Rentrée pour les élèves palestiniens malgré une aide américaine réduite
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Rentrée pour les élèves palestiniens malgré une aide américaine réduite

Washington a coupé près de 300 millions de dollars d'aides à l'UNRWA ; l'agence a déclaré qu'elle ne pourra pas "maintenir les écoles ouvertes au-delà de fin septembre"

Des élèves rassemblés devant une école de l'ONU à Gaza City, le 29 août 2019. (Crédit :  AFP / Mahmud Hams)
Des élèves rassemblés devant une école de l'ONU à Gaza City, le 29 août 2019. (Crédit : AFP / Mahmud Hams)

Des dizaines de milliers d’enfants palestiniens ont repris mercredi le chemin des écoles de l’ONU dans la bande de Gaza et en Cisjordanie, mais les coupes dans l’aide américaine menacent à court-terme l’avenir de ces établissements scolaires.

L’Agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) a indiqué que les quelque 700 écoles dans lesquelles elle accueille 526 000 élèves en Cisjordanie, à Gaza, mais aussi au Liban, en Syrie et en Jordanie ouvriraient au cours des prochains jours, malgré la réduction des fonds américains.

Washington a coupé près de 300 millions de dollars (257 millions d’euros) d’aides à l’UNRWA. Plusieurs pays ont avancé le versement de leur contribution annuelle, mais ce geste ne résout pas la crise.

« Actuellement, nous n’avons pas assez d’argent pour maintenir les écoles ouvertes au-delà de fin septembre », a déclaré à l’AFP le porte-parole de l’UNRWA Chris Gunness.

« Fin septembre, l’UNRWA n’aura plus aucun sou pour ses services, y compris pour les écoles et les centres médicaux », a-t-il martelé.

Une école de l’ONU à Naplouse, en Cisjordanie, le 29 août 2019. (Crédit : AFP / Jaafar ASHTIYEH)

L’an dernier, les Etats-Unis, qui étaient les principaux contributeurs de l’UNRWA, lui avaient alloué 360 millions de dollars. Mais ces subsides ont été réduits jusqu’à présent à 65 millions dollars pour 2018.

L’existence même de l’Agence est menacée, avertissent ses responsables.

L’administration de Donald Trump a pris ces mesures suite aux critiques acerbes des dirigeants palestiniens contre la reconnaissance unilatérale par Washington de Jérusalem comme capitale d’Israël en décembre 2017.

L’ONU considère que le statut de la ville Sainte doit faire l’objet d’un consensus entre Palestiniens et Israéliens. Israël a annexé Jérusalem-Est, une décision non reconnue par les Nations unies.

Après la décision américaine, les responsables de l’Autorité palestinienne ont coupé les ponts avec Washington.

Donald Trump a annoncé fin janvier qu’il conditionnerait le versement aux Palestiniens de « centaines de millions de dollars » d’aide à leur retour à la table des négociations.

« La peur règne, la situation n’est pas stable et il y a des tensions au sein de l’UNRWA », a témoigné Soha Abou Hasara, une Palestinienne qui amène ses enfants dans une école de la ville de Gaza. « Nous avons peur que les écoles ferment ».

Une école de l’ONU à Naplouse, en Cisjordanie, le 29 août 2019. (Crédit : AFP / Jaafar ASHTIYEH)

Etablie en 1949, l’UNRWA apporte son aide à plus de trois millions de Palestiniens enregistrés comme réfugiés dans les Territoires palestiniens, en Jordanie, au Liban ou en Syrie. Ces derniers sont les survivants ou descendants des centaines de milliers de Palestiniens qui ont fui à la création d’Israël en 1948.

Les Etats-Unis ont aussi annulé plus de 200 millions de dollars d’aide humanitaire pour la Cisjordanie et Gaza.

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