Israël en guerre - Jour 145

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Roquettes sur le centre d’Israël ; la moitié des terroristes du Hamas tués ou blessés

Les 11 tirs de roquettes, première attaque en un mois, montrent que l'arsenal du groupe terroriste n'est pas encore totalement épuisé après près de quatre mois de combats

Traînées de roquettes tirées sur Israël depuis la bande de Gaza, vues depuis le sud d'Israël, le 29 janvier 2024. (Crédit : Leo Correa/AP)
Traînées de roquettes tirées sur Israël depuis la bande de Gaza, vues depuis le sud d'Israël, le 29 janvier 2024. (Crédit : Leo Correa/AP)

Le Hamas a lancé un barrage de roquettes sur le centre d’Israël lundi, pour la première fois depuis plus d’un mois, endommageant plusieurs voitures mais ne faisant aucun blessé.

Sept des 11 roquettes ont été abattues par le système de défense antimissile du Dôme de fer, les autres ont atterri dans des zones ouvertes. Les sirènes ont retenti à Tel Aviv et que dans les villes environnantes, dont Rishon Lezion, Holon et Bat Yam.

Il s’agit de la première attaque à la roquette de ce type depuis le début du mois de décembre, ce qui prouve que l’arsenal du Hamas n’est pas complètement épuisé, après près de quatre mois de combats.

Le groupe terroriste a revendiqué ce tir de barrage, affirmant qu’il venait venger les morts à Gaza. La presse israélienne a indiqué que les roquettes avaient été tirées depuis la région de Khan Younès. Tsahal mène des opérations dans une grande partie du sud de la ville de Gaza.

Dans le même temps, Reuters a rapporté qu’Israël avait lancé un nouvel assaut sur la principale ville du nord de Gaza, quelques semaines après s’en être retiré.

Des habitants ont déclaré à Reuters que les frappes aériennes sur les quartiers de la ville de Gaza avaient tué et blessé de nombreuses personnes. Tandis que des chars bombardaient les quartiers est de la ville, des bateaux de guerre tiraient des obus et des coups de feu sur les quartiers du front de mer à l’ouest, ont-ils déclaré.

Israël avait indiqué à la fin de l’année dernière que ses opérations dans le nord de la bande de Gaza avaient été en grande partie menées à bien. Le retour dans la ville de Gaza, où les habitants ont fait état de violents échanges de tirs près de l’hôpital principal Al-Shifa, indique que la guerre ne se déroule pas comme prévu, toujours selon Reuters.

Parmi les personnes tuées figurent deux journalistes palestiniens, Essam El-lulu et Hussein Attalah, ainsi que plusieurs membres de leurs familles, ont déclaré à Reuters des responsables de la Santé palestiniens et le syndicat des journalistes.

Tsahal a également poursuivi ses opérations à Khan Younès, les troupes de la 98e division ont fait une descente dans les bureaux d’un certain nombre de hauts responsables du Hamas à Khan Younès, y compris du chef du groupe terroriste palestinien, Yahya Sinwar, a déclaré l’armée.

L’armée a indiqué que les troupes ont « perquisitionné des centaines d’infrastructures terroristes », notamment un bâtiment des services de renseignement, une importante usine de production de roquettes.

Le général de brigade israélien Dan Goldfus, à gauche, se tient près d’un tunnel du Hamas sous un cimetière pendant l’offensive terrestre sur la bande de Gaza à Khan Younès, le 27 janvier 2024. (Crédit : Sam McNeil/AP)

La 98e division a également découvert un tunnel souterrain du Hamas sous un cimetière au cœur de Khan Younès, a indiqué l’armée.

L’armée israélienne indique que les soldats ont découvert des explosifs dans le tunnel et ont également tué les terroristes qui s’y trouvaient qui dit avoir également découvert dans le tunnel un bureau utilisé par le commandant du bataillon de Khan Younès de l’unité dite « Nukhba » (« élite » en arabe) du Hamas pour diriger ses activités le 7 octobre.

L’unité Yahalom a ensuite détruit le tunnel, qui était composé de plusieurs pièces, de portes coulissantes, et était relié à l’eau courante.

Des responsables militaires ont été cités dans la presse israélienne, affirmant qu’ils évaluent que les chefs du Hamas sont « perpétuellement en mouvement » dans les réseaux de tunnels du sud de Gaza, « apparemment entourés d’otages ».

Le porte-parole de l’armée israélienne, le contre-amiral Daniel Hagari, a déclaré lundi soir que 2 000 combattants du Hamas ont été tués au cours des opérations de Tsahal à Khan Younès, et que deux des quatre bataillons du Hamas, à l’est de la ville, ne sont plus opérationnels. Les troupes sont actuellement engagés dans des combats contre deux autres bataillons, à l’ouest de Khan Younès.

Il a ajouté que les troupes de Tsahal opérant à l’intérieur des tunnels ont « capturé des terroristes qui ont participé au massacre du 7 octobre ».

Gallant : La moitié des terroristes du Hamas morts ou blessés

En visite auprès de réservistes de Tsahal lundi, le ministre de la Défense Yoav Gallant a affirmé qu’au moins la moitié des terroristes du Hamas à Gaza avaient été tués ou blessés.

« Nous sommes engagés dans une longue guerre, mais nous finirons par vaincre le Hamas », a déclaré Gallant. « Il reste des terroristes et nous nous battons contre des poches de résistance… Cela prendra des mois, pas un jour. »

« D’autre part, ils n’ont pas de ravitaillement, ils n’ont pas de munitions et ils n’ont pas de renforts », a-t-il poursuivi.  Il leur est difficile de prendre soin d’eux-mêmes, de leurs blessés et d’autres choses. Nous avons déjà tué au moins un quart des terroristes du Hamas, et le même nombre est blessé. »

Le ministre de la Défense Yoav Gallant s’adresse aux réservistes de Tsahal près de la frontière de Gaza le 29 janvier 2024. (Crédit : Ariel Hermoni/Ministère de la Défense)

Le ministère de la Santé à Gaza, contrôlé par le Hamas a annoncé lundi un bilan de 26 637 personnes tuées dans la bande de Gaza depuis le début de la guerre en cours. Durant les dernières 24 heures, 215 personnes ont été tuées, indique le Hamas, qui fait également état de 65 387 personnes blessées depuis le début du conflit, le 7 octobre.

Le bilan ne peut être vérifié de manière indépendante et inclurait à la fois des civils et des membres du Hamas tués à Gaza, y compris les Palestiniens tués par les roquettes tirées par les factions terroristes qui retombent dans la bande. Tsahal affirme avoir tué plus de 10 000 terroristes du Hamas à Gaza, en plus des quelque 1 000 terroristes qui se trouvaient à l’intérieur d’Israël le 7 octobre.

Des troupes de l’armée israélienne de la 98e division faisant une descente dans les bureaux du Hamas, à Khan Younès, sur une photo autorisée à la publication le 29 janvier 2024. (Crédit : Armée israélienne)

Controverse sur les tirs ouverts

Le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, a envoyé une lettre au Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui met en péril la stabilité de la coalition au sujet des règles de tirs ouverts imposées aux soldats de Tsahal dans la bande de Gaza, qui, selon lui, auraient été modifiées. Tsahal a nié toute modification.

Dans sa lettre, Ben Gvir écrit qu’il a été rapporté que les soldats de Tsahal stationnés le long de la frontière avec Gaza « ont reçu l’ordre de ne pas tirer » sur les habitants de Gaza qui s’approchent de la barrière frontalière. Il a fait remarquer que le secrétaire militaire du cabinet avait démenti cette information, « mais depuis lors, de plus en plus de témoignages de soldats confirment ce rapport ».

Il a ajouté que « si les règles de tir ouvert ne sont pas modifiées, cela aura un effet sur la coalition ».

Peu après la publication de sa lettre, Tsahal a publié un communiqué niant tout changement dans les règles de tirs ouverts, affirmant que « les troupes de Tsahal agissent conformément aux règles de ne permettre à personne de s’approcher de la clôture frontalière. » Les règles en question permettent aux troupes d’opérer tout en évitant les tirs amis ou les dommages aux citoyens israéliens, y compris aux otages qui pourraient s’approcher de la zone, a déclaré Tsahal.

Manifestations à Kerem Shalom

Par ailleurs, lundi, quatre personnes auraient été arrêtées lors d’une manifestation au point de passage de Kerem Shalom qui visait à empêcher l’aide d’entrer dans la bande de Gaza.

Tsahal a décrété dimanche que cette zone était une zone militaire fermée au terme de plusieurs jours de manifestations, auxquelles ont participé de nombreux membres de familles d’otages détenus dans la bande de Gaza.

Alors que des cordons de gardes-frontières empêchaient les manifestants d’accéder à la route où les camions chargés de matériel humanitaire faisaient la queue pour entrer, des dizaines de personnes se sont rassemblées à proximité, agitant des drapeaux et brandissant des pancartes demandant au Hamas de libérer les 136 Israéliens qu’il retient.

Des manifestants israéliens, dont des parents d’otages détenus à Gaza depuis l’attaque du 7 octobre par le Hamas, lors d’une manifestation visant à bloquer l’entrée des camions d’aide dans le territoire palestinien, du côté israélien du poste frontière de Kerem Shalom avec le sud de la bande de Gaza, le 29 janvier 2024. (Crédit : Menahem Kahana / AFP)

Selon la presse israélienne, contrairement à ce qui s’est passé ces derniers jours, lorsque les manifestants ont bloqué les camions, l’aide a néanmoins pu être été traitée à Kerem Shalom et envoyée vers Gaza lundi.

Retour des résidents

Le cabinet de Netanyahu a annoncé que des « progrès significatifs » avaient été réalisés en vue du retour chez eux des habitants déplacés du sud d’Israël.

Dans un communiqué, le bureau de Netanyahu a indiqué que ce dernier avait tenu une réunion lundi avec divers responsables et que « les derniers ajustements sont en train d’être apportés afin de faire progresser la question ».

Les décisions seront bientôt soumises au cabinet pour discussion, a précisé le communiqué.

Les États-Unis s’opposent à la zone tampon israélienne à Gaza

Un responsable américain déclare au Times of Israel que des responsables israéliens ont indiqué à leurs homologues américains ces derniers jours que la zone tampon que Tsahal établit progressivement du côté de Gaza de la frontière avec Israël n’est censée être que temporaire et sera supprimée une fois que le groupe terroriste palestinien du Hamas sera complètement évincé du pouvoir.

Au cours des dernières semaines, l’armée israélienne a rasé des maisons palestiniennes le long de la frontière afin d’établir la zone tampon, suscitant l’inquiétude de Washington, qui a insisté pour qu’il n’y ait pas de réduction du territoire de la bande de Gaza après la guerre.

Le fonctionnaire américain affirme que l’administration Biden n’est pas favorable à la création d’une zone tampon, même temporaire, et qu’elle a fait part de cette position à Jérusalem.

Washington estime qu’une fois établie, Israël n’acceptera pas réellement de se retirer de la zone tampon, ajoute le fonctionnaire américain.

Bâtiments rasés dans le quartier Shejaiya de la ville de Gaza, dans le cadre des efforts de l’armée pour établir une zone tampon à la frontière avec la bande de Gaza, comme on peut le voir sur une image fournie par Tsahal le 10 janvier 2024. La frontière entre Israël et la bande de Gaza traverse le bas de l’image. (Crédit : Armée israélienne)

Le Wall Street Journal a rapporté dimanche qu’après 114 jours de combat, 80 % des réseaux souterrains creusés sous le sol de Gaza par le Hamas pourraient être encore intacts.

Le quotidien a cité des responsables israéliens et américains et il a fait remarquer qu’il était difficile d’estimer combien de ces labyrinthes ont été détruits jusqu’à présent par les soldats, mais qu’il estime que 20 à 40 % du réseau a été endommagé ou rendu inutilisable.

Depuis le lancement de l’offensive terrestre israélienne qui a été déclenchée par le massacre du 7 octobre – des terroristes placés sous l’autorité du Hamas avaient tué 1200 personnes et pris 253 personnes en otage dans le sud d’Israël – les forces israéliennes ont œuvré à détruire les tunnels au fur et à mesure qu’ils découvraient l’ampleur du réseau souterrain construit par le groupe terroriste à la tête de Gaza.

De la fumée s’élève au-dessus de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, lors de frappes aériennes israéliennes, le 29 janvier 2024. (Crédit : AFP)

Certains d’entre eux ont été bombardés ; d’autres ont été inondés mais ces destructions restent lentes dans la mesure où les passages souterrains doivent être cartographiés et inspectés avec soin pour y découvrir d’éventuels pièges – voire la présence éventuelle d’otages – avant d’être démolis.

Un haut responsable militaire israélien a déclaré au WSJ que Tsahal se concentrait sur l’élimination des « nœuds » à l’intérieur des tunnels où se cachent les agents du Hamas, au lieu de démolir des réseaux entiers.

Le leader du Hamas Yahya Sinwar et d’autres commandants terroristes se cacheraient sous le sol. Le Journal a repris des propos tenus par des officiels israéliens qui ont déclaré que le chef terroriste, au sein de l’enclave côtière, se trouvait dans un centre de commandement aménagé dans un tunnel, sous Khan Younès, avec des otages.

Il a été signalé, au début du mois, que de hauts-responsables israéliens de la Défense avaient évalué que le réseau souterrain, à Gaza, ferait entre 530 et plus de 720 kilomètres de long – un chiffre largement supérieur aux précédentes estimations.

Jacob Magid a contribué à cet article.

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