Rép. tchèque : vers le démantèlement d’une porcherie sur le site d’un ex-camp nazi pour Roms
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Rép. tchèque : vers le démantèlement d’une porcherie sur le site d’un ex-camp nazi pour Roms

Près de 330 Roms, dont au moins 241 enfants, sont morts à Lety, notamment du typhus. Les nazis ont exterminé environ 90 % des Roms tchèques

Un tracteur sur l'immense porcherie industrielle située sur l'emplacement d'un ancien camp de concentration à Lety, dans le sud de la Bohême, en République tchèque, le 4 mai 2005. (Crédit : Michal Cizek/AFP)
Un tracteur sur l'immense porcherie industrielle située sur l'emplacement d'un ancien camp de concentration à Lety, dans le sud de la Bohême, en République tchèque, le 4 mai 2005. (Crédit : Michal Cizek/AFP)

Une société tchèque exploitant une porcherie à Lety (sud-ouest), située sur le site d’un ancien camp de concentration nazi pour Roms, a annoncé lundi avoir accepté une offre d’achat faite par le gouvernement, ouvrant la voie au démantèlement de la ferme.

L’existence d’une exploitation porcine géante bâtie à l’époque communiste sur un lieu de l’holocauste rom, où des centaines d’hommes, de femmes et d’enfants avaient péri en 1942-43, a été dénoncée depuis des dizaines d’années par les défenseurs des droits de l’Homme, tchèques et étrangers.

« Si tout va bien, le contrat de rachat pourra être conclu avant la fin du mandat de l’actuel gouvernement », a déclaré le vice-président du directoire de la firme privée Agpi, Jan Cech. Les prochaines législatives sont prévues fin octobre.

« Je suppose que le contrat sera conclu début septembre », a de son côté indiqué lundi la porte-parole du ministère de la Culture, Simona Cigankova.

La semaine dernière, les actionnaires d’Agpi ont donné leur feu vert à la future transaction. Ni le gouvernement de centre-gauche du Premier ministre Bohuslav Sobotka, ni Agpi, n’ont cependant révélé le montant sur lequel les deux parties se sont mises d’accord.

« C’est une journée historique pour la dignité du peuple rom et une victoire historique pour la société civile européenne », a réagi Benjamin Abtan, le président du mouvement EGAM (Europeen Grassroots Antiracist Movement), interrogé par l’AFP.

Ce mouvement mène depuis des années une campagne internationale « Dignité pour Lety », en vue d’obtenir la liquidation de l’usine porcine et son remplacement par un mémorial, et pour soutenir les recherches historiques sur l’holocauste rom.

« Militants et dirigeants politiques, Roms et non-Roms, Tchèques et autres Européens, nous avons tous ensemble transformé Lety d’un symbole de la honte en symbole de la victoire et de la dignité », s’est félicité M. Abtan.

Environ 1 300 hommes, femmes et enfants rom sont passés entre août 1942 et mai 1943 par le camp de Lety, la dernière étape pour la plupart d’entre eux avant les chambres à gaz d’Auschwitz-Birkenau.

Près de 330 Roms, dont au moins 241 enfants, sont morts à Lety, notamment du typhus. Les nazis ont exterminé environ 90 % des Roms tchèques.

Mémorial aux victimes Roms de l'Holocauste inauguré en 2000 au cimetière Mirovice, près d'une immense porcherie industrielle située sur l'emplacement d'un ancien camp de concentration à Lety, dans le sud de la Bohême, en République tchèque, le 4 mai 2005. (Crédit : Michal Cizek/AFP)
Mémorial aux victimes Roms de l’Holocauste inauguré en 2000 au cimetière Mirovice, près d’une immense porcherie industrielle située sur l’emplacement d’un ancien camp de concentration à Lety, dans le sud de la Bohême, en République tchèque, le 4 mai 2005. (Crédit : Michal Cizek/AFP)
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