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Récit d’une Allemande ayant migré en Israël

Nicole Rabany est une ancienne citoyenne allemande qui a fait son alyah à Kfar Saba il y a 20 ans, après s’être convertie au judaïsme ; elle explique son quotidien au "Spiegel"

La ville de Kfar Saba, dans le centre d'Israël. Illustration (Crédit : Tomer Hu / Wikipédia / CC BY-SA 3.0)
La ville de Kfar Saba, dans le centre d'Israël. Illustration (Crédit : Tomer Hu / Wikipédia / CC BY-SA 3.0)

Nicole Rabany est une ancienne citoyenne allemande qui a fait son alyah à Kfar Saba il y a 20 ans, après s’être convertie au judaïsme. Elle exerce aujourd’hui en tant qu’enseignante spécialisée.

Pour le quotidien Der Spiegel – dans un article traduit ensuite en français par Courrier International –, elle est revenue sur son quotidien en Israël et les différences qu’elle a pu constater.

Se réjouissant de la proximité de tous les lieux d’intérêt, elle explique : « Tel Aviv n’est qu’à 15 kilomètres. Mais tout le reste aussi est proche. Le pays est petit. Pour aller sur les plages de la Méditerranée, on met vingt minutes en voiture. Pour partir en randonnée dans les montagnes de Haïfa, il faut une heure, et pour faire du camping au lac de Tibériade, deux heures. »

Il y a « plus de contacts entre les différentes religions que ne l’imaginent beaucoup d’Allemands » explique-t-elle, par exemple dans l’achat des provisions alimentaires. « Nous aimons bien aller faire nos courses au marché de Tira, une ville arabe du coin. Les gens de là-bas, eux, viennent faire leurs courses au supermarché de Kfar Saba. Je n’y vois aucun problème. »

Elle admet néanmoins que « le conflit entre Israéliens et Palestiniens se fait sentir dans la vie quotidienne » : « Toutes les maisons ont un bunker aménagé dans leur cave, explique-t-elle. Heureusement, nous vivons dans le centre d’Israël. Les roquettes lancées depuis la bande de Gaza arrivent rarement jusqu’à nous. Il y a une alerte une ou deux fois par an peut-être. Depuis le temps, je m’y suis habituée. » Elle dit aussi s’être habituée aux contrôles de sécurité aux entrées des commerces et devant les lieux fréquentés.

« Malheureusement, je crois qu’il y a peu de chances que les choses s’arrangent dans un avenir proche », regrette-t-elle.

Aujourd’hui, si elle estime avoir réussi son intégration, elle admet qu’elle a quand même gardé « un petit quelque chose du cliché allemand » – sa ponctualité, par exemple.

« Avec le temps, je me suis aperçue qu’ici les mentalités sont vraiment différentes des mentalités en Allemagne, estime Nicole. Pour moi, c’est la principale différence. »

« Les gens sont ouverts. Dans le bus ou le train, au bout de deux minutes, les gens discutent ensemble et partagent des choses à manger. Et puis, j’aime ce mélange de moderne, de religieux et d’oriental. » Pour tout cela, elle est fière de pouvoir dire : « Aujourd’hui, je me sens Israélienne. »

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