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« Reste un peu », quand Gad Elmaleh met en scène sa conversion au catholicisme

Ce film, qui n'est pas la première œuvre de Gad Elmaleh traitant de la religion catholique, met en scène la quête spirituelle du comédien vers le catholicisme

Après trois années à vivre l’ « American dream », Gad Elmaleh rentre en France, alors que sa famille et ses amis lui manquent – sa réponse officielle pour justifier son retour auprès de ses proches… Mais, en réalité, il est aussi venu à Paris retrouver… la Vierge Marie. Tel est le synopsis du nouveau film de Gad Elmaleh, « Reste un peu », qui se joue de la réalité et de la fiction, mêlant des éléments autobiographiques et d’autres totalement scénarisés.

Le comédien juif se met ainsi en scène dans un coming-out catholique, et retrace sa longue quête spirituelle vers le catholicisme.

Ce film n’est pas la première œuvre de Gad Elmaleh traitant de la religion catholique. En 2019, il avait participé à la production d’un spectacle musical donné à Lourdes sur la vie de la religieuse Bernadette Soubirous. Dans « D’ailleurs », son dernier spectacle comique, il chantait les louanges des rites catholiques.

Néanmoins, contrairement à ce qu’avance certains médias – dont Europe 1, de façon explicite –, et même s’il est très proche du catholicisme, Gad Elmaleh, né dans une famille juive religieuse et qui a étudié dans une yeshiva quand il était jeune, n’a pas annoncé sa conversion – mais entretient un flou volontaire sur ce sujet.

Au Figaro, il a ainsi expliqué que, dans le film et dans sa promotion dans les médias, il garde « volontairement un mystère » sur ce qui est réel ou fictif – dans un trait d’humour juif, il dit que ça « l’amuse qu’on puisse se demander, à propos de ce film de Juif, si c’est du lard ou du cochon ! »

Gad Elmaleh. (Crédit : Wikimedia Commons / CC BY 3.0 / Studio Harcourt)

Quand le quotidien français l’interroge sur sa « conversion de cœur », lui exprime plutôt une « attirance, curiosité, un amour, voire un coup de foudre pour la religion catholique ».

« Et parce que j’aime l’idée d’être multiple et que je ne veux pas me laisser enfermer dans une case, je tiens à rester ouvert. Après, la vie me dira peut-être quel chemin prendre, mais ça m’appartiendra », explique-t-il.

Avant tout, il explique être attiré par « l’idée de réunir des Juifs et des chrétiens car, au-delà du devoir de se connaître, je suis persuadé que nous ne pouvons pas vivre les uns sans les autres ».

Sur le même sujet, interrogé par le magazine catholique Pèlerin, il a expliqué que le terme « conversion de cœur » – « qui signifie qu’on se convertit à l’intérieur sans faire les démarches » – n’était pas « représentatif de ce [qu’il vit] ».

« À l’inverse de mon personnage, je n’ai pas fait de chemin de catéchuménat. Pas encore ! », a-t-il ajouté. « Delphine Horvilleur dit au personnage de Gad [dans le film] : ‘Tu seras toujours un homme en chemin’, ce qui signifie que le personnage que j’incarne n’est jamais autant lui-même qu’en mouvement vers un ailleurs. »

Il affirme ainsi vivre pleinement ce « mouvement vers un ailleurs ». « Je me trouve vraiment en chemin vers cet ailleurs que je ne maîtrise pas. J’avance avec le cœur en m’entourant de personnes et de textes qui m’aident à réfléchir », dit-il.

Il se dit « bouleversé » par l’histoire de vie de Jean-Marie Lustiger, né Juif, devenu cardinal, qui a demandé à ce que l’on dise le kaddish lors de son enterrement. « Toute son existence nous parle du lien sans fin entre judaïsme et christianisme », dit Gad Elmaleh.

Pendant la réalisation du film, l’acteur et réalisateur a été très proche de différents catholiques, dont sœur Catherine, ermite depuis 25 ans dans les Alpes du Sud. Celle-ci, devenue une amie proche, a été « une référente, me guidant sur certaines notions chrétiennes et m’impressionnant de vérité sur le tournage », dit Gad Elmaleh.

Dans le même entretien, il continue à se définir comme Juif et à définir le judaïsme comme « sa » religion – rejetant ainsi, par cette façon de formuler, certaines affirmations de médias français, qui annoncent sa conversion dans la vie réelle, et non pas seulement dans son film. « J’ai conscience d’aborder des notions sensibles liées au sacré. Parler de ma fascination pour Marie, moi qui suis Juif, revient à jouer avec les limites puisque le judaïsme interdit l’idolâtrie », dit-il. « Mais à travers ce film, je tiens à montrer que j’ai le droit, en prenant la mesure de ma responsabilité, d’interroger ma propre foi et ma propre identité, jusqu’à la malmener. Questionner sa religion, cela ne veut pas dire se détourner d’elle. »

À propos de Marie, il affirme néanmoins d’elle qu’elle représente son « plus beau coup de foudre de ma vie ! C’est le symbole qui me touche, mais surtout ce qu’elle m’apporte ».

Dans le cadre de la sortie du film, il explique que des débats devraient être organisés, afin de « parler des religions en dehors des sujets liés à la radicalité ou à la politique », et d’aborder publiquement la question de l’identité.

Le titre du film, « Reste un peu », vient d’une phrase que la mère de Gad Elmaleh dit toujours à son fils quand il lui rend visite – ses parents et sa sœur sont grandement présents dans le film. Mais aussi, ce titre, « d’une certaine manière, c’est aussi [lui] qui le dit à Marie », explique-t-il.

Le film sortira en salles le 16 novembre prochain, dans toute la France.

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