Rejet du recours d’un ancien comptable d’Auschwitz contre son incarcération
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Rejet du recours d’un ancien comptable d’Auschwitz contre son incarcération

"Le plaignant a été condamné pour complicité de meurtre dans 300 000 cas ce qui donne un poids tout particulier à l'exécution de la sanction", a déclaré la juridiction

Photo datant du 1 juillet 2015 du comptable et ancien SS  Oskar Groening, au tribunal de Lueneburg, en Allemagne, avant son procès. (Crédit : AFP PHOTO / RONNY HARTMANN)
Photo datant du 1 juillet 2015 du comptable et ancien SS Oskar Groening, au tribunal de Lueneburg, en Allemagne, avant son procès. (Crédit : AFP PHOTO / RONNY HARTMANN)

La Cour constitutionnelle allemande a annoncé vendredi le rejet du dernier recours de l’ancien SS et comptable d’Auschwitz Oskar Gröning, 96 ans, qui estimait que son état de santé ne lui permettait pas d’être incarcéré.

M. Gröning peut donc se voir signifier à tout moment son incarcération.

Condamné en 2015 à quatre ans de prison pour « complicité » dans le meurtre de 300 000 juifs, Gröning a été déclaré apte fin novembre à être incarcéré, ce qu’il contestait depuis au nom de son « droit fondamental à la vie ». Avec la décision de la plus haute juridiction allemande, plus rien ne s’oppose à son placement en détention.

La Cour a considéré qu’il n’y avait aucune raison de remettre en cause les expertises médicales sur son aptitude à la détention. Par ailleurs, « il faut aussi tenir compte du fait que le plaignant a été condamné pour complicité de meurtre dans 300 000 cas ce qui donne un poids tout particulier à l’exécution de la sanction », a affirmé la juridiction.

Lors de son procès, le vieil homme avait admis une « faute morale » et présenté à plusieurs reprises ses excuses. Mais sa défense avait plaidé l’acquittement, estimant qu’il n’avait apporté aucune « contribution » concrète à l’Holocauste.

Les charges retenues contre l’ancien SS reposaient sur deux points : on lui reprochait d’avoir soutenu économiquement le régime, en envoyant l’argent des déportés à Berlin, et d’avoir assisté par trois fois à la « sélection » séparant, à l’entrée du camp, les nouveaux arrivants jugés aptes au travail de ceux qui étaient immédiatement tués.

Il s’était défendu en assurant que son rôle consistait uniquement à éviter les vols dans les bagages des déportés, sans lien avec l’extermination, et en rappelant ses trois demandes infructueuses de transfert sur le front.

Bien avant d’être rattrapé par la justice, cet ancien engagé volontaire dans les Waffen SS avait raconté son séjour à Auschwitz, de 1942 à 1944, dans un mémoire pour ses proches puis dans de longues interviews destinées à « lutter contre le négationnisme ».

Sa condamnation s’inscrit dans le cadre d’une vague de procès tardifs du nazisme concernant des personnages de rangs secondaires.

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