Représailles d’Israël sur la bande de Gaza après une rafale de roquettes
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Représailles d’Israël sur la bande de Gaza après une rafale de roquettes

Six missiles avaient été lancés sur le sud d’Israël en réponse à des bombardements israéliens antérieurs contre des sites du Hamas, qui avait menacé d’un "message" imminent

La fumée monte au loin après que des avions de Tsahal ont procédé à des frappes aériennes sur des cibles du Hamas près de la ville de Gaza le 28 août 2020 (MAHMUD HAMS / AFP)
La fumée monte au loin après que des avions de Tsahal ont procédé à des frappes aériennes sur des cibles du Hamas près de la ville de Gaza le 28 août 2020 (MAHMUD HAMS / AFP)

L’armée israélienne a mené une deuxième série de frappes aériennes sur des cibles du Hamas dans la bande de Gaza ce vendredi matin après que des terroristes ont tiré six roquettes sur le sud d’Israël pendant la nuit, ont indiqué les troupes.

Les roquettes semblent avoir atterri en plein champ, ne causant ni blessés ni dégâts. Aucune victime palestinienne n’a été signalée.

L’attaque à la roquette a déclenché des sirènes dans les communautés adjacentes à la bande de Gaza tôt ce matin. Elle intervient après le bombardement de l’armée contre des installations du Hamas à Gaza, qui répondait aux ballons incendiaires et explosifs lancés au-delà la frontière israélienne toute la journée de jeudi.

Selon l’armée israélienne, les six roquettes tirées autour de 5 heures du matin ont déclenché les sirènes dans les communautés de Nahal Oz et Alumim, au nord-est de la bande de Gaza, précipitant des centaines de résidents vers les abris anti-bombes.

Des ballons transportant un engin incendiaire planent dans les airs après avoir été lancés par des Palestiniens près du camp de réfugiés de Bureij à Gaza, près de la barrière frontalière avec Israël, le 12 août 2020. (Mohammed Abed / AFP)

En réponse, peu avant 4h30 du matin, l’armée de l’air israélienne a annoncé avoir bombardé des infrastructures souterraines et des postes d’observation du Hamas dans l’enclave palestinienne, notamment une usine de fabrication d’armes. Les médias palestiniens ont rapporté que la cible était située à proximité de la ville de Gaza.

Suite à cette réponse, le groupe terroriste du Hamas a annoncé ce vendredi matin qu’il ferait payer un « lourd tribut » à quiconque menacerait la bande de Gaza. « Quiconque assiégera notre peuple paiera un lourd tribut pour sa sécurité et sa stabilité », a déclaré le porte-parole du Hamas Fawzi Barhoum, selon la Douzième chaîne.

« Nous n’hésiterons pas dans notre mission nationale et dans notre engagement envers notre peuple », a déclaré Barhoum, ajoutant que le Hamas s’était engagé à « protéger le peuple de toute agression et à combattre l’occupation s’il y a une escalade et que le siège se poursuit ».

Tout au long de la journée de jeudi, des terroristes palestiniens de Gaza ont lancé des dizaines de ballons transportant des engins incendiaires et de petits explosifs à travers la frontière, provoquant au moins 26 incendies dans le sud d’Israël, selon les pompiers.

Ces derniers échanges dans le sud ont eu lieu dans le contexte de tensions croissantes entre Israël et les organisations terroristes, notamment le Hamas, qui contrôle Gaza.

Ces dernières semaines, les Palestiniens de la bande de Gaza ont envoyé des vagues de ballons incendiaires au-delà de la frontière qui ont provoqué des dizaines d’incendies de forêt dans le sud d’Israël, ont lancé des roquettes et organisé de violentes manifestations le long de la barrière de sécurité.

Israël, en représailles, a mené des frappes aériennes nocturnes quasi-quotidiennes contre des cibles du Hamas, limité les importations vers la bande de Gaza et restreint sa zone de pêche.

Un pompier cherche à éteindre un incendie causé par un ballon incendiaire envoyé de Gaza vers les communautés frontalières israéliennes le 26 août 2020. (Crédit : Eshkol Regional Council)

Plus tôt ce jeudi, le Hamas aurait déclaré que les efforts pour parvenir à un cessez-le-feu avec Israël ayant échoué, il enverrait d’ici quelques heures un « message ».

Citant une source du groupe terroriste, la chaîne de télévision libanaise al-Mayadeen, affiliée au Hezbollah, a affirmé que l’envoyé qatari Mohammed al-Emadi avait quitté le territoire après une visite de deux jours, au cours de laquelle il a apporté de l’argent à Gaza et tenté de négocier un cessez-le-feu pour mettre un terme à des semaines d’attaques mutuelles.

La source a attribué l’échec à parvenir à un accord à l’insistance d’Israël de négocier « le calme contre le calme », plutôt que « le calme contre la fin du blocus » de la bande de Gaza.

L’envoyé qatari dans la bande de Gaza, Mohammed al-Emadi, s’exprime lors d’une conférence de presse à Gaza le 14 mai 2019. (Crédit: Mohammed Abed / AFP)

Les groupes terroristes de Gaza ne permettront pas à Israël d’« utiliser le prétexte des ballons pour bombarder des postes dans la bande de Gaza », a déclaré la source.

Il a annoncé que « les jeunes sur le terrain enverront dans les heures qui viennent des messages à l’occupation israélienne ».

Il a ajouté que « l’occupant devrait lire ces messages avant l’escalade des événements vers quelque chose de plus large ».

Al-Emadi était arrivé à Gaza mardi soir, apportant 30 millions de dollars en espèces, dans le but d’apaiser les tensions entre Israël et le Hamas qui ont conduit à une alternance de frappes quotidiennes et de représailles.

L’argent est destiné à aider les deux millions d’habitants du territoire, dont la moitié vit sous le seuil de pauvreté, ont indiqué à l’AFP des sources proches de l’envoyé.

Lundi, le quotidien de langue arabe basé à Londres Asharq al-Awsat a rapporté que le chef du commandement sud de l’armée, le major général Herzi Halevi, s’était rendu au Qatar cette semaine avec pour objectif d’obtenir un accord de cessez-le-feu avec le Hamas.

Le groupe terroriste subit une très forte pression internationale de la part du Qatar, de l’Égypte et de l’envoyé de l’ONU Nickolay Mladenov pour mettre fin à ses attaques, en parallèle de la pression publique des habitants de Gaza, qui ne reçoivent que trois à quatre heures d’électricité par jour – après s’être habitué à une quantité plus de trois fois supérieure. Ces coupures d’électricité sont la conséquence de l’arrêt des importations de carburant par Israël en réponse à la violence, qui a entraîné la fermeture d’une centrale électrique à Gaza.

L’escalade de la violence le long de la frontière semble liée aux demandes d’augmentation des transferts monétaires du Qatar vers la bande de Gaza, où environ 60 % de la population est au chômage.

Le Hamas est également confronté à la première épidémie de coronavirus à Gaza, qui, selon les responsables locaux de la santé, pourrait submerger le fragile système de soins de santé de l’enclave.

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