Réforme des prisons : un panel recommande « l’incarcération » à domicile
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Réforme des prisons : un panel recommande « l’incarcération » à domicile

L'équipe interministérielle suggère la "détention dans la communauté" pour les peines plus courtes, ainsi que le renforcement des programmes de réhabilitation pour les prisonniers

Illustration : Les autorités pénitentiaires israéliennes, la prison de Gilboa, le 28 février 2013. (Crédit : Moshe Shai/FLASH90/File)
Illustration : Les autorités pénitentiaires israéliennes, la prison de Gilboa, le 28 février 2013. (Crédit : Moshe Shai/FLASH90/File)

Un groupe interministériel chargé de trouver des formes de correction alternatives au maintien des délinquants en prison, dans le cadre d’une réforme du système d’incarcération, a présenté ses conclusions dimanche au ministre de la Justice, Gideon Saar.

Entre autres recommandations, le groupe a suggéré l’introduction de la « détention dans la communauté », qui permettrait à certains délinquants de purger leur peine en restant principalement confinés chez eux et en utilisant des moyens électroniques pour s’assurer qu’ils restent à l’intérieur.

L’incarcération à domicile serait utilisée dans certains cas au lieu de peines de prison pouvant aller jusqu’à un an environ. Les délinquants seraient tenus de participer à des programmes de réadaptation, à des travaux d’intérêt général, voire à un travail régulier, si le tribunal l’approuve.

Le procureur général adjoint Amit Marari, qui a dirigé le groupe, a déclaré dans un communiqué qu’il espérait que le rapport permettrait au gouvernement « d’ouvrir la voie à la création de solutions plus appropriées et adaptées pour la réhabilitation et l’intégration des prévenus dans la société ».

Un tel processus relève de « l’intérêt national », a-t-il ajouté.

Le groupe interministériel a également recommandé d’améliorer la communication entre les différents organismes qui fournissent des traitements de réadaptation. Il a appelé à la mise en place d’un programme pilote visant à créer des forums dans les prisons, chargés de préparer les détenus à leur libération afin de leur permettre de mieux se réinsérer dans la société. Il a également proposé de développer l’utilisation des sites de transit, qui utilisent un format d’incarcération plus flexible, avant la libération des prisonniers, ainsi que l’expansion des foyers pour les personnes en liberté conditionnelle.

Le panel a soutenu la promotion des programmes de justice réparatrice qui visent à faire prendre conscience aux délinquants du préjudice causé par un crime et à les responsabiliser, parfois par le biais de rencontres entre les délinquants et leurs victimes. Il a également appelé à trouver des alternatives à la prison, après l’inculpation, pour les personnes souffrant d’un handicap, de troubles de la personnalité et du comportement ou d’autres problèmes de santé mentale, car ces accusés ne rentrent pas dans les cadres existants.

Le panel a été formé en 2016, dans le cadre d’un processus visant à mettre en œuvre les recommandations d’un comité sur la politique des peines présidé par Dalia Dorner, juge de la Cour suprême à la retraite, et, paradoxalement, mis en place à la suite de plaintes du public selon lesquelles les peines étaient trop légères.

Après quatre ans de travail, la commission Dorner a conclu en 2015 que les peines de prison sévères non seulement ne dissuadaient pas les criminels, mais augmentaient en fait la récidive, et a constaté que la réinsertion en dehors de la prison était moins coûteuse et plus efficace.

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