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Robert Kraft partage des souvenirs de Tom Brady en Israël

Quelques jours après l'annonce par le meilleur joueur du monde de sa retraite, le propriétaire des Patriots et ami du quarterback raconte leur séjour en Israël en 2006

Lazar Berman est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Robert Kraft, à gauche, et Tom Brady au mur Occidental de Jérusalem en 2006. (Autorisation)
Robert Kraft, à gauche, et Tom Brady au mur Occidental de Jérusalem en 2006. (Autorisation)

Mardi, Tom Brady, qui joue pour les Buccaneers de Tampa Bay au poste de quarterback et qui est une star au firmament de la Ligue de football américain, a annoncé qu’il allait prendre sa retraite après 22 saisons.

Largement considéré comme le plus grand quarterback de toute l’histoire de la ligue nationale, Brady s’enorgueillit de dix apparitions en Super Bowl, de sept victoires en Super Bowl – toutes, à l’exception d’une seule, quand il jouait dans l’équipe des New England Patriots — et de cinq titres de meilleur joueur du Super Bowl.

Ses exploits et ses deux décennies de performances sur le terrain à haut-niveau sont devenus mythiques.

Le lien entretenu par Brady avec Israël et le judaïsme reste anecdotique.

Et pourtant, le propriétaire de l’équipe des New England Patriots, Robert Kraft, sioniste convaincu et ami proche de Brady, s’est entretenu mercredi avec le Times of Israel, s’attardant sur la semaine passée en Israël avec la star qui est largement considérée aujourd’hui comme le meilleur joueur de tous les temps.

« Mon premier voyage en Israël a eu lieu pendant ma lune de miel en 1963 et j’en suis tombé amoureux », a expliqué Kraft. « J’ai depuis emmené des gens en voyage en Terre sainte, pour partager avec eux la spiritualité et la splendeur du pays. J’ai parrainé plus de cent voyages de ce type, en offrant à des personnes qui y venaient pour la toute première fois une expérience culturelle et spirituelle qui ne se vit qu’une seule fois au cours d’une existence. »

Tom Brady, à gauche, avec Myra, au centre, et Robert Kraft, à droite, à Massada, en 2006. (Autorisation)

Ainsi, Kraft et Myra, feu son épouse, faisaient régulièrement venir au sein de l’État juif des joueurs des Patriots ou du Hall of Famers de la Ligue nationale de football.

En 2006, le couple avait amené avec lui le jeune Brady dans le pays – c’était sa toute première visite en Israël – aux côtés d’une présentatrice de CBS, Sara Underwood, et de Joseph Campanelli, directeur-général de la Sovereign Bank à l’époque.

« Il n’y avait jamais été auparavant », confie Kraft. « J’avais emmené deux joueurs de son équipe, Richard Seymour et Benjamin Watson, dans un voyage similaire quelques années auparavant et je sais qu’ils avaient fait part de leur incroyable expérience en Israël aux autres. Tom avait très envie de venir et était enthousiaste. »

Kraft explique que le groupe « a passé une semaine extraordinaire ».

« Nous nous sommes rendus sur un certain nombre de sites traditionnels chrétiens et j’ai vu Tom se faire baptiser dans le Jourdain », se souvient Tim. « Ce que j’ai beaucoup aimé chez Tom, c’est son enthousiasme pour la culture et l’intérêt qu’il portait à la politique israélienne. Nous avons eu des conversations profondes, significatives et qui nous ont fait réfléchir. »

Les participants au voyage témoignent, eux aussi, de l’émotion visible de Brady lors de son séjour. Barry Shrage, un ami proche de la famille Kraft et ancien président du groupe Combined Jewish Philanthropies à Boston, se rappelle d’un rabbin du mouvement Habad qui était proche de Myra et qui avait organisé le dîner du groupe, le vendredi soir. « Tout le monde a commencé à danser et Tom s’est rapidement joint à nous. Voir Tom Brady danser en cercle avec nous, chanter avec nous – c’était très particulier. »

« Je pense qu’il a été très, très ému », ajoute Shrage.

Le couple Kraft avait aussi emmené Brady sur une base militaire qui accueillait des soldats des unités d’infanterie de l’armée israélienne. Avi Sandler, soldat du bataillon Netzach Yehuda, né à Boston, faisait sa formation de base dans la vallée du Jourdain. Il venait tout juste de terminer une semaine d’exercice, avec une longue marche pour revenir à sa base. Il lui avait été demandé d’enfiler son béret et de se rendre au bureau du commandant-adjoint de la compagnie où il avait été convoqué.

Le propriétaire des New England Patriots Robert Kraft et le quarterback Tom Brady rendent visite au soldat de l’unité Nahal Haredi Avi Sandler sur sa base pendant un voyage en Israël en 2006. (Autorisation)

« Je me sentais nerveux parce que d’habitude, on allait dans son bureau quand il y avait un problème », raconte Sandler. « En entrant dans le bureau, j’ai vu deux autres militaires d’origine américaine qui étaient déjà installés là. On nous a alors dit qu’il y avait un groupe d’Américains importants qui visiteraient la base le lendemain et qu’on avait été choisis pour la représenter. »

Label Garelik, un autre soldat, était dans sa chambre quand un sergent était entré pour lui dire que des Américains venus visiter la base voulaient s’entretenir avec des militaires qui s’étaient installés en Israël après avoir quitté les États-Unis.

« Un Robert Kraft ou quelque chose comme ça », dit-il.

Le lendemain dans la matinée, les soldats avaient été emmenés dans un champ de tir où une démonstration avait été préparée pour les visiteurs.

Tom Brady, à droite, aux côtés de l’ancien Premier ministre Ehud Olmert, au centre, et de Robert Kraft, à gauche, à Jérusalem, en 2006. (Autorisation)

« Discrètement, sur le côté, mon ami me dit : ‘Avi, c’est pas Tom Brady ?' », se rappelle Sandler. « À part Kraft, nous n’avions aucune idée de qui serait là. J’ai répondu : ‘C’est vrai qu’il lui ressemble mais qu’est-ce qu’il pourrait bien faire ici ?' », raconte-t-il.

« On s’est tournés vers Brady rapidement et on lui a demandé : ‘Vous êtes Tom Brady ?' », continue-t-il.

« Et il a répondu : ‘Oui’. J’ai cru qu’on allait se décrocher la mâchoire. »

Il note que l’un des militaires présents avait demandé à Brady s’il voulait jouer au football avec eux.

« Je ne mélange pas travail et plaisir », avait répondu Brady sur le ton de la plaisanterie.

Les soldats avaient fait une démonstration de tirs avec les armes présentes sur le champ. Brady, racontent-ils, avait été très impressionné par les mitrailleuses.

Le quarterback des Patriots lui-même avait tenté sa chance au champ de tir. « Je m’inquiétais du contrecoup », se souvient Shrage. « Il n’aurait pas fallu que Brady se blesse l’épaule droite en tirant. »

D’autres joueurs de l’équipe des New Englanders avaient eu l’opportunité de rencontrer Brady lors d’un dîner au Musée d’Israël, le samedi soir.

Le quarterback des Patriots Tom Brady visite le musée d’Israël en 2006. (Autorisation)

« Il avait dit qu’il adorait le houmous », se souvient Hillel Katchen, juriste, qui faisait à l’époque des études de droit à l’université de Bar-Ilan. « Il semblait avoir vraiment les pieds sur terre. Il avait raconté qu’il avait vraiment adoré Tel Aviv parce que là-bas, personne ne l’avait reconnu. »

Kraft déclare que ce voyage avait renforcé les liens qu’il entretenait avec Brady.

« J’ai toujours considéré Tom comme un membre de ma famille proche et le voyage en Israël a permis de renforcer encore cette relation », explique-t-il. « Comme vous le savez, il n’y a aucun pays dans le monde comme Israël et partager cette expérience avec quelqu’un, pour la toute première fois, est l’une des raisons pour lesquelles je prends tant de plaisir à parrainer des séjours en Israël. »

Et le communiqué émis par Kraft lorsque Brady a annoncé arrêter sa carrière reflète cette relation : « Aucun mot ne peut décrire les sentiments qui me lient à Tom Brady, ni expliquer de manière appropriée la gratitude éprouvée par ma famille, par les New England Patriots et par nos supporters à l’égard de Tom pour tout ce qu’il a pu faire pendant sa carrière. Une génération de fans de football a grandi en ne connaissant qu’une Ligue nationale de Football dominée entièrement par Tom… J’ai le plus grand respect pour Tom personnellement, et je le respecterai toujours. Son humilité, son dynamisme et son ambition, font de lui une personnalité assurément particulière. »

Tom Brady, à gauche, avec Myra, au centre, et Robert Kraft, à droite, à Jérusalem, en 2006. (Autorisation)

Il est difficile de dire si c’est son séjour qui l’a inspiré – mais Brady conserve une grande hanoukkia à son domicile. « Nous ne sommes pas Juifs », avait-il déclaré en 2015 au New York Times. « Mais je pense qu’on s’intéresse à tout… Je ne sais pas moi-même en quoi je crois. Je pense avoir un système de croyance, mais je ne suis pas sûr de savoir d’où il est réellement issu. »

Brady n’est probablement pas le seul, dans sa famille, à avoir une ménorah. Sa sœur, Julie, a épousé Kevin Youkilis, ancienne star de l’équipe Boston Red Sox en 2012. Youkilis est Juif.

Il a aussi pris part à des fêtes juives avec le coupe Kraft au fil des ans – ce que le directeur-général des Patriots décrit comme « des moments intimes avec Tom et avec ma famille ».

« En tant que supporter de football, c’est triste de voir ainsi le plus grand joueur de tous les temps mettre un terme à sa carrière », explique Kraft. « Cela a été un privilège de le regarder jouer au cours de ces deux dernières décennies. Je suis reconnaissant pour tout ce qu’il a fait pour les New England Patriots et je le félicite pour sa carrière si remarquable. La Ligue nationale de football ne sera plus la même sans lui. »

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