Rivlin rencontre une délégation du mémorial de la Shoah de Babi Yar
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Rivlin rencontre une délégation du mémorial de la Shoah de Babi Yar

Le président israélien a souligné l'importance de préserver la mémoire historique afin d'empêcher la répétition des erreurs du passé

Le président israélien Reuven Rivlin et les dirigeants du Centre commémoratif de l'Holocauste de Babi Yar (BYHMC) le 8 février 2018 (Crédit : Mark Neiman / GPO)
Le président israélien Reuven Rivlin et les dirigeants du Centre commémoratif de l'Holocauste de Babi Yar (BYHMC) le 8 février 2018 (Crédit : Mark Neiman / GPO)

Le président israélien Reuven Rivlin a rencontré les dirigeants du Centre commémoratif de l’Holocauste de Babi Yar (BYHMC) le 8 février 2018, selon un communiqué de presse publié par l’organe de presse du mémorial ukrainien.

Au cours de la visite officielle en Israël, la délégation de Babi Yar a eu l’occasion de présenter à Rivlin le projet du BYHMC, de préciser le récit historique évoqué par le centre et de donner une idée générale des réalisations actuelles du BYHMC.

Le président a chaleureusement accueilli la délégation ukrainienne : « C’est un plaisir de vous rencontrer tous, parce que c’est quelque chose tellement nécessaire. »

Rivlin a ensuite exprimé son soutien à la création d’un complexe commémoratif en l’honneur des victimes de Babi Yar et a souligné l’importance de préserver la mémoire historique.

Il expliqué que « la semaine dernière, j’étais à Thessalonique pour poser les bases du nouveau musée de l’Holocauste, aux côtés du Premier ministre grec. Il y a des stations symboliques à tout ce qui est arrivé au peuple juif au cours des 200 dernières années, et particulièrement pendant l’Holocauste : Thessalonique est l’une d’entre elles, Babi Yar est l’une d’elles, et il y a bien sûr le ghetto de Varsovie et les camps de concentration. »

Il a précisé qu’à ce sujet, il explique « à tous les chefs d’Etat qu’Israël n’est pas une compensation pour l’Holocauste », avant de préciser que sa « famille s’est installée ici il y a 210 ans ».

Il a regretté que : « les nouvelles générations, même la génération actuelle, ne savent pas exactement ce qui s’est passé partout, et c’est si important — tout [le travail] que fait Yad Vashem » sur la préservation de la mémoire.

Il a rappelé à quel point il était important de se souvenir des faits du passé et de ne pas les laisser tomber dans l’oubli afin de ne pas reproduire les erreurs du passé. «  Il est important de faire savoir à tous que l’Holocauste est un événement marquant et important dans nos vies et dans notre histoire, et Babi Yar est quelque chose dont il faut se souvenir quand on parle de toutes les choses que nous avons traversées en tant que nation. », a-t-il insisté.

Babi Yar, une localité proche de Kiev en Ukraine, qui faisait partie de l’URSS à l’époque, a été le théâtre de l’un des plus grands massacres des Juifs par balles pendant la Shoah et qui a débuté le 29 septembre 1941.

Les biens des victimes juives après le massacre de Babi Yar à Kiev, en Ukraine, fin septembre 1941. (Crédit : domaine public)

Les nazis et leurs collaborateurs locaux ont réuni les Juifs de Kiev aux abords du ravin de Babi Yar, leur laissant croire qu’ils allaient être déportés. Mais après avoir été roués de coup et déshabillés, ils ont été fusillés par les soldats. On estime que 22 000 personnes ont été tuées le premier jour du massacre, qui se serait poursuivi les mois suivants, jusqu’à la création du camp de concentration de Syrets et entre le 29 et le 30 septembre, 33 700 juifs de Kiev ont été assassinés par des nazis et leurs collaborateurs.

Au total, entre 100 000 et 150 000 Juifs, prisonniers politiques, communistes et Tziganes ont été tués au ravin de Babi Yar qui est devenu à l’Est le symbole de l’extermination des Juifs soviétiques.

L’une des tâches principales du BYHMC est de montrer le danger des idéologies totalitaires, extrémistes nationalistes et racistes, et surtout de montrer comment tout a commencé.

« Dans un monde où l’extrémisme devient plus fort, notre objectif est non seulement de construire un centre, mais de créer un espace qui formera une telle conscience, avec laquelle il deviendra impossible de répéter les tragédies de la Seconde Guerre mondiale », a expliqué Siwiec, le directeur des affaires internationales.

Le projet qui vise à rendre hommage à toutes les victimes, à raconter l’histoire de leur vie, aspire également à devenir un centre de recherche spécialisé sur les crimes de l’Holocauste dans les régions de l’Ukraine et de l’Europe de l’Est.

« Je suis sûr que la mise en œuvre du projet BYHMC ne changera pas seulement la conscience historique de l’Ukraine, mais, au regard de l’intérêt et de l’attention que porte le monde sur Babi Yar, il deviendra sans aucun doute l’un des événements significatifs la vie de la communauté internationale », a déclaré Yana Barinova, COO du BYHMC.

Le PDG de la BYHMC, Gennadii Verbylenko a regretté que l’Ukraine tente d’ignorer une partie de son histoire mais espère que le projet puisse permettre d’y palier. « l’Ukraine reste un point aveugle sur la carte des monuments commémoratifs de l’Holocauste. Notre objectif n’est pas la construction mais la construction de la confiance. Nous avons l’intention d’être une institution de construction communautaire. BYHMC est sur le souvenir du passé et la construction de l’avenir », a-t-il déclaré.

En plus du devoir de mémoire, le centre BYHMC souhaite également jouer un rôle dans la célébration des différences culturelles, ethniques, religieuses et sociales.

La délégation de BYHMC a aussi rencontré le président de Yad Vashem, Avner Shalev, et le docteur Arkadi Zeltser, chercheur à l’Institut international de recherche sur l’Holocauste de Yad Vashem, qui siège également à la commission de révision de BYHMC.

Zeltser a souligné la nécessité de la précision historique dans le devoir de mémoire, notamment à Babi Par : « il est très important de maintenir une représentation historiquement exacte et équilibrée des événements durant cette période très compliquée pendant la Seconde Guerre mondiale : entre le 29 et le 30 septembre 1941, 33 700 juifs de Kiev ont été assassinés par des nazis allemands à Babi Yar. Babi Yar est l’un des principaux symboles de l’Holocauste en Ukraine et en Europe de l’Est. »

Un tel geste de l’Etat d’Israël confirme l’intérêt du pays pour la création du Mémorial. La confiance des dirigeants du pays envers le Centre commémoratif de l’Holocauste Babi Yar souligne l’étendue de notre responsabilité envers le public.

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