Relaxe et deux condamnations confirmées en appel pour Alain Soral
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Relaxe et deux condamnations confirmées en appel pour Alain Soral

L'homme d'extrême droite a été rejugé dans trois affaires distinctes pour provocation à la haine raciale

Alain Soral. (Crédit : Archives INA via YouTube)
Alain Soral. (Crédit : Archives INA via YouTube)

La cour d’appel de Paris a confirmé mercredi une relaxe et deux condamnations à l’encontre de l’homme d’extrême droite Alain Soral, rejugé dans trois affaires distinctes pour provocation à la haine raciale.

Le premier dossier concerne un photomontage aux relents antisémites représentant notamment Emmanuel Macron, diffusé en février 2017 sur le site d’Alain Soral « Egalité et réconciliation ».

Sur cette image, on voit Emmanuel Macron bras levés devant un globe terrestre, un bras ceint d’un brassard d’allure nazie orné d’un dollar à la place d’une croix gammée. Le tout sur fond de drapeaux américain et israélien et de photos de Patrick Drahi, Jacob Rothschild et Jacques Attali, et barré du slogan « En marche vers le chaos mondial ».

Comme en première instance en mars 2018, les juges d’appel ont estimé que si ce photomontage pouvait « légitimement choquer », il n’apparaissait pas « suffisamment clair et univoque pour viser l’ensemble des Juifs en raison de leur origine ou de leur religion ».

La cour a par conséquent confirmé la relaxe d’Alain Soral, de son vrai nom Alain Bonnet, 60 ans.

Condamné à plusieurs reprises, notamment pour provocation à la haine raciale, il était rejugé pour deux dessins jugés antisémites également publiés sur son site, qui lui ont valu des condamnations à deux peines de quatre mois d’emprisonnement par le tribunal correctionnel de Paris en juin 2018.

La cour d’appel a confirmé une première peine avec sursis, mais sans l’assortir d’une amende, pour un dessin représentant quatre candidats à la présidentielle de 2017 en forme de pions, sur un échiquier dominé par les personnalités Bernard-Henri Lévy, Julien Dray et Jacques Attali, sur fond d’étoile de David.

Ce dessin « signifie, sans recul ni nuances, que l’ensemble de la communauté juive met en péril la démocratie », et constitue bien « une exhortation implicite à la haine, à la discrimination ou à la violence envers les juifs », a estimé la cour.

Une autre caricature publiée en juillet 2017 représentait diverses personnalités sous forme de cancrelats aux pattes crochues, parmi lesquelles de nouveau Jacques Attali, désigné « cancrelat en chef » et portant une étoile de David.

Ce dessin contient lui aussi « une exhortation » à la haine envers les juifs dans leur « ensemble », car « il invite sans conteste à éliminer ces insectes » nuisibles, ont relevé les juges, qui ont confirmé la condamnation à quatre mois avec sursis et 5 000 euros d’amende.

Pour ces deux dessins, l’essayiste devra verser des dommages et intérêts à des associations anti-racistes parties civiles.

Dans ses trois décisions, la cour d’appel a rappelé la jurisprudence récente de la Cour de cassation, qui estime que les propos incriminés doivent contenir « une exhortation explicite » ou « implicite » à la haine ou à la discrimination.

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