Rencontre avec la femme juive qui se prépare à vivre sur Mars
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Rencontre avec la femme juive qui se prépare à vivre sur Mars

Sheyna Gifford, doctoresse, journaliste scientifique, chercheuse en astrophysique et enthousiaste de l’espace, "se lance" aujourd’hui dans une simulation d’un séjour de 365 jours sur la planète rouge avec un dome géodésique financé par la NASA

L'habitat HI-SEAS à Hawaï, qui sera le foyer de Gifford et de cinq autres membres de l'équipage pour la prochaine année. (Crédit : HI-SEAS)
L'habitat HI-SEAS à Hawaï, qui sera le foyer de Gifford et de cinq autres membres de l'équipage pour la prochaine année. (Crédit : HI-SEAS)

SAN FRANCISCO — Le Dr. Sheyna Gifford, une doctoresse juive, journaliste scientifique et chercheuse en astrophysique et enthousiaste de l’espace, se prépare à vivre sur Mars.

Gifford, 36 ans, rejoindra les cinq autres membres de l’équipe dans un habitat financé par la NASA pour une mission spatiale de simulation d’un voyage vers Mars, qui a été lancée le vendredi 28 août. Dans les prochains 365 jours, elle et les autres seront isolés à l’intérieur d’un dôme géodésique de 11 mètres de diamètre.

Perchée sur une colline à 2 484 mètes au-dessus du niveau de la mer sur la grande île d’Hawaï, l’habitat de deux étages simule des missions spatiales pour aider à identifier les risques associés à l’exploration humaine à long terme dans l’espace.

La semaine dernière, Gifford était au Centre hospitalier de St Mary à San Francisco pour réaliser des vidéos d’entraînement pour des équipes non-médicales sur comment traiter les blessures.

Originaire de Los Angeles et ayant grandi à Berkeley en Californie, elle habite maintenant à St Louis. Gifford aura la fonction de médecin, de neuroscientifique et de journaliste de l’habitat pour la mission, sa deuxième. Elle a rempli une première mission au Centre de Recherche de l’Exploration Humaine de la NASA au printemps.

Cette mission vers Mars, plus longue que les trois précédentes, a plusieurs objectifs.

« C’est une mission concernant la psychologie, la logistique, la science et la maintenance, a déclaré Gifford. Nous voulons savoir ce dont nous avons besoin pour nourrir et faire boire des personnes pendant un an, ce que l’on peut faire scientifiquement et comme l’équipe vit ensemble » dans un espace de vie d’environ 157 m2.

L’équipe comprend un biologiste, un physicien des fluides, un astrobiologiste, un ingénieur de vaisseau spatial et un architecte de l’espace. Des chercheurs travaillent au développement de la composition d’une équipe efficace et des stratégies de soutien pour faire l’aller retour vers Mars, que l’on estime à un voyage de trois ans.

Le premier étage du dôme représente un espace de 92 m2 qui inclut la cuisine, un espace repas, une salle de bain, un laboratoire et une zone d’entraînement. Le deuxième étage dispose de 40 m2 avec six petits coins pour dormir et une petite salle de bain. En outre, l’atelier de travail de 14m2, fabriqué à partir d’un conteneur, est collé à l’habitat.

Etant la seule juive de l’équipe, Gifford déclare faire face à plusieurs défis particuliers. « Être juif est une activité de communauté, un effort de groupe. Chaque travail que tu fais, comme être une personne utile, méditative et attentionnée, tu le fais par rapport du monde entier, a-t-elle déclaré. Et, il n’y aura pas d’autres Juifs avec qui célébrer les fêtes juives ».

Dans un message sur son blog intitulé « A truc par n’importe quel autre nom : être juive sur Mars », Gifford expique le fait d’être la seul juive dans la mission. Elle cite dans le message le rabbin Josh Breindel, un ami de ses amis du lycée qui est maintenant au Temple Anshe Amunim à Pittsfield dans le Massachusetts.

Gifford partage aussi un autre blog avec les membres de l’équipe où ils écrivent au sujet de leur mission. Breindel demande : « Quand on se trouve dans une station spatiale qui tourne autour de la terre toutes les 90 minutes, avec de multiples couchers du soleil par jour, quand précisément, faut-il faire les rites juifs ? »

« J’allumerai probablement les bougies, ou je vais passer aux bougies électriques, puisque je ne vais pas faire du feu dans l’espace, et l’heure d’Hawaï, c’est la même heure qu’au centre de contrôle, a déclaré Gifford. « Mais à ce moment-là, je pourrai bien sûr être au milieu d’une sortie dans l’espace ou en train de réaliser une chirurgie ou de nettoyer la toilette de compost ».

Heureusement, Gifford a hâte de partager des rites et l’histoire juive. « Aucun de mes colocataires à Berkeley n’étaient juifs et j’ai bien réussi à intéresser les autres », a-t-elle déclaré.

La participation à la mission est l’accomplissement d’un rêve d’enfance de Gifford. « J’ai toujours voulu être astronaute, parce qu’être atronaute c’est être un héros, un chef, avoir la possibilité d’expliquer à tout le monde à quel point la science est géniale », a-t-elle déclaré.

« En tant que société, nous devrions choisir d’investir dans l’espace comme nous investissons dans les écoles et les routes. Cela nous élève en tant qu’espèce, nous donne les outils et la motivation de nous rassembler pour faire de grandes choses ». Que Gifford aille vraiment ou non vers Mars, elle n’est pas inquiète du fait qu’elle sera enfermée pendant une année avec la simulation.

« Mentalement, physiquement et socialement, je n’éprouve pas d’appréhension, a-t-elle déclaré. Seulement de la curiosité. »

La planète Mars en 2003 (Crédit : NASA, ESA, and The Hubble Heritage Team / STScI/AURA)
La planète Mars en 2003 (Crédit : NASA, ESA, and The Hubble Heritage Team / STScI/AURA)
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