Retour sur la soirée passée aux côtés de l’un des créateurs de ‘Fauda’
Rechercher

Retour sur la soirée passée aux côtés de l’un des créateurs de ‘Fauda’

Avi Issacharoff a donné un avant-goût de la saison 2 de la célèbre série télévisée sur l’unité secrète infiltrée en Cisjordanie

Jessica Steinberg est responsable notre rubrique « Culture & Art de vivre »

Avi Issacharoff (à gauche), le créateur de "Fauda", parle avec Sarah Tuttle-Singer à l'événement du Times of Israel, le 3 décembre 2017 à Jérusalem (Crédit : Beit Avi Chai)
Avi Issacharoff (à gauche), le créateur de "Fauda", parle avec Sarah Tuttle-Singer à l'événement du Times of Israel, le 3 décembre 2017 à Jérusalem (Crédit : Beit Avi Chai)

Dimanche soir, devant une salle comble, le créateur de Fauda, Avi Issacharoff, a charmé le public, bavardé et offert un avant-goût de la saison 2 de sa série dramatique télévisée. C’était à l’occasion de l’événement présenté par le Times of Israël, « Fauda dans les coulisses », au centre culturel Beit Avi Chai à Jérusalem.

Durant une heure et demie d’une discussion menée par une bloggeuse du Times of Israël, Sarah Tuttle-Singer, Issacharoff a raconté sa vie de journaliste pendant plus de 17 ans en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, comment la série a commencé, le succès mondial sans précédent de la série désormais disponible sur Netflix, et jusqu’à quel point la fiction dramatique parodie la réalité.

« Fauda », une fiction sur une unité secrète israélienne infiltrée en Cisjordanie, signifie « chaos » en arabe, terme fréquemment utilisé par les soldats de Tsahal pour décrire leur service en Cisjordanie et à Gaza, et par les Palestiniens pour dépeindre leur vie quotidienne.

La région était beaucoup plus chaotique et instable dans les années 1990 et 2000, quand Issacharoff a commencé comme journaliste pour des médias israéliens, dit-il.

Avi Issacharoff, le co-créateur de « Fauda », à l’événement du dimanche 3 décembre 2017, raconte comment son expérience en Cisjordanie et à Gaza a en fin de compte fourni matière à sa série primée (Crédit : Beit Avi Chai)

Il a évoqué plusieurs histoires qui ont inspiré le scénario de « Fauda », notamment le fait de trouver deux hommes différents se réclamant être le terroriste palestinien connu qu’il était venu interviewer à Naplouse, en Cisjordanie.

Autre anecdote racontée au public : sa rencontre avec des combattants à Gaza qui prenaient de l’ectasy afin de rester éveiller pour combattre les soldats israéliens pendant très longtemps.

« Je ne peux définir à quel point c’est basé sur notre propre expérience car il s’agit d’une fiction » ajoute Issacharoff. « Ça ne ressemble pas à la réalité, mais nous avons fait en sorte de la rendre réaliste ».

Toutefois, de nombreux détails influencent le scénario et les épisodes, en particulier des expériences personnelles d’Issacharoff en tant que journaliste, comme lorsqu’il interviewe des terroristes et leur famille, et le fait de les voir comme des êtres humains, même aux moments de plus fortes tensions.

« Ce que nous avons tenté de faire avec ‘Fauda’, c’est de ne pas diaboliser l’autre mais de le voir tel qu’il est » dit-il.

Issacharoff et Lior Raz, qui joue Doron le personnage principal de la série, ont grandi ensemble à Jérusalem. Ils parlent tous les deux couramment l’arabe étant donné qu’ils ont chacun un parent parlant cette langue. Leurs routes se sont de nouveau croisées alors que tous deux songeaient à écrire sur l’unité militaire secrète dans laquelle ils ont servi.

Ils se sont mis d’accord pour travailler ensemble sur le script d’une série télévisée, bien que, raconte Issacharoff, il n’imaginait pas qui pourrait acheter une série sur le conflit israélo-palestinien. « C’est l’idée la plus ennuyeuse qu’on puisse imaginer » ajoute-t-il.

« Plusieurs chaînes ont décliné l’offre, jusqu’à ce que Yes accepte, et la première saison a été diffusée en 2016 ».

Le casting de Fauda, la nouvelle série de la chaîne Yes (Crédit : Ohad Romano)

Depuis lors, « Fauda » a rencontré un succès international sans précédent pour une série télévisée israélienne, poussant Netflix à s’engager pour une deuxième saison, ainsi que pour deux autres scénarii sur lesquels travaillent Issacharoff et Raz.

Il y a d’autres aspects du succès, précise Issacharoff. Et de décrire les fans israéliens se prenant en selfies uniquement avec les acteurs palestiniens, ainsi que le site officiel du Hamas, qui y voit « une machination de la propagande sioniste » poste un lien à la fin d’un article sur la série pour visionner la première saison.

Pour Issacharoff, il y a aujourd’hui moins de « fauda » et de militants dans les rues de Cisjordanie, et au contraire plus de loi et d’ordre, à tel point qu’il doit désormais mettre sa ceinture de sécurité et payer son stationnement.

Bien que la série montre beaucoup de violence, Issacharoff espère une issue pacifique au conflit actuel, mais il ne la voit pas pour bientôt. Alors, pour le moment, il y a encore du « Fauda ».

Pour être inscrit sur la liste de réservation prioritaire des événements du Times of Israël, envoyer un e-mail avec le sujet « Subscribe » à events@timesofisrael.com

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...