Israël en guerre - Jour 193

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Retour sur l’entrevue entre Yoav Gallant et Lloyd Austin

Les ministres de la Défense ont rappelé l'importance de la relation entre les deux pays et l'augmentation de l'aide à Gaza

Le ministre de la Défense Yoav Gallant, à l'extrême gauche, s'exprime lors de sa rencontre avec le secrétaire américain à la Défense, Lloyd Austin, de l'autre côté de la table à l'extrême droite, au Pentagone, le mardi 26 mars 2024, à Washington. (Crédit : AP/Jacquelyn Martin)
Le ministre de la Défense Yoav Gallant, à l'extrême gauche, s'exprime lors de sa rencontre avec le secrétaire américain à la Défense, Lloyd Austin, de l'autre côté de la table à l'extrême droite, au Pentagone, le mardi 26 mars 2024, à Washington. (Crédit : AP/Jacquelyn Martin)

« Je suis là pour souligner l’importance… des relations [avec les États-Unis]. Nous partageons 100 % de nos valeurs et 99 % de nos intérêts avec les États-Unis, » a dit Yoav Gallant mardi aux journalistes lors d’un point-presse qui était organisé entre deux rencontres avec le Secrétaire d’État américain à la Défense et le directeur de la CIA, William Burns.

Mais ce désaccord d’un pour cent est apparu de manière beaucoup plus remarquable, mardi, après que le Bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu a accusé l’administration Biden d’avoir torpillé les pourparlers en cours sur un accord portant sur la libération de certains otages – en autorisant l’adoption d’une résolution du Conseil de sécurité qui réclamait un cessez-le-feu immédiat et la remise en liberté des captifs actuellement retenus dans les geôles du Hamas à Gaza, sans conditionner explicitement les deux revendications.

En plus de ces accusations cinglantes, Netanyahu a aussi annulé le départ prévu de deux de ses proches conseillers pour Washington, où ils auraient dû s’entretenir, avec leurs homologues américains, d’éventuelles alternatives à l’offensive terrestre programmée par Tsahal à Rafah, au sud de l’enclave côtière, une offensive à laquelle l’administration Biden s’oppose avec force.

Une décision qui a fait de Gallant le seul représentant d’Israël à Washington – et le seul interlocuteur à qui les États-Unis ont eu la possibilité de faire part de leurs inquiétudes croissantes concernant la poursuite de la campagne militaire à Gaza.

« A Gaza aujourd’hui, le nombre de victimes civiles est beaucoup trop élevé et les quantités d’aides humanitaires qui entrent sur le territoire sont beaucoup trop basses », a dit Austin à Gallant lors d’une allocution publique qui a eu lieu avant leur entretien au Pentagone. « Nous avons besoin d’une augmentation immédiate de l’assistance délivrée à la population pour échapper à la famine ».

Il y a « une nécessité morale et un impératif stratégique » de protéger les civils palestiniens, a continué Austin, qui a déclaré que la situation à Gaza était « une catastrophe humanitaire » qui « ne cesse d’empirer ».

Gallant parle régulièrement, de son côté, de l’importance du soutien militaire américain pour la sécurité de l’État juif, rejetant la doctrine des conflits ouverts avec Washington qui a caractérisé un grand nombre des années de mandat de Netanyahu au poste de Premier ministre.

« Le dialogue direct avec l’administration américaine est essentiel et c’est une voie qui ne doit jamais être abandonnée, même quand il y a des difficultés ou des prises de bec », a-t-il estimé, lundi, une pique apparente à Netanyahu après l’annulation du déplacement prévu de Ron Dermer, le ministre des Affaires stratégiques, et du président du Conseil national de sécurité israélien Tzachi Hanegbi.

Mardi, Gallant a aussi dit qu’Israël « doit mettre en place une alternative locale » pour la gouvernance de Gaza dans l’après-guerre.

Le ministre de la Défense a indiqué qu’il était impératif d’améliorer la situation humanitaire au sein de l’enclave côtière pendant le point-presse de mardi, disant qu’il avait discuté du besoin d’augmenter significativement le volume des aides qui pénètrent à Gaza tout en garantissant qu’elles seront bien remises aux civils et non aux terroristes du Hamas.

« J’ai discuté avec les officiels américains de l’importance de maintenir l’avantage militaire qualitatif d’Israël dans la région – notamment les capacités aériennes et autres plateformes essentielles », a déclaré Gallant lors de la conférence de presse.

« J’ai évoqué l’importance de nos résultats obtenus en matière de dissuasion à l’égard de nos ennemis régionaux – qui sont nos ennemis communs », a-t-il continué.

L’administration Biden a fait savoir qu’elle n’était pas encore prête à conditionner ou à restreindre l’aide militaire apportée à Israël – même si de telles initiatives sont réclamées de plus en plus par les députés progressistes américains, au Capitole.

Austin a pris soin de réaffirmer que « les États-Unis sont l’ami le plus proche d’Israël et cela ne changera pas » – un élément de langage de longue date de la Maison Blanche.

A l’issue de la réunion entre les deux hommes, le Pentagone a annoncé qu’Austin avait parlé de manière « franche et directe » avec Gallant.

Gallant a expliqué aux journalistes, après l’entretien, que l’État juif avait détruit 18 ou 19 bataillons régionaux du Hamas et qu’il en restait cinq à Rafah. « C’est le dernier bastion significatif à ne pas avoir perdu de commandants de bataillons », a-t-il noté.

« Nous continuons à partager l’objectif de la guerre qui est celui de voir le Hamas vaincu et nous évoquerons donc des approches alternatives permettant de prendre pour cible des éléments du Hamas – et nous devons aussi planifier la sécurité d’Israël après ce conflit, et cela inclut de travailler en coopération, une nouvelle fois, avec l’Autorité palestinienne et avec nos partenaires régionaux en vue de la stabilisation de Gaza et d’une avancée vers la solution à deux États », a dit Austin à Gallant avant leur rencontre. Il a ajouté que « la sécurité d’un million et demi de civils Palestiniens, à Rafah, est aussi une priorité pour les États-Unis. »

Gallant a précisé qu’il avait parlé des négociations en cours sur les otages avec Austin et avec Burns, répétant être convaincu que la pression militaire exercée par Israël sur le Hamas est déterminante pour obtenir leur libération.

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