Refoulements: le Conseil de l’Europe s’interroge sur l’implication de Frontex
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Refoulements: le Conseil de l’Europe s’interroge sur l’implication de Frontex

Le Comité anti-torture s'est dit "inquiet des actes commis par les garde-côtes grecs pour empêcher les bateaux transportant des migrants d'atteindre les îles grecques"

Des réfugiés et migrants attendent d'embarquer sur l'île de Lesbos, le 2 septembre 2019. (Crédit : STRINGER / AFP)
Des réfugiés et migrants attendent d'embarquer sur l'île de Lesbos, le 2 septembre 2019. (Crédit : STRINGER / AFP)

Le Comité anti-torture du Conseil de l’Europe (CPT) a demandé jeudi à la Grèce « d’agir pour empêcher les refoulements » présumés de migrants, s’interrogeant sur « le rôle et l’implication » de l’agence de surveillance des frontières européennes (Frontex) « dans de telles opérations ».

La Grèce, une des principales portes d’entrée des demandeurs d’asile en Europe, reçoit l’aide de Frontex en mer Egée mais aussi à sa frontière terrestre avec la Turquie.

Le CPT a indiqué dans un rapport « avoir de nouveau reçu des allégations cohérentes et crédibles de migrants repoussés vers la Turquie par la frontière » terrestre gréco-turque, le long du fleuve Evros.

Il s’est également dit « inquiet des actes commis par les garde-côtes grecs pour empêcher les bateaux transportant des migrants d’atteindre les îles grecques » et « s’interroge sur le rôle et l’implication de Frontex dans de telles opérations ».

Le Haut-commissariat des réfugiés (HCR), l’Union européenne (UE) et de nombreuses ONG ont demandé ces derniers mois à Athènes d’enquêter sur des refoulements présumés, mais les autorités grecques démentent ces allégations.

Des enfants derrière une clôture, dans le camp pour migrants de Moria, transformé par la police en centre de détention, à Mytilene, sur l’île de Lesbos, en Grèce, le 3 avril 2016. (Crédit : Aris Messinis/AFP)

Le CPT explique avoir reçu une réponse de la police grecque indiquant que « la pratique alléguée de refoulement à la frontière était sans fondement et totalement erronée ».

A la suite de la multiplication des témoignages parus dans des médias et communiqués d’ONG, l’UE a tenu la semaine dernière une réunion extraordinaire du conseil d’administration de Frontex, regroupant des représentants des Etats membres et deux membres de la Commission européenne.

La Commission a demandé au directeur exécutif de Frontex, Fabrice Leggeri, de répondre à des questions avant la prochaine réunion du conseil d’administration prévue fin novembre.

Par ailleurs, le CPT a exhorté « la Grèce à réformer son système de détention des migrants », surtout dans la région frontalière d’Evros et au camp de l’île de Samos en Egée, subissant une « surpopulation extrême ».

« Les migrants sont détenus dans des centres de détention composés de grandes cellules à barreaux remplies de lits, mal éclairées et mal ventilées, de toilettes et de salles d’eau délabrées et cassées, de produits d’hygiène personnelle et d’équipements de nettoyage insuffisants, d’une alimentation inadéquate (…) », explique ce rapport.

Le CPT fustige « les conditions épouvantables sans aucun soutien approprié » de détention des familles avec enfants ou des enfants non accompagnés.

Le ministre des Migrations Notis Mitarachi a promis mercredi qu’une nouvelle loi « mettrait fin à la détention des enfants non accompagnés dans les commissariats », et que leur protection serait assurée « par un mécanisme » développé conjointement par l’Etat et le HCR.

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