Rivlin accueille la maison royale belge qui a sauvé des enfants pendant la Shoah
Rechercher

Rivlin accueille la maison royale belge qui a sauvé des enfants pendant la Shoah

Le président a rencontré des descendants d'Eugène, 11e prince de Ligne et de sa femme Philippine, ainsi que des Juifs qu’ils ont sauvés pendant l'Holocauste

Le président a reçu les descendants d'Eugène, 11e prince de la famille de Ligne, et de sa femme Philippine, qui ont sauvé des centaines d'enfants juifs pendant la guerre, le 13 juillet 2016 (Crédit : Mark Neiman (GPO))
Le président a reçu les descendants d'Eugène, 11e prince de la famille de Ligne, et de sa femme Philippine, qui ont sauvé des centaines d'enfants juifs pendant la guerre, le 13 juillet 2016 (Crédit : Mark Neiman (GPO))

Mercredi matin, le président Reuven Rivlin a organisé un rassemblement spécial et émotionnel à sa résidence, réunissant les descendants d’Eugène, 11e prince de Ligne et de sa femme Philippine, qui ont sauvé des centaines d’enfants juifs dans leur château (Beloeil) en Belgique pendant la Shoah, ainsi que quelques-uns des enfants qu’ils ont sauvés et leurs familles.

La Maison de Ligne est une famille européenne réputée, liée à un grand nombre de familles et dynasties royales en Europe et dans le monde.

Le prince et sa femme ont été déclarés « Justes parmi les Nations » par Yad Vashem pour leur bravoure en 1975.

La délégation était dirigée par le prince Michel de Ligne, qui a déclaré : « C’est un jour très important pour nous tous, un [jour] qui manquait à notre famille puisque nos grands-parents n’ont jamais saisi l’opportunité de planter un arbre dans la Forêt des Justes parmi les Nations. Commémorer ce qu’ils ont fait est un devoir pour chacun de nous. C’est la mémoire des moments terribles pour chacun des enfants qui ont été séparés de leurs parents, et ont dû s’habituer à un nouveau mode de vie ».

Il a noté : « Trois personnes connaissaient la présence des enfants juifs dans le château, et leur silence était une garantie pour la survie de ces enfants bien-aimés ».

Il a ajouté : « Sans mémoire, une culture ne peut exister, sans mémoire, il ne peut y avoir aucune civilisation, aucune vie sociale. Je dis : aimons ce qui doit être aimé, oublions ce qui devrait être oublié, mais il ne faut pas oublier ce qui ne doit être oublié ».

Et de conclure : « Au nom de ma famille, Monsieur le président, je tiens à vous dire combien nous sommes touchés par les marques de reconnaissance que nous avons reçues du peuple juif et de la Terre d’Israël. Vive Israël ».

Représentant les survivants, Avraham Kaputka a déclaré : « Face à la machine à tuer qui s’activait contre les Juifs d’Europe, les gens et les institutions ont travaillé pour sauver des vies humaines ».

Il a noté que lui ainsi que 44 autres enfants juifs ont été sauvés grâce à la famille de Ligne, et a ajouté, « Six de ces survivants sont ici aujourd’hui. Nous étions seuls, la séparation de nos parents était très difficile. Nous ne savions pas si, ni quand nous pourrions les revoir. Notre acclimatation, au moins au début, n’a pas été facile, mais à la fin nous nous sommes mêlés à notre environnement, grâce aux guides et aux enseignants de la maison des enfants. Nous étions dans un endroit sûr et calme tandis que tout autour de nous la guerre faisait rage. Certains des enfants ont été réunis avec leurs parents, d’autres ne les ont jamais retrouvés.

« Il n’y a pas de mots qui peuvent exprimer nos sentiments envers le prince Eugène et sa femme Philippine, et toutes les autres personnes qui ont aidé à nous sauver des menaces qui pesaient sur nos vies. Aujourd’hui, nous remercions le prince Michel de Ligne pour sa contribution à la préservation de la mémoire de l’histoire de notre sauvetage ».

Le président Rivlin a accueilli tous les participants à la réunion, la famille de Ligne, ainsi que les survivants et leurs familles. Il a dit : « Je suis honoré de vous accueillir à Jérusalem, la capitale d’Israël, et le cœur de tout le peuple juif à travers le monde ».

Il a poursuivi : « Vous êtes ici, comme une seule famille, les descendants de la Maison de Ligne, et les enfants juifs qu’ils ont sauvé. Vous êtes une famille. Vous et toutes les nombreuses autres familles qui sont encore en vie aujourd’hui grâce à la gentillesse d’Eugène le 11e prince de Ligne et de sa femme, Philippine. Leur héritage est porté par vous, leurs descendants, et par tous les enfants juifs qu’ils ont sauvés ».

Elie Wiesel à Paris après avoir reçu le prix littéraire français Médicis pour son roman "Le Mendiant de Jérusalem," le 26 novembre 1968. (Crédit : AFP / Getty Images)
Elie Wiesel à Paris après avoir reçu le prix littéraire français Médicis pour son roman « Le Mendiant de Jérusalem, » le 26 novembre 1968. (Crédit : AFP / Getty Images)

Le président a déclaré : « Nous venons de dire adieu, au grand Elie Wiesel, peut-être le meilleur exemple de la force de l’esprit humain, un homme qui a donné à l’Holocauste un visage, et aux victimes une voix. De plus en plus, les gens qui ont vu les horreurs de la Shoah de leurs propres yeux ne sont plus parmi nous. Votre visite ici, comme celle de la nouvelle génération de votre famille et des familles qui ont été sauvées montrent que vous voulez garder les souvenirs vivants ; les souvenirs des victimes, la mémoire du mal le plus sombre, et la mémoire également d’une immense bravoure et survie ».

Il a conclu : « Nous parlons de six millions de Juifs qui sont morts dans l’Holocauste. Six millions est un nombre que nous ne pouvons pas comprendre. De temps en temps nous choisissons un homme, une histoire, un numéro sur le bras d’un prisonnier dans les camps ; pour nous, ce sont des nombres que nous ne pouvons comprendre. C’est la façon dont pour nous, la mort a un visage. Mais nous avons d’autres nombres ; le nombre d’enfants juifs que votre famille a sauvés. Ou un autre nombre, M-312530 le numéro du fichier à Yad Vashem, dédié à la description de l’action courageuse d’Eugène et Philippine comme Justes parmi les Nations. C’est un nombre d’espoir et de courage, le visage de la vie, le nombre dont vous pouvez tous être fiers. Je vous souhaite la bienvenue à nouveau, s’il vous plaît considérez-vous chez vous, et je sais que vous avez les remerciements durables de tout le peuple juif et du peuple d’Israël ».

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...