le meurtre était dû à l’antisémitisme. Nous avons attendu que la police le dise, et maintenant nous connaissons la vérité », a-t-il dit.

« Jusqu’à présent, je n’ai pas ressenti d’antisémitisme en France. Bien sûr, il y avait des extrémistes musulmans dangereux, mais jusqu’à aujourd’hui, je ne me sentais pas en danger. Je travaille avec des gens de toutes les franges de la société française ; beaucoup ont peur des extrémistes musulmans, mais je ne le sentais pas jusqu’à présent. Même aujourd’hui, je n’ai pas peur. Certains sont sans éducation, idiots, mais il en existe partout dans le monde. »

« Ignoble », « abject », « abominable » : la classe politique a unanimement condamné le meurtre à caractère antisémite de Mireille Knoll, 85 ans, rescapée de la Shoah, plusieurs personnalités appelant à participer à la « marche blanche » organisée mercredi à 18h30 en sa mémoire par toutes les grandes organisations juives.

« Crime odieux » pour le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux, « acte de barbarie » pour le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb, « assassinat ignoble » selon le président des Républicains Laurent Wauquiez : les réactions dans la classe politique ont été nombreuses après ce nouveau meurtre.

« L’antisémitisme tue. Ne l’oublions jamais, » a rappelé le directeur de la Dilcrah, Frédéric Potier.

« Les juifs ne sont pas en sécurité en France », a dénoncé mardi Malek Boutih, ancien député PS et ex-président de SOS Racisme, alors que deux hommes ont été mis en examen pour « homicide volontaire » à caractère antisémite et écroués.

Exprimant son « émotion devant le crime épouvantable commis contre Mme Knoll », Emmanuel Macron a réaffirmé sa « détermination absolue à lutter contre l’antisémitisme ».

Christophe Castaner, délégué général de La République en marche, le parti présidentiel, a appelé les adhérents LREM à participer à la « marche blanche » organisée mercredi après-midi à Paris en hommage à l’octogénaire juive assassinée.

« Je pense que c’est aussi notre place, parce que jamais aucun geste antisémite ne peut être accepté », a-t-il dit sur France Inter.

« Pourrait on éviter, suite au meurtre abominable de Mireille Knoll, les commentaires disant que « l’émotion est grande dans la communauté juive »? J’ai l’impression -et j’espère vivement- que l’émotion est grande dans « toute la communauté française » !!! #MireilleKnoll », a écrit la journaliste Anne Sinclair.

La maire de Paris, Anne Hidalgo, a appelé « tous les élus de Paris, toutes les Parisiennes et tous les Parisiens, à participer mercredi à la marche blanche en hommage à #MireilleKnoll, Parisienne de 85 ans, rescapée de la Shoah, lâchement assassinée vendredi dernier. Rendez-vous à 18h30 place de la Nation. »

Le philosophe Raphael Enthoven a consacré une chronique lor sde son émission sur l’antisémitisme « Le fin mot » sur Europe 1

« Une horreur qui ne doit souffrir aucun silence. Nous lui devions protection. Nous avons échoué, » a écrit le philosophe juif français, Bernard-Henry Lévy.

« Levons-nous pour arrêter cette haine, » a écrit Manuel Valls sur Twitter.

« C’est la nausée, c’est l’horreur absolue », a jugé le chef de file des députés LREM Richard Ferrand sur BFMTV et RMC, tandis que le président de l’Assemblée nationale François de Rugy s’est dit « révolté » dans un tweet où il affirme sa « solidarité et (s)on soutien aux Juifs de France, encore attaqués dans notre pays ».

L’appel à participer à la marche blanche a également été relayé par la maire socialiste de Paris Anne Hidalgo, par le coordinateur du PS Rachid Temal ou encore par le PCF, qui a annoncé la participation de son secrétaire national Pierre Laurent. Le rendez-vous est fixé à 18H30 place de la Nation.

« L’affaire de tous les Français »

« Il faut qu’il y ait beaucoup de monde demain à la manifestation à Paris. Ça n’est pas l’affaire des juifs (…) ça n’est pas l’affaire des Français juifs, c’est l’affaire de tous les Français », a lancé l’ancien Premier ministre Manuel Valls sur franceinfo.

Pour Bernard Cazeneuve, son successeur à Matignon, « l’abject assassinat de Mireille #Knoll, qui avait échappé à la rafle du Vél d’Hiv, nous rappelle que la haine des juifs tue toujours en France ».

Le prochain premier secrétaire du PS Olivier Faure a dénoncé sur son compte Twitter un « meurtre d’une atrocité révoltante », « un crime contre la République ». « L’antisémitisme est une barbarie que nous devons combattre collectivement sans relâche », a-t-il dit.

« Assassinat abominable de Mireille Knoll, octogénaire sans défense, rescapée des camps nazis ! L’antisémitisme n’a pas de limite dans la lâcheté et la cruauté. Vigilance et solidarité. Prompt châtiment contre la main du meurtre ! », a tweeté de son côté le leader de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon.

« Bouleversés par cet acte antisémite abject, ignoble et inqualifiable », les radicaux ont appelé de leurs voeux une réponse « ferme et implacable de l’Etat ».

Laurent Wauquiez, président des Républicains, a condamné sur Twitter un « assassinat ignoble », appelant « chacun » à ouvrir « enfin les yeux sur le nouvel antisémitisme qui se développe dans notre pays ».

Dans un communiqué, la présidente du Front national Marine Le Pen ​a dénoncé un « acte barbare » qui « n’est pas sans rappeler l’assassinat de Sarah Halimi tuée en avril 2017 », appelant le gouvernement à mener « enfin le combat contre le fondamentalisme islamiste, ce qui implique de lutter contre le terrorisme qui est l’arme, mais également contre celui qui tient l’arme, c’est-à-dire l’idéologie ».

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