Reconfinement de la ville druze de Majdal Shams, dans le Golan
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Reconfinement de la ville druze de Majdal Shams, dans le Golan

Selon le ministère, la morbidité est dans le rouge depuis cinq jours ; les autorités craignent que les mariages soient la principale cause de propagation dans les villes arabes

Illustration : Une femme est en poste à un point de contrôle improvisé dans le village druze de Majdal Shams dans le plateau du Golan, le 9 avril 2020. (JALAA MAREY / AFP)
Illustration : Une femme est en poste à un point de contrôle improvisé dans le village druze de Majdal Shams dans le plateau du Golan, le 9 avril 2020. (JALAA MAREY / AFP)

Les ministres ont voté dimanche soir un confinement de cinq jours pour la ville druze de Majdal Shams, où le nombre de cas est monté en flèche ces derniers jours.

Le cabinet chargé de la lutte contre le contre le coronavirus a décidé que cette mesure entrera en vigueur lundi soir à 21 heures et se prolongera jusqu »à samedi soir. En plus de la fermeture de la quasi-totalité des commerces, les entrées et sorties de la ville sont prohibées.

La ville, qui compte 11 000 habitants, est juchée sur la vallée du mont Hermon, sur le plateau du Golan. Selon les chiffres officiels, elle a enregistré 42 nouveaux cas la semaine dernière, ce qui fait d’elle la ville avec le plus haut de taux de contamination par habitant du pays.

Ce confinement localisé est le premier depuis qu’Israël a levé les restrictions sur les zones dites « rouges » dans toutes les zones, à l’exception d’un quartier de Jérusalem, dans le cadre du plan en étape, dans le cadre duquel les zones sont classées en fonction de leur taux de morbidité et reçoivent une désignation par code couleur. Dans le cadre de ce plan, les zones rouges, qui présentent les taux d’infection les plus élevés, doivent être verrouillées et les activités y sont fortement restreintes.

« Ceci est en accord avec les données de morbidité dans la localité : pendant cinq jours, la localité a passé un score de 8 dans l’indice dudit système des ‘feux de circulation’, et afin de faire face à l’augmentation des données de morbidité », a déclaré le ministère de la Santé lundi dans un communiqué.

La ville a enregistré 270 cas confirmés depuis le début de l’épidémie, dont 65 cas sont actuellement actifs. À l’échelle nationale, on compte 13 911 cas actifs sur plus de 310 000 depuis le début de l’épidémie.

Ronni Gamzu, chargé de la lutte contre la pandémie, a recommandé le bouclage de Majdal Shams, avertissant le cabinet d’une nouvelle recrudescence des infections dans les villes arabes et soulignant que les mariages illégaux de masse étaient une préoccupation majeure.

Le maire du Majdal Sham, Dolan Abu-Salah. (Capture d’écran Douzième chaîne)

Lors de ce types d’évènements, des centaines de personnes sont réunies, sans tenir compte de la distanciation sociale ou d’autres directives du ministère de la Santé pour empêcher la propagation du virus. Il ont été considérés comme un facteur majeur de la montée en flèche des taux d’infection dans les villes arabes le mois dernier. Les taux d’infection dans les zones arabes ont fortement chuté une fois que les fonctionnaires municipaux et autres ont réprimé les mariages.

Le maire de Majdal Shams, Dolan Abu-Salah, a déclaré dimanche à la Douzième chaîne que la ville était déjà en train de travailler sur le déconfinement.

« Majdal Shams a subi un processus très, très, très sérieux en ce qui concerne le contrôle de la morbidité », a-t-il déclaré.

Gamzu a déclaré que les taux d’infection étaient en baisse chez les ultra-orthodoxes et en hausse dans les communautés arabes, mais que les taux de dépistage avaient chuté dans les deux groupes.

Ronni Gamzu, responsable de la lutte contre le coronavirus, lors d’une visite à la mairie de Jérusalem, le 13 octobre 2020. (Yonatan Sindel/Flash90)

« Il y a probablement des dizaines de mariages par jour dans la communauté arabe. Sakhnin et Umm al-Fahm risquent de devenir des villes ‘rouges’ », a déclaré M. Gamzu, selon le radiodiffuseur public Kan.

Les responsables municipaux des villes arabes israéliennes affirment qu’ils ont déjà épuisé toutes leurs ressources financières et que, sans fonds du gouvernement, ils ne pourront pas faire face à l’épidémie de virus.

Le maire d’Umm al-Fahm, Samir Mahamid, dont la ville arabe israélienne du district de Haïfa a également vu les taux d’infection augmenter, a déclaré que « la question des mariages est vraiment préoccupante, et j’espère qu’elle ne reviendra pas ».

« Nous constatons à nouveau une légère augmentation du nombre de patients », a déclaré Mahamid à la Douzième chaîne. « Sans budget et sans ressources, la municipalité ne peut pas s’occuper des mariages ni aider à les faire respecter. Afin d’empêcher les mariages, l’État doit se mobiliser. »

Le quartier juif ultra-orthodoxe de Ramat Shlomo à Jérusalem est également considéré comme une zone rouge et fait toujours l’objet de restrictions accrues en matière de confinement.

La police à un barrage temporaire installé à l’entrée du quartier de Ramat Shlomo à Jérusalem afin de prévenir la propagation du coronavirus, le 18 octobre 2020. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le haut cabinet chargé de la lutte contre le coronavirus a voté dimanche la réouverture des écoles pour les classes du CP au CM1 au début de la semaine prochaine, si les taux de morbidité restent bas. L’ouverture des commerces est à l’ordre du jour de la réunion du cabinet de ce lundi.

Les écoles sont fermées depuis le 18 septembre, date à laquelle un dispositif national de confinement est entré en vigueur pour faire baisser les taux d’infection. Les établissements d’accueil de la petite enfance ont été autorisés à rouvrir la semaine dernière. La violence de la seconde vague de l’épidémie, quelques semaines après la rentrée scolaire, a été attribuée à la reprise des cours, le 1er septembre.

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