Roi de Jordanie : Israël change ‘ouvertement’ le statu quo à Jérusalem
Rechercher

Roi de Jordanie : Israël change ‘ouvertement’ le statu quo à Jérusalem

Abdallah II affirme aussi que le conflit israélo-palestinien nourrit l’extrémisme de la région

Dov Lieber est le correspondant aux Affaires arabes du Times of Israël

Le roi de Jordanie Abdallah II pendant la cérémonie d'accueil de sa visite officielle à Pristina, au Kosovo, le 17 novembre 2015. 5crédit : AFP/Armend Nimani)
Le roi de Jordanie Abdallah II pendant la cérémonie d'accueil de sa visite officielle à Pristina, au Kosovo, le 17 novembre 2015. 5crédit : AFP/Armend Nimani)

Le roi de Jordanie a accusé lundi Israël de modifier « ouvertement » le statu quo des sites patrimoniaux et historiques de Jérusalem, et de restreindre les droits des résidents arabes de la capitale. Il a également accusé la perpétuation du conflit israélo-palestinien d’alimenter l’extrémisme dans la région.

Pendant un entretien avec le journal jordanien al-Dastur principalement concentré sur les prochaines élections parlementaires, le groupe terroriste Etat islamique et le fardeau économique des réfugiés syriens, Abdallah II a également été interrogé sur les outils que possède son pays pour se dresser contre les « violations israéliennes » à Jérusalem et dans les lieux saints.

« Nous traitons constamment ces violations récurrentes et les attaques d’Israël et de groupes extrémistes, et les tentatives flagrantes de modifier le statu quo à Jérusalem, sur sus sites patrimoniaux et historiques, et son identité historique », a répondu le roi.

Il a ajouté que son pays travaille aussi pour contrer les « violations [israéliennes] des droits des résidents arabes, une répression contre eux et leurs déplacements. »

La police israélienne contient des manifestants palestiniens sur le mont du Temple après la prière hebdomadaire du vendredi, en février 2013. (Crédit : Sliman Khader/Flash90)
La police israélienne contient des manifestants palestiniens sur le mont du Temple après la prière hebdomadaire du vendredi, en février 2013. (Crédit : Sliman Khader/Flash90)

Le roi n’a pas cité la mosquée Al-Aqsa quand il a parlé des tentatives israéliennes présumées de modifier le statu quo du sensible lieu saint. Les Palestiniens ont accusé Israël d’essayer de prendre le contrôle du site, une accusation qu’Israël a catégoriquement démenti à maintes reprises.

Cependant, Abdallah a déclaré que son pays continuerait son devoir « historique et religieux » au mont du Temple, appelée Haram al Sharif par les musulmans, en le défendant contre ce qu’il a appelé les « incursions répétées » d’extrémistes juifs, et en s’opposant aux tentatives de « diviser la mosquée Al Aqsa dans le temps ou dans l’espace. »

Les visites de juifs religieux de droite, dont certains demandent une modification du statu quo au lieu saint pour y autoriser la prière juive, sont vues comme des « incursions » sur le mont par les Palestiniens, et ont entraîné des violences et des affrontements fréquents.

Les forces de sécurité israéliennes montent la garde alors qu'un groupe d'hommes juifs achève sa visite du mont du Temple à Jérusalem, à Tisha BeAv, le 14 août 2016. (Crédit : AFP/Ahmad Gharabli)
Les forces de sécurité israéliennes montent la garde alors qu’un groupe d’hommes juifs achève sa visite du mont du Temple à Jérusalem, à Tisha BeAv, le 14 août 2016. (Crédit : AFP/Ahmad Gharabli)

Le monarque a déclaré que son pays utiliserait tous les moyens légaux et politiques pour faire pression sur Israël a sujet de Jérusalem, notamment par des résolutions des Nations unies.

Il a également été demandé au dirigeant jordanien si l’opportunité d’une solution à deux états était passée, particulièrement alors que les « conditions orageuses » dans la région ont détourné l’attention du conflit en Terre Sainte.

Bien qu’il n’ait pas indiqué qu’il pensait qu’une solution à deux états soit morte, Abdallah a déclaré que le sujet palestinien était la première priorité de son pays, et la résolution du conflit un sujet d’ « intérêt national suprême ».

L’échec à résoudre le conflit par une solution à deux états « alimente la violence et l’extrémisme dans la région », a déclaré le roi.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...