Ryad demande à Téhéran de cesser ses attaques et menace de riposter – sources
L'Iran aurait exigé la fermeture des bases américaines dans la région et la cessation du partage de renseignements avec Washington

L’Arabie saoudite a fait savoir à l’Iran qu’elle était favorable à un règlement diplomatique du conflit entre l’Iran et les États-Unis, mais que la poursuite des attaques contre le royaume et son secteur énergétique pourrait la pousser à riposter, ont déclaré samedi à Reuters quatre sources proches du dossier.
Jeudi, le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhan, a eu un entretien avec son homologue iranien, Abbas Araghchi, et a clairement exposé la position de Ryad, ont indiqué ces sources.
L’Arabie saoudite est ouverte à toute forme de médiation visant à apaiser les tensions et à trouver un règlement négocié, ont rapporté ces sources, citant les propos du ministre, qui a souligné que ni Ryad ni les autres États du Golfe n’avaient autorisé les États-Unis à utiliser leur espace aérien ou leur territoire pour lancer des frappes contre l’Iran.
Cependant, le prince Faisal aurait également déclaré que si les attaques iraniennes contre le territoire saoudien ou les infrastructures énergétiques se poursuivaient, l’Arabie saoudite serait contrainte d’autoriser les forces américaines à utiliser ses bases pour mener des opérations militaires.
Il a affirmé que Ryad riposterait si les attaques contre les installations énergétiques critiques du royaume se poursuivaient.
Selon ces sources, le royaume serait resté en contact régulier avec Téhéran par l’intermédiaire de son ambassadeur depuis le début de la campagne militaire américaine et israélienne contre la République islamique d’Iran, le 28 février, à la suite de l’échec des négociations sur le programme nucléaire iranien.
Les ministères saoudien et iranien des Affaires étrangères n’ont pas répondu aux demandes de commentaires.
Malgré ces avertissements, l’agence de presse officielle saoudienne a rapporté dans la nuit que le royaume avait intercepté quatorze drones après leur entrée dans son espace aérien.
Au cours de la semaine dernière, les Émirats arabes unis, le Koweït, le Qatar, Bahreïn et l’Arabie saoudite ont tous été la cible de tirs intensifs de drones et de missiles en provenance d’Iran.
Le premier jour de la guerre, le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a été éliminé. Téhéran a riposté en frappant Israël et les États arabes du Golfe qui abritent des installations militaires américaines, tandis qu’Israël a attaqué le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah.
Samedi, dans une interview, Araghchi a déclaré qu’il restait en contact permanent avec son homologue saoudien et d’autres responsables saoudiens, ajoutant que Ryad avait assuré Téhéran qu’elle s’engageait pleinement à ne pas permettre que son territoire, ses eaux ou son espace aérien soient utilisés pour des attaques contre l’Iran.
Samedi, le président iranien, Massoud Pezeshkian, a présenté ses excuses aux États du Golfe voisins pour les actions de Téhéran. Il a également déclaré que le conseil de direction temporaire de l’Iran avait approuvé la suspension des attaques contre les pays voisins, à moins qu’une attaque contre l’Iran ne provienne de ces nations.
Toutefois, à peine quelques heures plus tard, le quartier général central iranien de Khatam al-Anbiya, le Commandement du Centre des forces armées iraniennes, a déclaré dans un communiqué que les bases et les intérêts américains et israéliens dans la région resteraient des cibles.
Deux sources iraniennes ont confirmé qu’un appel avait eu lieu au cours duquel Ryad avait averti Téhéran de cesser ses attaques contre l’Arabie saoudite et les États du Golfe voisins.
L’Iran a réitéré sa position selon laquelle les frappes ne visaient pas les pays du Golfe, mais les intérêts américains et les bases militaires situées sur leur territoire, ont-elles déclaré.
Selon une source iranienne, Téhéran aurait exigé en réponse la fermeture des bases américaines dans la région et que certains États du Golfe cessent de partager avec Washington des renseignements utilisés pour mener des attaques contre la République islamique d’Iran.
Une autre source iranienne a déclaré que certains commandants militaires faisaient pression pour poursuivre les frappes, accusant les États-Unis d’utiliser les bases et l’espace aérien des États du Golfe pour mener des opérations contre le régime iranien.
Ces dernières années, l’Iran avait renoué des relations avec ses voisins du Golfe, y compris avec son ancien rival régional, l’Arabie saoudite. Cette campagne diplomatique a été anéantie par les frappes de drones et de missiles lancées par le Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI), le bras armé du régime iranien, la semaine dernière.







