Répression, nucléaire, missiles… : Les facteurs déclencheurs des frappes contre l’Iran
Face à la répression meurtrière, Donald Trump avait assuré, le 13 janvier, au peuple iranien que "l'aide était en route" et a déployé une force navale massive au Moyen-Orient

Les frappes israéliennes et américaines contre l’Iran sont le résultat d’une combinaison de facteurs mêlant la répression sanglante de manifestations de masse dans le pays et l’échec des négociations entre Téhéran et Washington sur des sujets existentiels pour la République islamique : le nucléaire, les missiles balistiques et les proxys.
Manifestations réprimées dans le sang
Déclenchées en décembre pour dénoncer le marasme économique, des manifestations en Iran se sont rapidement mues en une contestation du pouvoir et ont été réprimées dans le sang en janvier.
Selon l’ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA), basée aux États-Unis, plus de 7 000 personnes, pour la plupart des manifestants, ont été tuées lors de la répression, un bilan provisoire en raison de l’absence d’accès à l’ensemble des actes de décès. En outre, plus de 53 000 personnes ont été arrêtées depuis janvier.
Le président américain Donald Trump a pour sa part évoqué 32 000 morts, un chiffre également avancé par des médias iraniens en exil.
Face à la répression brutale, Trump avait d’abord promis, le 13 janvier, au peuple iranien que « l’aide était en route » et avait déployé une force navale massive au Moyen-Orient, mais il avait ensuite temporisé.
Le programme nucléaire iranien
Depuis des années, les Occidentaux accusent depuis très longtemps l’Iran de vouloir se doter de la bombe atomique, ce que Téhéran nie.
Les États-Unis insistent pour une interdiction totale de l’enrichissement d’uranium, tandis que l’Iran défend son droit à l’énergie nucléaire civile, bien qu’il ait atteint un taux d’enrichissement de 60 %, largement supérieur à un usage civil.
Dans la foulée des menaces proférées par Trump à l’encontre de la République islamique lors de la répression des manifestations, Washington et Téhéran ont entamé des négociations indirectes pour tenter de parvenir à un accord.
Mardi, dans son discours sur « l’état de l’Union » devant le Congrès, le président américain a évoqué les « sinistres ambitions nucléaires » de l’Iran.
Un troisième cycle de pourparlers s’est achevé jeudi à Genève sans résultat. Washington insiste pour élargir la discussion à d’autres sujets, comme les missiles balistiques et les alliés régionaux de Téhéran, mais l’Iran refuse.
Les missiles balistiques
Trump n’avait pas caché son vif mécontentement lorsque Téhéran avait refusé d’aborder la question de son programme de missiles balistiques lors des dernières négociations.
Israël pousse également pour que ce sujet soit abordé, en dénonçant le danger que représente cet arsenal iranien de courte et moyenne portée pour la sécurité.
De son côté, Washington, qui avait déjà accusé l’Iran de développer des missiles capables de menacer l’Europe et ses bases militaires, estime que Téhéran pourrait bientôt se doter de missiles capables d’atteindre les États-Unis.
Mais la République islamique refuse de négocier sur ses missiles balistiques, faisant valoir son droit à l’autodéfense.
Les proxys de la République islamique d’Iran
Outre le changement de pouvoir en Iran, les États-Unis et Israël souhaitent anéantir « l’axe de la résistance » iranien, qui s’appuie sur des forces alliées dans la région, qu’il arme et finance : le Hezbollah au Liban, le Hamas à Gaza, les Houthis au Yémen et les milices en Irak.
« Nous allons faire en sorte que les proxies terroristes de la région ne puissent plus déstabiliser la région ou le monde, ni attaquer nos forces », a lancé Trump samedi.
« C’est une terreur de masse, et nous n’allons plus la tolérer. Du Liban au Yémen, en passant par la Syrie et l’Irak, le régime a armé, entraîné et financé des milices terroristes qui ont aspergé la terre de sang et de tripes », a-t-il ajouté, rappelant « les monstrueuses attaques du 7-Octobre contre Israël » menées par le groupe terroriste palestinien du Hamas.
Depuis le 7-Octobre, Israël a également été la cible d’attaques du Hezbollah et des Houthis.
Le président américain a par ailleurs rappelé dan son discours les « innombrables attaques [des proxys de la République islamique d’Iran] contre les forces américaines stationnées au Moyen-Orient ces dernières années, ainsi que contre des navires militaires et commerciaux américains et les voies maritimes internationales ».







