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Analyse

Royaume-Uni : Les 10 scrutins à suivre pour les partisans d’Israël lors des élections générales

Jeunes candidats juifs de haut vol, militants pro-palestiniens et un ex-dirigeant travailliste évincé de son parti se disputeront les voix le 4 juillet

Le Premier ministre britannique et chef du Parti conservateur, Rishi Sunak, et son épouse Akshata Murty lancent le manifeste des conservateurs pour les élections générales à Silverstone, en Angleterre, le 11 juin 2024. (Crédit : Benjamin Cremel, POOL via AP)
Le Premier ministre britannique et chef du Parti conservateur, Rishi Sunak, et son épouse Akshata Murty lancent le manifeste des conservateurs pour les élections générales à Silverstone, en Angleterre, le 11 juin 2024. (Crédit : Benjamin Cremel, POOL via AP)

LONDRES – Pour le Parti conservateur au pouvoir en Grande-Bretagne, les choses pourraient difficilement être plus sombres.

À trois semaines des élections générales du 4 juillet, les sondages de la BBC donnent 20 points d’avance au Parti travailliste, aujourd’hui dans l’opposition.

Selon la première projection de l’institut de sondage YouGov, le chef du Parti travailliste Keir Starmer remporterait une majorité parlementaire de près de 200 voix – un raz-de-marée supérieur à celui de Tony Blair en 1997 ou de Margaret Thatcher en 1983 – ne laissant aux Conservateurs qu’une poignée de sièges, leur plus faible représentation à la Chambre des communes depuis 1906.

Face à ce tsunami électoral annoncé, les jeunes candidats travaillistes espèrent remporter des sièges avec un important vote juif, les Conservateurs juifs de haut rang devraient être balayés par la vague travailliste rouge et, avec le conflit qui fait rage au Moyen-Orient, candidats anti-sionistes et pro-Israël de tous bords se disputent les suffrages de la communauté.

Alors, quels sont les scrutins que les observateurs juifs et partisans d’Israël doivent surveiller alors que la campagne entre dans sa dernière ligne droite ?

« Purge de la gauche »

La décision du Premier ministre Rishi Sunak de convoquer des élections anticipées – on les attendait cet automne – a permis à la direction du Parti travailliste de débarquer certains de ses critiques d’extrême gauche.

À Chingford et Woodford Green, circonscription du nord-est de Londres actuellement aux mains de l’ex-dirigeant conservateur Iain Duncan Smith, le Parti travailliste est revenu sur son choix initial – Faiza Shaheen – suite à ses likes sur les réseaux sociaux minimisant la portée de la menace antisémite. En réponse, Shaheen – connu sous le nom de « Chingford Corbynite » – a déclaré que le Parti travailliste s’en prenait aux « socialistes [et] anti-impérialistes désireux de s’exprimer sur la Palestine ». Elle a quitté le Parti travailliste et se présente sans étiquette.

Ce siège, très marginal, devrait revenir aux Travaillistes. La question est bien plutôt : la candidature de Shaheen risque-t-elle de diviser le vote de l’opposition et permettra-t-elle aux Conservateurs de s’accrocher ?

Jeremy Corbyn et Faiza Shaheen lors d’un rassemblement à Chingford, dans l’est de Londres, le 28 septembre 2019. (Photo : Tolga AKMEN / AFP)

Le Jour de l’indépendance

Shaheen n’est pas la seule critique virulente d’Israël à se présenter sans étiquette. Abandonné par le parti qu’il a mené à une défaite historique il y a de cela moins de cinq ans, Jeremy Corbyn espère bien conserver son siège d’Islington, dans le nord de Londres. Sa décision est saluée par la gauche dure, qui lui demande de « mettre la Palestine sous les feux de l’actualité ».

Lors du lancement de sa campagne, ont noté les commentateurs, Corbyn a donné comme priorités « la Palestine, la pauvreté et le racisme ». Malgré le scandale lié à l’antisémitisme qui a secoué sa direction – et a conduit à son éviction du parti parlementaire – l’ex-chef du Parti travailliste dispose toujours d’une solide base.

Mais difficile de dire exactement dans quelle mesure les 26 000 voix d’avance obtenues en 2019 sont liées à son populisme d’extrême gauche ou à la loyauté des électeurs envers le Parti travailliste dans une circonscription que le parti a remporté à plusieurs reprises depuis les années 1930. La réponse ne viendra sans doute qu’à la fermeture des bureaux de vote, le 4 juillet prochain.

Dans les régions à forte population musulmane – comme Birmingham, la deuxième plus grande ville de Grande-Bretagne – le soutien de Starmer à Israël depuis le 7 octobre donne des maux de tête électoraux à son parti. L’indépendant Akhmed Yakoob, qui a pris la troisième place dans la course à la mairie régionale des West Midlands en mai dernier, se présente à Birmingham Ladywood – l’un des sièges les plus sûrs du Parti travailliste où plus de quatre électeurs sur dix sont musulmans.

Son message – « Pour Gaza », comme le répètent tous ses tracts – attire l’attention et donne du fil à retordre à Shabana Mahmoud du Parti travailliste, membre du cabinet fantôme de Starmer.

Même si le Parti travailliste glisse vers la victoire au niveau national, il pourrait donc être confronté à des luttes locales pour le moins inconfortables.

Un autre ministre du cabinet fantôme ciblé par des militants pro-palestiniens indépendants est l’étoile montante Wes Streeting, dans la circonscription d’Ilford North, dans l’est de Londres, bastion à la fois musulman et juif. La campagne aurait été émaillée de luttes intestines et Streeting, populaire député local, pourrait bien relever le défi.

Manifestants pro-palestiniens et anti-Israël tiennent des banderoles et des pancartes avant une marche de soutien à Gaza, à Londres, le 27 avril 2024. (Crédit : AP/Thomas Krych)

« Gaza George Galloway »

Les craintes du Parti travailliste concernant les retombées politiques intérieures de la guerre à Gaza se sont renforcées en février lorsque l’ex-député travailliste violemment anti-Israël, George Galloway, a remporté la circonscription de Rochdale, dans le nord-ouest de l’Angleterre, lors d’un scrutin spécial.

Galloway, évincé du Parti travailliste sous Blair et aujourd’hui chef du Parti des travailleurs de Grande-Bretagne, espère que le fort vote musulman de Rochdale – 27 % des électeurs du district sont musulmans – va lui permettre de remporter une nouvelle fois le scrutin.

Comme il l’a fait en février, Galloway souhaite faire de cette élection un référendum sur la position du Parti travailliste par rapport à la guerre. Les documents de campagne parlent de « Gaza George Galloway » et il a récemment décrit Gaza comme « le centre moral du monde en ce moment ». Toutefois, Galloway aura fort à faire cette fois-ci : en février dernier, le Parti travailliste avait été contraint de désavouer son candidat après ses remarques antisémites suite aux attaques du 7 octobre. Le parti, qui a investi un nouveau candidat – l’éminent journaliste Paul Waugh – espère renvoyer Galloway ad patres.

George Galloway (au centre) organise un rassemblement à son siège de Rochdale après avoir été déclaré vainqueur de l’élection partielle de Rochdale, organisée à la mort du député travailliste Tony Lloyd, à Rochdale, en Angleterre, le 29 février 2024. (Crédit : Peter Byrne/PA via AP)

‘La ceinture de bagels’

La route de Starmer vers Downing Street passera presque certainement par la « ceinture de bagels » du nord de Londres, avec Finchley et Golders Green, là où presqu’un électeur sur cinq – soit la plus forte concentration du pays – est Juif, sans oublier les villes voisines de Hendon et Chipping Barnet. Ces trois sièges sont marginaux et détenus par les Conservateurs.

Fief de Margaret Thatcher, Finchley a été capturé par le Parti travailliste en 1997 avant de revenir aux Conservateurs lorsque le pays a basculé à droite en 2010. Le scandale de l’antisémitisme travailliste a porté la majorité conservatrice en 2019 à plus de 6 500 voix et a vu le parti de Corbyn poussé à la troisième place par les libéraux-démocrates centristes (représentés par Luciana Berger, députée travailliste juive qui a quitté – et depuis rejoint – le parti). Mais le populaire député conservateur en exercice, Mike Freer, s’est retiré et Sarah Sackman, du Parti travailliste, avocate redoutablement intelligente et figure de proue du mouvement travailliste juif, pourrait facilement l’emporter.

La députée indépendante Luciana Berger quitte les studios de Milbank près du Parlement à Londres, le 21 février 2019. (Crédit : Tolga Akmen/AFP)

Un autre candidat juif très accompli, David Pinto-Duschinsky, devrait arracher Hendon à Matthew Offord – Conservateur – et l’apporter dans l’escarcelle du Parti travailliste. Son histoire politique reflète celle de Finchley : représenté par le très pro-israélien Andrew Dismore sous les gouvernements Blair-Brown, le Parti travailliste a perdu le siège en 2010. Pinto-Duschinsky, conseiller dans le dernier gouvernement travailliste, est le fils de Michael Pinto-Duschinsky, rescapé de la Shoah doublé d’un éminent universitaire.

La ville voisine de Chipping Barnet n’a jamais élu de député travailliste en 50 ans – c’est-à-dire depuis que la circonscription existe – même si le glissement de terrain de Blair a bien failli le faire basculer – mais la députée conservatrice sortante, l’ex-ministre Theresa Villiers, défend une majorité d’un tout petit millier de voix. Comme Offord, Villiers est une fidèle de l’État juif. Le Travailliste Dan Tomlinson, ancien économiste au Trésor, n’est pas Juif mais s’est rendu en Israël – notamment au kibboutz Kfar Aza, quelques semaines seulement avant les atrocités du Hamas du 7 octobre – et s’est prononcé fermement contre la montée de l’antisémitisme.

Tueur de géants ?

Fief de l’une des plus importantes populations juives en dehors de Londres, Hertsmere est représentée par le vice-premier ministre Oliver Dowden. La majorité conservatrice de plus de 21 000 voix devrait assurer la pérennité du siège. Mais selon YouGov, le Parti travailliste les talonnerait à six points d’écart. Le parti a choisi Josh Tapper, star juive de la populaire émission de télé-réalité Googlebox. Après avoir fui les persécutions en Europe de l’Est, l’arrière-arrière-grand-père de Tapper a ouvert le restaurant casher Bloom dans l’East End, transmis depuis de génération en génération.

« Je suis issu de cette communauté – j’y ai appris à travailler dur, défendre les autres, donner quand je le peux et me battre pour mes convictions », a déclaré Tapper à propos de son ascendance juive. Dans une interview au Jewish Chronicle, il a dit « travailler dur chaque jour » pour redonner confiance dans le Parti travailliste, une confiance brisée par les années Corbyn. Mais, dit-il, grâce aux efforts de Starmer pour changer le Parti travailliste, « les gens sont prêts à voir ce qu’il en est ».

Des membres du cabinet fantôme écoutent le chef du Parti travailliste britannique, Keir Starmer, s’exprimer sur scène lors du lancement du manifeste du Parti travailliste pour les élections générales de 2024 à Manchester, en Angleterre, le 13 juin 2024. L’élection aura lieu le 4 juillet. (Crédit : AP/Jon Super)

La crème de la crème

Le Parti travailliste tentera également de renverser le membre juif le plus haut placé du gouvernement, le Secrétaire à la Défense, Grant Shapps, qui occupe son siège de Welwyn Hatfield depuis 2005 et dispose d’une majorité de près de 11 000 voix.

Selon YouGov, le Parti travailliste devrait facilement remporter ce siège. Si Shapps tombe et que le Parti travailliste gagne au niveau national, le nouveau membre juif le plus haut placé du gouvernement sera probablement Ed Miliband. Ministre du dernier gouvernement travailliste en date, Miliband est le secrétaire au changement climatique de Starmer. Membre de la « gauche molle » du parti, Miliband a dirigé le Parti travailliste jusqu’à sa lourde défaite aux élections de 2015. Il s’est avéré tiède dans son soutien à Israël pendant la guerre de Gaza de 2014 et, selon les critiques, a jeté les bases de l’élection de Corbyn à la tête du parti en 2015.

Le siège de Miliband à Doncaster North fait partie du « mur rouge », nom donné à ces circonscriptions autrefois résolument travaillistes, dans les Midlands et le nord de l’Angleterre, qui ont commencé à passer aux Conservateurs après le référendum sur le Brexit de 2016. Même si sa majorité a fortement chuté en 2019, l’ex-dirigeant travailliste est candidat à sa réélection.

Le Secrétaire d’État britannique à la Défense Grant Shapps quitte une réunion du cabinet à Downing Street à Londres, le 14 mai 2024. (Crédit : AP Photo/Kirsty Wigglesworth)

Nouveaux visages

Makerfield, dans le Grand Manchester, était autrefois l’un des sièges travaillistes les plus sûrs du pays. Le parti s’y est maintenu de justesse en 2019 mais, avec l’effondrement du soutien conservateur, on peut s’attendre à ce que Josh Simons, l’un des nouveaux visages juifs travaillistes, conserve facilement le siège. Titulaire d’un doctorat de Harvard, Simons est une personnalité de très haut vol qui a dirigé le think tank pro-Starmer Labour Together. Proche du leader travailliste, il est susceptible de connaitre une ascension rapide au sein du futur gouvernement.

Il en va de même pour Georgia Gould, fille de Phillip Gould – stratège et fidèle de Blair – et de Gail Rebuck, membre travailliste de la Chambre des Lords et cadre supérieur dans l’édition. Gould a été investie par le parti pour défendre Queen’s Park et Maida Vale, siège récemment créé dans l’ouest de Londres et qu’elle devrait facilement remporter. Toute jeune dirigeante juive du conseil municipal de Camden à Londres, elle a dit sa fierté de « l’énorme contribution du judaïsme aux mouvements de justice sociale ».

Un autre ex-responsable londonienne à se présenter sous les couleurs du Parti travailliste est Damien Egan. Converti au judaïsme en 2018 deux ans après avoir rencontré son mari israélien Yossi Felberbaum, il a remporté une victoire électorale spéciale en février. Il défendra sa circonscription de Bristol North East et les sondages lui donnent une victoire confortable.

Le candidat travailliste Damien Egan prononce un discours après avoir été déclaré député de Kingswood, après avoir été déclaré vainqueur de l’élection partielle de Kingswood, au centre de loisirs de Thornbury, dans le Gloucestershire, le 16 février 2024. (Crédit : Ben Birchall//PA via AP)

Une marée verte ?

Le Parti travailliste pourrait passer une soirée moins agréable à Bristol Central, autre circonscription de la plus grande ville du sud-ouest de l’Angleterre, où le Parti vert espère remporter son deuxième siège à la Chambre des communes. Les Verts de gauche ont remporté un nombre record de sièges lors des élections locales de mai, les critiques féroces du parti à l’égard d’Israël ayant trouvé un écho dans certains des bastions libéraux et musulmans urbains. Mais un afflux de Corbynistes d’extrême gauche déçus par le centrisme de Starmer et son soutien à Israël a donné lieu à des gros titres très négatifs à propos de l’antisémitisme au sein du parti. Les Verts ont dit avoir pris des mesures et le chef adjoint juif du parti, Zack Polanski, a accusé ses opposants de coups montés.

Le Parti travailliste dispose de suffisamment d’avance dans les sondages pour pouvoir ignorer les défections vers les Verts cette fois-ci, mais la question pourrait se révéler très problématique pour Starmer lorsque son gouvernement connaitra des remous.

Il croit en Israël

Un atout – et ajout – notable dans les rangs pro-israéliens au Parlement pourrait être Luke Akehurst, que le Parti travailliste a choisi pour défendre le siège de North Durham, dans le nord-est de l’Angleterre (autre exemple de siège sûr sur lequel les Conservateurs ont fortement réduit la majorité autrefois imprenable du Parti travailliste en 2019, mais qui est aujourd’hui résolument dans la main de Starmer).

Akehurst est membre du comité exécutif national du parti et a joué un rôle de premier plan en aidant les modérés à reprendre le contrôle après la prise de pouvoir par la gauche dure sous la direction de Corbyn. Ses solides compétences organisationnelles n’ont pas seulement servi au Parti travailliste. Jusqu’à son investiture pour North Durham à la fin du mois dernier, Akehurst dirigeait We Believe In Israel, groupe de pression bien connu qui n’a cessé de se renforcer sous sa direction.

Luke Akehurst, directeur du groupe de défense We Believe in Israel. (Crédit : Autorisation)

Enterrer les conservateurs

Une autre voix fortement pro-israélienne, sur les bancs travaillistes, et susceptible d’être réélue au Parlement est Christian Wakeford.

Wakeford a arraché de justesse le siège de Bury South – siège du Grand Manchester avec une importante communauté juive – des mains des Travaillistes pour l’apporter aux Conservateurs en 2019. (Son prédécesseur, le ministre travailliste juif Ivan Lewis, a quitté le parti à cause de l’antisémitisme en 2018 et a ensuite invité les électeurs à soutenir Wakeford.)

Début 2022, sa colère face au non-respect des règles par l’ex-Premier ministre Boris Johnson pendant la pandémie l’a conduit à faire défection pour rejoindre le Parti travailliste – il est le premier député conservateur en exercice à l’avoir fait en 15 ans.

Wakeford a ensuite rejoint les Amis travaillistes d’Israël, est devenu vice-président du groupe et s’est rendu en Israël en 2023 avant de rejoindre une « délégation de solidarité » qui a rencontré le président Isaac Herzog en janvier dernier.

Quelle que soit la façon dont ces luttes individuelles se dénouent, les Travaillistes devraient rafler les sièges et les Conservateurs essuyer une cuisante défaite – sauf à renoncer avant l’épreuve. Et une chose est sûre : il y aura beaucoup de nouveaux visages sur les célèbres bancs verts de la Chambre des communes au lendemain du 4 juillet.

Des artistes exposent des cadenas décorés sur le pont des otages, à Londres, le 5 juin 2024. (Crédit : AP/Kirsty Wigglesworth)

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