Rivlin exige la vaccination des prisonniers : Il y va de « nos valeurs »
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Rivlin exige la vaccination des prisonniers : Il y va de « nos valeurs »

La déclaration du président intervient alors que le ministre de la Sécurité publique Ohana attend toujours que la campagne de vaccination avance pour vacciner les détenus

Gardes de prison portant des vêtements de protection à titre préventif contre le coronavirus, vus lors du transport d'un prisonnier suspecté d'être atteint du coronavirus au centre médical Shaare Zedek à Jérusalem, le 30 mars 2020. (Yossi Zamir/Flash90)
Gardes de prison portant des vêtements de protection à titre préventif contre le coronavirus, vus lors du transport d'un prisonnier suspecté d'être atteint du coronavirus au centre médical Shaare Zedek à Jérusalem, le 30 mars 2020. (Yossi Zamir/Flash90)

Le président Reuven Rivlin s’est prononcé jeudi contre l’ordre du ministre de la Sécurité publique Amir Ohana de ne pas vacciner les prisonniers pour le moment, déclarant que cela était incompatible avec les valeurs de l’Etat d’Israël et du judaïsme.

« Empêcher les personnes incarcérées de recevoir un traitement médical qui pourrait leur sauver la vie – que ce soit en raison d’une peine qui leur a été infligée par le tribunal ou d’une détention avant jugement – est incompatible avec nos valeurs, les valeurs de l’État, du judaïsme et de la démocratie », a déclaré M. Rivlin.

Soutenant la position du ministère de la Santé, Rivlin a demandé au ministre de la Santé Yuli Edelstein de veiller à ce que « la question soit résolue dès que possible », déclarant son importance « afin de maintenir la santé des prisonniers et du personnel de l’administration pénitentiaire ».

Le mois dernier, Ohana a donné l’instruction aux responsables pénitentiaires de s’abstenir de vacciner les détenus contre la COVID-19 jusqu’à nouvel ordre, après qu’un responsable palestinien a déclaré que les prisonniers de sécurité devraient bientôt commencer à se faire vacciner. L’interdiction d’Ohana ne concernait pas seulement les prisonniers de sécurité, mais tous les détenus.

Le président Reuven Rivlin se fait vacciner contre le coronavirus au centre médical Hadassah Ein Kerem à Jérusalem, le 20 décembre 2020. (Mark Neyman/GPO)

Le ministre de la Sécurité publique a demandé que les vaccinations ne soient administrées qu’aux gardiens de prison, et non aux détenus, jusqu’à ce qu’un plus grand nombre d’Israéliens non incarcérés soient vaccinés.

Cette décision était en contradiction avec les directives du ministère de la Santé qui ordonne désormais que toutes les personnes de 55 ans et plus – à partir de 60 ans – y compris les prisonniers, reçoivent l’injection. Un certain nombre de vaccinations ont été spécifiquement réservées à cet effet. Le ministère de la Santé est chargé d’établir la politique nationale concernant les personnes à vacciner.

Lundi, le ministre de la Défense Benny Gantz a demandé à Ohana d’inverser l’ordre des choses, exprimant ses préoccupations dans une lettre adressée au Premier ministre Benjamin Netanyahu : « Un ministre de la Sécurité publique qui a perdu la tête et un Premier ministre qui a abandonné et laissé cette farce se poursuivre – c’est la seule façon d’expliquer la non-vaccination des prisonniers de plus de 60 ans. C’est un geste illégal, politiquement motivé et qui met la vie en danger ».

En outre, le bureau du procureur général a déclaré à Ohana que l’ordre avait été donné « sans autorisation » – car seul le ministère de la Santé était autorisé à décider qui devait être vacciné – « et ne peut donc pas être maintenu ».

Amir Ohana à la cérémonie de passation de pouvoir du ministère de la Sécurité publique à Jérusalem le 18 mai 2020. (Yonatan Sindel/Flash90)

En réponse à l’ordre du ministre de la Sécurité publique, cinq groupes de défense des droits de l’homme ont demandé dimanche à la Cour suprême de justice d’annuler cette décision.

La pétition, déposée au nom de l’ACRI, Physicians for Human Rights – Israel, Adalah, HaMoked et Rabbis for Human Rights, demande au Service des prisons israéliennes de « vacciner toute la population carcérale conformément à la priorité de vaccination fixée par le ministère de la Santé, en mettant l’accent sur les prisonniers âgés de 60 ans et plus et ceux qui appartiennent à un groupe à haut risque », ont déclaré les organisations dans un communiqué commun.

« Selon des sources professionnelles, les prisonniers sont une population à risque et des mesures doivent être prises pour les vacciner en parallèle avec les populations à risque en général », indique la pétition. La pétition demande également que l’administration pénitentiaire « empêche de donner la priorité à la vaccination du personnel pénitentiaire sur celle des prisonniers ».

Des gardiens de prison portant des vêtements de protection à titre préventif contre le coronavirus, vus lors du transport d’un prisonnier suspecté d’être atteint du coronavirus au centre médical Shaare Zedek à Jérusalem, le 30 mars 2020. (Yossi Zamir/Flash90)

La pétition était accompagnée d’un avis médical de l’Association des médecins de santé publique de l’Association médicale israélienne qui disait « Les prisonniers doivent être traités comme une population captive. Dans le cadre de COVID-19, cette population est considérée comme une population à risque, à la fois en raison de problèmes de santé préexistants et des conditions de surpopulation qui augmentent le risque d’infection et de mortalité ».

Selon l’association médicale, « l’État d’Israël a l’obligation éthique de fournir les vaccins à la population carcérale ».

Israël poursuit actuellement sa campagne de vaccination et a commencé à administrer des secondes doses du vaccin contre le coronavirus de Pfizer à la population dimanche, trois semaines après le début de sa campagne nationale de vaccination.

Judah Ari Gross a contribué à cet article.

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