Rupture des liens diplomatiques Maroc/Iran : Ryad appuie Rabat
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Rupture des liens diplomatiques Maroc/Iran : Ryad appuie Rabat

L'Arabie saoudite affirme qu'elle se tient aux côtés du Maroc "pour tout ce qui garantit sa sécurité et sa stabilité, y compris sa décision de rompre ses relations avec l'Iran"

Le Prince Mohammed ben Salmane Al Saud, prince héritier d'Arabie Saoudite, assiste à une réunion des Nations unies à New York, le 27 mars 2018 (Crédit : Bryan R. Smith / AFP)
Le Prince Mohammed ben Salmane Al Saud, prince héritier d'Arabie Saoudite, assiste à une réunion des Nations unies à New York, le 27 mars 2018 (Crédit : Bryan R. Smith / AFP)

L’Arabie saoudite a déclaré mercredi se tenir aux côtés du Maroc face à « tout ce qui menace sa sécurité, sa stabilité et son intégrité territoriale », au lendemain de la rupture par Rabat de ses relations diplomatiques avec l’Iran.

Le Maroc, qui entretient d’étroites relations avec Ryad, a justifié sa décision en accusant Téhéran d’avoir facilité, via son allié, le groupe terroriste chiite libanais, le Hezbollah, une livraison d’armes au Front Polisario, mouvement indépendantiste au Sahara occidental.

Un haut responsable du Front Polisario a dénoncé mercredi des « accusations infondées ».

Une source officielle au ministère saoudien des Affaires étrangères a abondé dans le sens de Rabat, selon une déclaration diffusée mercredi par le ministère de l’Information à Ryad.

« Le gouvernement saoudien condamne fermement l’ingérence iranienne dans les affaires intérieures du Maroc via son instrument, la milice terroriste du Hezbollah, qui entraîne les éléments du soi-disant groupe ‘Polisario’ en vue de déstabiliser la sécurité et la stabilité » du Maroc, indique la source.

Le royaume « affirme qu’il se tient aux côtés du royaume frère du Maroc pour tout ce qui garantit sa sécurité et sa stabilité, y compris sa décision de rompre ses relations avec l’Iran », conclut-elle.

Les Emirats arabes unis et Bahreïn ont également exprimé leur solidarité avec le Maroc, publiant des déclarations similaires.

Le Hezbollah libanais, qui a rejeté les accusations de Rabat, a imputé la décision marocaine à des « pressions américaines, israéliennes et saoudiennes », trois pays hostiles à l’Iran.

Un haut responsable du Front Polisario, Mhamed Khaddad,a dénoncé mercredi des « accusations infondées » auxquelles « le Maroc n’a apporté aucune preuve ».

« Le Polisario n’a jamais eu de relations militaires avec le Hezbollah et l’Iran. C’est un mensonge grotesque pour impliquer le Maghreb dans la crise du Moyen-Orient », a-t-il déclaré à l’AFP à Alger.

« Ce que cherche le Maroc, c’est à se dérober au processus de négociations auquel vient d’appeler le Conseil de sécurité de l’ONU », a-t-il ajouté.

Le Sahara occidental est revendiqué par le Maroc – qui en contrôle la majeure partie – et par le Front Polisario, qui réclame un référendum d’autodétermination. Rabat rejette toute solution autre qu’une autonomie sous sa souveraineté.

Un cessez-le-feu était intervenu en 1991 après des années de conflit armé.

Le Conseil de sécurité de l’ONU avait adopté vendredi une résolution appelant les deux parties à des négociations sans conditions préalables et prolongeant de six mois seulement le mandat de la Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (Minurso).

L’Arabie saoudite et l’Iran, les deux poids lourds du Moyen-Orient, sont à couteaux tirés depuis des années. Les deux pays soutiennent notamment des camps opposés en Syrie, au Yémen et au Liban.

Ryad ne cesse de dénoncer les « ingérences » iraniennes dans les affaires des pays arabes, et Téhéran la campagne militaire contre les rebelles au Yémen de la coalition arabe emmenée par l’Arabie saoudite.

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