Rouhani veut « libérer » l’économie iraninenne des sanctions
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Rouhani veut « libérer » l’économie iraninenne des sanctions

Reprise des négociations mardi à Vienne selon l'Iran ; l'inspection des sites est comparé à de l'espionnage selon un général iranien

Des inspecteurs de l'AIEA et des techniciens iraniens à la centrale nucléaire de Natanz, le 20 janvier 2014 
(Crédit : Irna/AFP/Archives Kazem Ghane)
Des inspecteurs de l'AIEA et des techniciens iraniens à la centrale nucléaire de Natanz, le 20 janvier 2014 (Crédit : Irna/AFP/Archives Kazem Ghane)

Le président iranien Hassan Rouhani a appelé dimanche ses compatriotes à « libérer » l’économie des sanctions internationales frappant le pays, qu’il a comparées à une forme d’occupation.

« Nous devons joindre nos mains et libérer notre territoire économique qui a été occupé injustement par les pays du groupe 5+1 (Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie, Chine et Allemagne) et le Conseil de sécurité de l’ONU », a déclaré M. Rouhani lors d’un discours diffusé en direct par la télévision d’Etat.

Le Conseil de sécurité a adopté entre 2006 et 2010 six résolutions, dont quatre assorties de sanctions, contre les programmes nucléaire et balistique de l’Iran. Soupçonné de vouloir se doter de la bombe atomique sous couvert de programme nucléaire civil, Téhéran dément ces accusations.

Depuis 2012, les Etats-Unis et l’Union européenne appliquent également une série de sanctions unilatérales qui visent plus particulièrement les secteurs énergétique et bancaire du pays. Les exportations pétrolières iraniennes ont chuté de plus de la moitié, passant de plus 2,2 millions de barils par jour à environ 1,3 mbj, et l’Iran est écarté du réseau mondial de transactions bancaires SWIFT.

« Les ennemis nous empêchent de vendre notre pétrole », a affirmé M. Rouhani, qui s’exprimait à l’occasion du 33e anniversaire de la libération de la ville iranienne de Khorramshahr, une victoire symbolique de la guerre Iran-Irak (1980-88).

Les sanctions sont synonymes d’occupation du « secteur pétrolier » mais aussi « des banques et des relations bancaires » du pays avec le monde extérieur. « Nous ne pouvons pas envoyer ou recevoir de l’argent. C’est comme si on empêchait le sang de circuler dans (nos) veines », a-t-il dit.

L’Iran et le groupe 5+1 tentent depuis plus de 20 mois de négocier un accord qui garantirait le caractère uniquement pacifique du programme nucléaire de Téhéran et lèverait en contrepartie les sanctions internationales. Ils ont conclu le 2 avril un accord-cadre ouvrant la voie à un accord final d’ici au 30 juin.

Une séance de discussions entre les experts politiques et techniques des deux parties pour rédiger le texte s’est terminée vendredi à Vienne.

Reprise des négociations Iran/5+1 mardi à Vienne selon Téhéran

Les négociations entre l’Iran et les grandes puissances du groupe 5+1 visant à rédiger le texte d’un accord final sur le nucléaire iranien reprendront mardi prochain à Vienne, a déclaré vendredi Abbas Araghchi, l’un des principaux négociateurs iraniens.

M. Araghchi, qui mène la délégation iranienne, s’exprimait à l’issue d’une séance de discussions de trois jours, au cours de laquelle « le travail sur le texte de l’accord final et de ses annexes s’est poursuivi aux niveaux des directeurs politiques et des experts », selon l’agence iranienne Mehr.

« Les discussions vont reprendre mardi prochain à Vienne », a-t-il ajouté.

La réunion de Vienne qui s’est achevée vendredi était la quatrième séance de négociations depuis la conclusion d’un accord-cadre entre l’Iran et le groupe 5+1 (Etats-Unis, Chine, France, Royaume-Uni, Russie et Allemagne) le 2 avril, qui a ouvert la voie à un accord final pour résoudre le dossier du nucléaire d’ici au 30 juin.

« En raison de l’étendue et de la complexité des sujets, les progrès dans la rédaction du texte sont très lents », a précisé M. Araghchi.

Les mécanismes de vérification du respect par Téhéran de cet accord et le rythme de la levée des sanctions internationales imposées à l’Iran depuis 2006 figurent parmi les points d’achoppement des discussions.

Les visites des sites militaires sont de l’espionnage, selon un général iranien

Les demandes occidentales d’accéder aux sites militaires iraniens dans le cadre d’un accord nucléaire s’apparentent à de l’espionnage, a jugé vendredi un haut responsable militaire iranien, répétant le refus de Téhéran d’accepter ces exigences.

La question des inspections est un des points délicats des négociations en cours avec les grandes puissances, surtout en ce qui concerne les sites militaires. L’Iran est soupçonné de chercher à développer l’arme atomique sous couvert de programme civil, ce que Téhéran dément.

« Nous ne permettrons aucune visite, sous aucun prétexte, des sites militaires ou de défense, ou leurs environs. Nous considérons la demande des Occidentaux comme une demande officielle d’espionnage », a déclaré le général Amir Ali Hadjizadeh, le chef de la force aérospatiale des Gardiens de la révolution, l’armée d’élite du régime.

Le général s’exprimait devant les attachés militaires étrangers basés à Téhéran, selon le site officiel des Gardiens de la révolution sepahnews.com.

Interrogé par le site officiel du Parlement, le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif, a également refusé toute inspection de ces sites, les qualifiant de « demandes excessives ».

La veille, le président Hassan Rohani a souligné que l’Iran « ne signerait aucun accord qui permettrait aux étrangers d’accéder aux secrets militaires ou technologiques » du pays.

Le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, avait déjà affirmé mercredi que l’inspection de sites militaires et les entretiens avec des scientifiques iraniens par des experts étrangers étaient exclus d’un accord nucléaire, âprement négocié depuis près de deux ans.

L’Iran et le groupe 5+1 (Etats-Unis, Chine, France, Royaume-Uni, Russie et Allemagne) ont conclu le 2 avril un accord-cadre ouvrant la voie à un accord final pour résoudre le dossier du nucléaire iranien d’ici au 30 juin.

Les experts politiques et techniques des deux parties ont eu de nouvelles discussions depuis mercredi à Vienne.

Dans l’accord-cadre, l’Iran a accepté la mise en place d’un régime d’inspections renforcées de ses sites nucléaires par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), notamment sous le régime du protocole additionnel au Traité de non-prolifération, qui permet des inspections inopinées.

Mais selon Téhéran, le protocole additionnel permet « certains accès » à des sites militaires et non des inspections, afin de protéger « les secrets militaires ou économiques » du pays signataire.

L’Iran refuse notamment depuis 2011 l’accès à sa base militaire de Parchin, près de Téhéran, soupçonnée par l’AIEA d’avoir abrité des essais tests susceptibles d’être appliqués au nucléaire.

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