Répressions sur les téléphones : Grève de la faim des prisonniers palestiniens
Rechercher

Répressions sur les téléphones : Grève de la faim des prisonniers palestiniens

Le chef du Hamas aurait averti l'envoyé de l'ONU que les récentes violences entre détenus et gardiens à la prison Ketziot pourraient aggraver les tensions régionales

Des prisonniers palestiniens dans leur cellule avant leur libération de la prison de  Ketziot, dans le sud d'Israël, le 1er octobre 2007. (Crédit : AP Photo/Ariel Schalit)
Des prisonniers palestiniens dans leur cellule avant leur libération de la prison de Ketziot, dans le sud d'Israël, le 1er octobre 2007. (Crédit : AP Photo/Ariel Schalit)

Les prisonniers sécuritaires palestiniens de la prison de Ketziot, en Israël, ont annoncé qu’ils allaient lancer la semaine prochaine une grève de la faim majeure pour protester contre une répression exercée à l’encontre de l’usage illicite des téléphones cellulaires entre détenus, selon l’Autorité palestinienne (AP).

Le porte-parole de la commission des Affaires des prisonniers de l’AP, Hassan Abd Rabbo, a fait savoir lundi au Times of Israel que la grève serait lancée le 7 avril, soit deux jours avant les élections israéliennes, et qu’elle sera observée par les détenus affiliés au Hamas, au Fatah et autres factions palestiniennes.

Rabbo a ajouté que la grève de la faim commencera à Ketziot et qu’elle s’étendra petit à petit aux prisonniers palestiniens d’autres centres pénitentiaires israéliens. Il a expliqué que les détenus se mettaient en grève pour dénoncer leurs conditions d’incarcération – en particulier les récentes mesures de restriction de l’usage de téléphones cellulaires par les prisonniers, y compris à l’aide de système de brouillage.

Dimanche, le club des prisonniers palestiniens a dit que les émeutes à Ketziot, suite à ces mesures, ont fait 120 blessés chez les détenus palestiniens depuis le mois de février. Selon le groupe, les responsables du service israélien des prisons ont totalement isolé plusieurs détenus impliqués dans ces échauffourées, les plaçant dans des « conditions très dures » en leur saisissant leurs effets personnels, en annulant les droits de visite des familles et en empêchant les interactions avec les autres personnes incarcérées.

Le mois dernier, des prisonniers du Hamas avaient à deux occasions violemment agressé des gardiens au sein de la prison de Ketziot. Un garde avait été grièvement blessé à la nuque avec une arme blanche. Des informations parues dans les médias en hébreu avaient fait savoir que lors de la deuxième attaque, les détenus avaient utilisé des couteaux improvisés au moment où ils étaient changés de cellules.

Des soldats israéliens évacuent un gardien blessé des Services pénitentiaires d’Israël vers l’hôpital Soroka de Beer Sheva, le 24 mars 2019. (Crédit : Meir Even Haim/Flash90)

Onze individus avaient été blessés et hospitalisés après que les forces de sécurité sont intervenues pour dissiper l’émeute en date du 3 mars. Sept d’entre eux avaient également été transportés par voie aérienne à l’hôpital, avait reporté le quotidien Haaretz à ce moment-là.

Cet incident était survenu une semaine après que des détenus membres du Hamas incarcérés à la prison de Ramon ont mis le feu à 14 lits, déclenchant un incendie dans une aile de la prison. Celui-ci avait été rapidement éteint et n’avait pas fait de blessés.

Lundi, l’envoyé des Nations unies dans la région, Nickolay Mladenov, aurait évoqué la question des prisonniers palestiniens durant des discussions avec le leader du Hamas, Ismail Haniyeh, dans la bande de Gaza.

Selon la Treizième chaîne israélienne, une source palestinienne aurait indiqué que Haniyeh avait averti Mladenov que la récente recrudescence de violences parmi les prisonniers pouvait aggraver les tensions avec Israël.

Des responsables du Hamas auraient demandé à Mladenov d’intervenir, disant que les détenus étaient prêts à recourir à des mesures non-spécifiées si les « attaques » israéliennes à leur égard devaient perdurer.

Des Palestiniens participent à une manifestation en soutien aux prisonniers détenus dans les prisons israéliennes, le 17 avril 2018 (Crédit : AFP PHOTO / MAHMUD HAMS)

Pour sa part, le ministre de la Sécurité intérieure Gilad Erdan s’est engagé à ne pas négocier avec les prisonniers. La semaine dernière, il a déclaré que l’attaque « était très grave et prouve une nouvelle fois que les services pénitentiaires sont en première ligne dans la guerre contre le terrorisme ».

Il a promis que les systèmes de brouillage continueraient à opérer, indiquant qu’empêcher les prisonniers d’utiliser des téléphones portables était une mesure importante pour contrecarrer « la mise au point d’attaque terroriste contre des civils israéliens depuis les prisons.

Adam Rasgon a contribué à cet article.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...