Rencontre Gantz-Bennett pour discuter du déclenchement d’élections anticipées
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Rencontre Gantz-Bennett pour discuter du déclenchement d’élections anticipées

Après que le Likud a ignoré l'ultimatum d'octobre de Kakhol lavan concernant l'adoption d'un budget de l'État, des dirigeants de parti frustrés ont annoncé qu'ils se réuniraient

Le dirigeant du parti Yamina, Naftali Bennett, et Benny Gantz, dirigeant du parti Kakhol lavan (Crédit : Flash90)
Le dirigeant du parti Yamina, Naftali Bennett, et Benny Gantz, dirigeant du parti Kakhol lavan (Crédit : Flash90)

Alors que les tumultueuses élections américaines touchent à leur fin, de nouvelles élections israéliennes sont peut-être à nouveau probables puisque le ministre de la Défense Benny Gantz aurait rencontré le chef du parti de droite Yamina, Naftali Bennett, pour discuter de la possibilité de dissoudre le gouvernement et de déclencher un nouveau scrutin.

Selon un reportage diffusé dimanche par Kan, Gantz pense que Benjamin Netanyahu ne tiendra pas sa promesse de lui remettre le poste de Premier ministre en novembre 2021, conformément à l’accord de partage du pouvoir qu’ils ont signé. Il serait frustré par les retards persistants dans l’adoption du budget de l’État pour cette année et l’année prochaine, qui garantirait pratiquement qu’il ne devienne pas chef du gouvernement.

Des membres du parti Kakhol lavan de Gantz auraient également rencontré le chef de l’opposition Yair Lapid afin de coordonner leurs actions. Les deux partis étaient autrefois unis sous la bannière de Kakhol lavan, mais avaient été divisés sur la décision de Gantz de rejoindre le gouvernement de Netanyahu après les élections de mars 2020, la troisième en Israël en un an, sur fond d’impasse politique persistante.

Kakhol lavan et les partis d’opposition seraient d’accord pour dire que l’option la plus réaliste est d’accepter de dissoudre la Knesset et de coordonner une date pour ce qui serait la quatrième élection nationale depuis avril 2019.

Le chef de l’opposition israélienne, Yair Lapid, pendant une interview avec l’AFP à son bureau de la Knesset, le parlement israélien de Jérusalem, le 14 septembre 2020. (Crédit : Emmanuel DUNAND / AFP)

Dans une interview accordée dimanche matin à Kan, Bennett a refusé de commenter ces informations, assurant qu’ « il n’y a pas d’élections ».

« Lorsque des élections auront lieu, je dirai clairement qui devrait diriger le pays », a déclaré M. Bennett, ajoutant que la situation dans le pays était « très mauvaise » et que « nous sommes sur la voie du déclin économique. Le gouvernement actuel dirigé par Netanyahu échoue lamentablement ».

Selon un sondage de la Douzième chaîne samedi, si des élections avaient lieu aujourd’hui, le Likud tomberait à 28 sièges, et Yamina de Bennett ferait plus que quadrupler son précèdent score pour atteindre 22 sièges. Yesh Atid de Lapid en obtiendrait 17, la Liste arabe unie en remporterait 13, et Kakhol lavan 11. Le sondage a également donné 8 sièges à chacun des partis ultra-orthodoxes, Shas et Yahadout HaTorah, 7 sièges au parti Yisrael Beytenu d’Avidgor Liberman et 6 au Meretz. D’après ce sondage également, Bennett se rapprocherait de Netanyahu comme candidat préféré au poste de Premier ministre, avec 28 % de soutien contre 32 % pour l’actuel chef du gouvernement.

En octobre, Gantz avait intensifié ses attaques contre ce dernier pour avoir bloqué le budget de l’État, en disant que l’échec de l’adoption d’un budget serait « un crime contre l’État et ses citoyens ».

Le nouveau ministre de la Défense Benny Gantz (à droite) et le ministre de la Défense sortant Naftali Bennett se saluent avec leur coude lors de la cérémonie de passation des pouvoirs au ministère de la Défense à Tel Aviv, le 18 mai 2020. (Oded Karni/GPO)

Il avait indiqué que même de nouvelles élections seraient préférables à la situation actuelle, et a suggéré qu’il pourrait essayer de former un gouvernement alternatif avec les partis d’opposition.

La Knesset a adopté le dernier budget de l’État en mars 2018, qui est resté en vigueur jusqu’à la fin de 2019. L’absence d’une loi à cet égard pour 2020 a laissé de nombreux ministères aux prises avec des déficits budgétaires inattendus et a rendu difficile la planification. De nombreuses organisations, y compris celles qui géraient les plus grands programmes pour les jeunes à risque du pays, ont été contraintes de fermer pendant une partie de l’année, le soutien du gouvernement s’étant tari. Certains responsables du ministère des Finances ont averti que la cote de crédit d’Israël auprès des agences de prêt internationales pourrait en être affectée.

Israël a opéré jusqu’en 2020 en étant amputé d’un budget d’État. L’accord de coalition signé par Kakhol lavan et le Likud en avril avait pourtant convenu qu’un budget de deux ans pour 2020-21 serait adopté au cours de l’été.

Pour éviter que l’une ou l’autre des parties ne fasse tomber le gouvernement, l’accord de partage du pouvoir stipule que si l’une des parties déclenche l’effondrement de la coalition, l’autre reçoit automatiquement le poste de Premier ministre pendant les trois mois précédant les élections ainsi que pendant la période de transition qui s’ensuit.

Mais l’une des rares failles de cet accord stipule que cette sécurité n’est pas assurée si les parties ne parviennent pas à adopter un budget, ce qui entraînerait des élections anticipées.

Toutefois, Netanyahu a demandé un budget annuel, en violation de l’accord, en invoquant l’incertitude causée par la pandémie de coronavirus. Kakhol lavan le soupçonne de tenter de se soustraire à l’accord de partage du pouvoir et de se laisser une chance de faire tomber le gouvernement lors des négociations budgétaires de 2021 l’année prochaine.

La date limite initiale pour l’adoption du budget avait été fixée au mois d’août, le budget 2020-2021 n’ayant pas été adopté à cette date, ce qui aurait nécessité la dissolution de la Knesset. Mais le Likud et Kakhol lavan ont accepté un compromis de dernière minute prolongeant le délai jusqu’au 23 décembre.

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