Renforcement sécuritaire « sans précédent » à la porte de Damas
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Renforcement sécuritaire « sans précédent » à la porte de Damas

L'entrée dans la Vieille ville de Jérusalem présentera des postes d'observation en hauteur et des technologies avancées, ont expliqué les ministres, déplorant que ce site soit devenu le "symbole du terrorisme palestinien"

Les forces de sécurité israéliennes en train de garder les abords de la porte de Damas dans la Vieille ville de Jérusalem le 22 juin 2017 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Les forces de sécurité israéliennes en train de garder les abords de la porte de Damas dans la Vieille ville de Jérusalem le 22 juin 2017 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Israël prévoit de renforcer significativement la sécurité à l’entrée de la Vieille Ville de Jérusalem, sur le site de la porte de Damas, suite à plusieurs attentats meurtriers qui y ont été commis au cours des deux dernières années, a fait savoir le Premier ministre Benjamin Netanyahu jeudi.

« Les assassins se sont rassemblés à cette porte à maintes reprises, perpétrant des attentats à maintes reprises », a déclaré le Premier ministre lors d’un événement à Bat Yam. « Elle est devenue un symbole du terrorisme ».

Vendredi dernier, le 16 juin, trois Palestiniens ont mené une attaque à l’arme blanche et à l’arme à feu à proximité de la porte, tuant la garde-frontière Hadas Malka et blessant quatre autres personnes.

La sécurité a été significativement renforcée depuis sur le site, qui représente l’accès principal pour la Vieille Ville pour de nombreux musulmans de Jérusalem-Est et pour les Juifs ultra-orthodoxes, les Arabes étant soumis à des fouilles corporelles.

S’exprimant dans la matinée de jeudi, le ministre de la Sécurité intérieure Gilad Erdan a annoncé qu’il y avait eu 32 attaques sur la zone au cours des 36 derniers mois, et a promis de remettre à niveau la sécurité.

Forces de sécurité israéliennes sur les lieux d'un attentat terroriste porte de Damas, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 16 juin 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Forces de sécurité israéliennes sur les lieux d’un attentat terroriste porte de Damas, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 16 juin 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

« Je peux vous dire que nous allons amener des changements sans précédent dans tous les programmes de sécurité à la porte de Damas : Des caméras, des renseignements, des postes de police et nous allons changer la topographie de la porte », a déclaré Erdan aux participants d’une conférence sur la sécurité régionale organisée tous les ans au Centre interdisciplinaire de Herzliya.

« Nous allons tout faire pour réduire drastiquement les attaques sur ce site particulier. La porte de Damas va connaître une révolution ».

Netanyahu a indiqué avoir rencontré mercredi Erdan, le chef de la police Roni Alsheich et le numéro un de la police de Jérusalem Yoram Halevy pour évoquer les améliorations sécuritaires porte de Damas.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et son épouse Sara à l'occasion de la pose de la première pierre d'un nouveau parc à  Bat Yam, construit au nom de feu  Yoni Netanyahu, le 22 juin 2017 (Crédit : Kobi Gideon / GPO)
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et son épouse Sara à l’occasion de la pose de la première pierre d’un nouveau parc à Bat Yam, construit au nom de feu Yoni Netanyahu, le 22 juin 2017 (Crédit : Kobi Gideon / GPO)

Ces plans comprendraient l’établissement de davantage de caméras de sécurité pour suivre les événements en temps réel et des caméras spéciales pour photographier les plaques d’immatriculation de toutes les voitures ciculant à proximité. Des drones permettant de contrôler constamment le site seraient également prévus.

Hadas Malka, 23 ans, garde-frontière, a été tuée dans une attaque au couteau dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 16 juin 2017. (Crédit : autorisation)
Hadas Malka, 23 ans, garde-frontière, a été tuée dans une attaque au couteau dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 16 juin 2017. (Crédit : autorisation)

De plus, des postes d’observation devraient être érigés pour les soldats qui gardent le site, qui sera doté d’un système d’éclairage plus performant.

Les forces de sécurité réfléchiraient également à réviser la topographie de la porte de Damas pour accélérer le temps de réponse lors d’un attentat.

La Deuxième chaîne a rapporté que des couloirs seront créés à la porte de manière à soumettre tous ceux qui désirent entrer dans la Vieille Ville à cet endroit-là à un contrôle de sécurité.

Les forces de sécurité israéliennes en train de garder les abords de la porte de Damas dans la Vieille ville de Jérusalem le 22 juin 2017 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Les forces de sécurité israéliennes en train de garder les abords de la porte de Damas dans la Vieille ville de Jérusalem le 22 juin 2017 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Netanyahu a aussi indiqué que les changements sécuritaires feront aussi la part des choses concernant les inquiétudes relatives à la liberté de mouvement.

« Nous nous sentons toujours concernés lorsqu’il s’agit de la liberté octroyée à tous de venir prier. Et bien sûr, nous respectons les lieux saints », a-t-il commenté. « Nous faisons cela d’une manière remarquable au vu des orages traversés par le Moyen Orient tout autour de nous. Nous protégeons le statu-quo ».

La porte de Damas, qui est la principale entrée du quartier musulman, grouille en permanence d’habitants et de touristes et rassemble déjà une présence constante et extensive de personnels chargés de la sécurité. Des gardes-frontières arpentent la zone à pied, à cheval et derrière les barrières.

Les forces de sécurité israéliennes contrôlent des femmes palestiniennes devant la porte de Damas à l'entrée de la Vieille ville de Jérusalem avant de les autoriser à monter dans un bus qui les ramènera en Cisjordanie, le 17 juin 2017 (Crédit : Sliman Khader/Flash90)
Les forces de sécurité israéliennes contrôlent des femmes palestiniennes devant la porte de Damas à l’entrée de la Vieille ville de Jérusalem avant de les autoriser à monter dans un bus qui les ramènera en Cisjordanie, le 17 juin 2017 (Crédit : Sliman Khader/Flash90)

La vague terroriste en cours – quoique en déclin – qui a commencé en octobre 2015 a été marquée par des attentats qui auraient été menés par ce qu’on appelle des « loups solitaires », qui agissent sans soutien ou instruction directe en termes d’organisation, contrairement à la Seconde intifada lorsque des groupes terroristes établis dirigeaient les attentats.

Depuis le mois de septembre 2015, les terroristes – majoritairement des Palestiniens – ont tué 43 israéliens, deux touristes américains, un Palestinien et un étudiant britannique, pour la plupart lors d’attentats à l’arme à feu, à l’arme blanche ou en utilisant un véhicule. Durant la même période, environ 250 Palestiniens sont tombés sous les balles des Israéliens – une majorité d’entre eux étaient des attaquants, selon les autorités.

Le gouvernement israélien a attribué la responsabilité du terrorisme et de la violence aux incitations lancées par les chefs religieux et politiques palestiniens, ainsi qu’à des sites qui, sur les réseaux sociaux, glorifient la violence et encouragent les passages à l’acte.

Judah Ari Gross a contribué à cet article.

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